lecture connectée, publie.net en 2 chiffres

changer de monde, changer de règles : lire à volonté par l’abonnement


Si j’ai eu l’idée de publie.net fin 2007, c’est la rencontre avec l’immatériel-fr qui l’a fécondée, et l’apport d’un inventeur d’exception, Julien Boulnois – ce n’est pas d’informatique qu’on a besoin, c’est d’outils qui sachent se glisser sous nos pratiques de lecture et si possible, progressivement, rendre impalpable ou invisible ce qui fait écran entre nous et le texte, pareil que l’objet technologique complexe qu’est le livre nous est devenu d’un usage quasiment transparent, ou que l’objet téléphone ne s’interpose pas entre nous et notre interlocuteur dans une communication orale.

Ainsi, la semaine dernière, Julien a fait de nouveau évoluer notre liseuse en ligne. Lors de sa précédente mise à niveau, en septembre dernier, plusieurs améliorations décisives : à trois colonnes si vous abordez publie.net depuis un ordinateur à écran paysage, l’interface se replie à deux colonnes si vous êtes un iPad en mode portrait, et passe à une seule colonne si vous entrez sur notre site depuis un iPhone ou un téléphone Androïd. Décisif, si cela nous permet d’éviter de bâtir une app, application intermédiaire, mais de rester en permanence sur cette frontière très fine et ouverte entre le web et le livre.

Dans cette nouvelle mouture, mise en valeur du bouton (à gauche) plein écran qui évacue les menus de navigation pour ne laisser que le texte en feuilletage, amélioration du zoom pour adaptation automatique du texte au format écran, notamment pour les possesseurs d’iPad ou autre tablettes, et passage fluide d’un mode à l’autre : le mode image qui visualise le PDF, et le mode texte qui réinterprète en continu le fichier epub, quel que soit le format de l’appareil utilisé pour le feuilletage.

Evolution décisive par rapport à l’autre mode de consultation. Que vous soyez abonnés ou que vous souhaitiez un texte à l’unité, vous le téléchargez d’un simple clic au format choisi, soit depuis votre ordinateur soit depuis votre liseuse ou tablette ou téléphone, et vous l’installez (sur l’iPad, par simple glissement sur iTunes) sur vote appareil – c’est l’usage transplanté du livre qu’on achète. Mais chez soi, ou dans le métro, la connexion wifi ou 3G reste désormais active et invisible même dans nos activités qui n’exigent pas navigation.

On peut donc désormais s’affranchir de plus en plus confortablement de la lecture via transfert matériel du fichier sur l’appareil lecteur. C’est décisif pour les bibliothèques, où juridiquement la mise à disposition de textes relevant de la propriété intellectuelle est soumise à des régimes très stricts, poussant certains de nos confrères à des inventions dont on n’imagine pas, licences limitées à N consultations simultanées possibles d’un titre, fichiers chronodégradables à N semaines, qu’elles auront un autre avenir que bureaucratique.

La bibliothèque qui s’abonne à publie.net ne transfère pas nos fichiers sur ses serveurs, mais permet de les lire soit sur les ordinateurs mis à disposition du public (ou sur les ordinateurs personnels de ses usagers dans ses locaux), soit directement chez l’usager par l’accès à distance, et quel dommage que cela ne se répande pas plus vite, ça semble pourtant de grande évidence.

Et c’est aussi le mode de lecture que nous proposons dans l’abonnement lecture seule, mais aussi possible dans le cadre de notre abonnement avec téléchargement. Pour nous un enjeu radical, dans la mesure où de plus en plus les textes que nous proposons incluent des liens avec le web, proposent une lecture du monde via ces liens, voir Accident de personne, et tout bientôt une proposition de Patrick Deville à partir du personnage fascinant qu’est Tina Modotti, je vous garde la surprise, on est dessus.

Alors, comment s’étonner que nos abonnés lisent massivement les titres que nous proposons, au moins en prennent connaissance, l’abonnement autorisant le risque de la découverte ? (Et que c’est essentiel, si on veut éviter que la curiosité ne se porte que sur les noms déjà repérés, écart sidérant du panel lecture abonnés et du panel ventes sur l’iBook Store, qui pourtant nous est désormais vital pour la cagnotte, et rémunérer correction-révision, fabrication des epubs, etc...)

Et enjeu majeur pour les bibliothèques, où il ne s’agit pas seulement d’inclure des ressources passives, mais d’en proposer la médiation, d’en suggérer la lecture, intégrer au catalogue etc...

Alors, de la même façon que très fier d’avoir suscité en 2010 (le 28 décembre précisément !) 10 000 téléchargements de nos textes, comment ne pas prendre très au sérieux la progression de ces lectures via abonnement ? De notre côté (et merci à nouveau Julien Boulnois, Elisa Boulard et Xavier Cazin de l’Immatériel [1]), nécessaire d’avoir accès (non nominatif) à ces données de façon précise pour assurer la redistribution des recettes aux auteurs, selon péréquation des pages lues – ça, c’est le coeur économique du projet, mais qui nous paraît souvent secondaire au regard du souhait de propulser des mots qui signifient, dans le vieux destin du monde.

Du 1er janvier au 31 décembre 2010, nos abonnés – particuliers et bibliothèques ensemble – ont ouvert 3414 sessions de consultation de nos titres, avec lecture de 112 249 pages.

Je n’aime pas trop l’univers des chiffres, vous trouverez ici notre business plan, ici notre étude marketing, ici notre analyse de marché, ici notre développement comptable.

Mais j’ai l’impression, dans ce début 2011, qu’on a atteint le camp de base : là où commence la lecture. Et que cette histoire d’abonnement y est décisive. Alors, les bibliothèques, vous venez ?

[1Pour tout contact commercial, établissement devis selon utilisateurs potentiels, conventionnement CAREL ou Couperin, ainsi que licences par titres, modalités d’accès, serveurs d’accès à distance, intégration UNIMARC ou autre, s’adresser exclusivement à Élisa Boulard, contact [@] immateriel-fr...


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1ère mise en ligne et dernière modification le 28 janvier 2011
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