Corinne Lovera Vitali | sont les seuls

« Ceux qui écrivent et ceux qui aiment ceux qui écrivent puis ceux qui aiment et écrivent à ceux qu’ils aiment »

un autre texte de la revue, au hasard :
Sylvie Blondel | Buchenwald Transmission

audio


- Corinne Lovera Vitali, « aimer écrire » _ ou podcast/iPad

 

L’AUTEUR

Corinne Lovera Vitali s’appelle clv, comme dans Centre de Langue Vivante, C’est La Vie, ou C’est La Vérité, au choix donc mais à retrouver sur son site corinne-lovera-vitali.net.

Elle a publié entre autres chez Gallimard, Comp’Act, Le Rouergue. Son dernier livre paru est Scrute le travail. Nombreuses créations en revues papier ou en ligne, comme depuis mini moi et Top 10 First Home Problems publiés ici, chez Libr-critique et chez tapin².

À force d’être questionnée sur sa place entre prose et poésie, romans et improvisations publiques, grand éditeur et petit, écriture et art, elle compte dire désormais qu’elle est écriviste, en espérant que ça se comprenne. Elle n’a pas de compte facebook ni twitter parce qu’il lui manque l’usage adéquat d’un bras mais elle propage quand même.

LE TEXTE

Frappé par la façon dont CLV utilise de façon disjointe le texte et la voix, la temporalité même de l’écriture et le jeu de l’improvisation orale, dans ses dernières interventions, notamment cette proposition : AUTO (reprise sur Tapin2), c’est pour porter la réflexion sur ces modes d’intervention conjoints, mais partant du moment même de l’écriture, que je l’ai sollicitée pour une 3ème participation à nerval.fr. Lancer donc la lecture audio avant de passer au texte ci-dessous... FB

 

Sans hésitation et avec grand bonheur je me suis abonnée à une newsletter de letters. Non je ne peux pas donner le lien. Non je ne veux pas. Je veux que ces lettres continuent de m’être adressées personnellement. Un peu comme un champignon aux alentours de 19 heures une lettre sort de mon écran. Les champignonneurs ne donnent pas leur spot et j’ai fini de trouver ça puéril et égoïste je comprends à présent qu’on veuille pénétrer un coin de forêt après la pluie et le soleil et voir se dresser pour soi des petites chimies magiques qu’on sera seul à reconnaître et à manger.

Depuis que je me suis abonnée je reçois chaque jour ou presque une lettre magnifique d’un écrivain. Aussi d’un aventurier ou d’un génie de la physique ou de la musique ou du cinéma mais surtout d’un écrivain et surtout américain. De femmes et d’hommes ayant écrit parfaitement leur amour et leur misère. Je suis comblée par tous ces champignons dont aucun n’est vénéneux et pour les hallucinogènes ça n’a pas d’importance.

J’ai reçu hier une lettre d’amour de D.H. Lawrence. Et aujourd’hui un mot de John Steinbeck qui dit beaucoup de mal par anticipation de son éditeur à qui il voudrait reprendre son malheureux livre abandonné dans le froid.

Ceux qui écrivent et ceux qui aiment ceux qui écrivent puis ceux qui aiment et écrivent à ceux qu’ils aiment sont les seuls à comprendre ceux qui écrivent.



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1ère mise en ligne et dernière modification le 29 juin 2014.
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