Philippe Castelneau | Le désenchantement

« Il y a toujours trop de pathos, les scènes tirent en longueur et il n’y a pas d’entracte. »

un autre texte de la revue, au hasard :
Berit Ellingsen | À Caras Galadhon, dans la Lorien
L’AUTEUR

Né en 1967 en région parisienne, Philippe Castelneau vit aujourd’hui à Montpellier. Il est libraire. Deux romans sont sortis aux éditions Numeriklivres et publie.net. Il est co-fondateur de la revue graphique et littéraire La Piscine. Blog : philippe-castelneau.com et sur twitter : @castelneau.

LE TEXTE

Comment on vit aujourd’hui dans un monde aux repaires fluctuants, quand c’est la loi du marché qui régit jusqu’à ce qu’on a de plus intime ? Le pire, c’est qu’on se résigne, jusqu’à perdre ce qui nous reste d’humanité.PC.

Qui connaît le travail fictionnel de Philippe Castelneau saura retrouver comment il explore ici la même frontière autobiographique, en ce qu’elle est si riche de signes qui valent pour la communauté et ce que tous nous portons, bien au-delà de nous-mêmes et du parcours de chacun – rock, politique, voyage, villes... FB

La vie est un théâtre où tout est joué d’avance. La fin de la pièce est connue et les moments de grâce sont rares. Il y a toujours trop de pathos, les scènes tirent en longueur et il n’y a pas d’entracte. On improvise, c’est vrai, mais sur des clichés rebattus, et les acteurs pour la plupart jouent mal, figurants s’imaginant tous tenir le premier rôle. La vie, c’est du théâtre amateur, et nous sommes les intermittents d’un triste spectacle, animaux dressés, amaigris et dociles, exécutant notre petit numéro sur la piste du grand cirque sous le regard distrait d’un public qui s’ennuie.

Les jeunes qui arrivent croient pouvoir changer le monde, et ce sont eux qui changent. S’ils s’en rendent compte, il est déjà trop tard ; la plupart ne voient rien venir. La vie passe, ponctuée par les mauvais choix, les renoncements et les peines, et personne n’y trouve rien à redire. La vie passe, et il n’y a presque rien à en dire.

Après une enfance amorphe et une adolescence faussement rebelle, je passais mon bac au rattrapage et m’inscrivait en fac, conformément aux souhaits de mes parents. Leurs ambitions pour moi s’arrêtaient là, et après quelques mois d’insouciance légère, je réalisais bientôt qu’à me laisser ainsi porter, j’avais déjà pas mal hypothéqué l’avenir. Épuisé par les soirées étudiantes, fatigué des professeurs aigris, je laissais tomber les études de Lettres modernes en deuxième année, à un mois des examens : de toute façon, la perspective de sortir de là avec un diplôme qui m’y ferait aussitôt revenir, enseignant blasé avant même d’avoir donné le premier cours, suffisait à me décourager. Il y avait certes les étudiantes, et je voyais comme certaines cédaient aux profs avec la même facilité qu’elles rejetaient mes propres avances, mais enfin, c’était une piètre consolation, et ça ne durerait pas.

Je rencontrais une fille. Comme elle était timide et qu’elle ne disait rien, je crus qu’elle m’aimait. J’avais un travail, et je n’en pouvais plus de mes parents. Se mettre en couple était une excuse suffisante pour partir, et ainsi, nous nous retrouvâmes à louer un petit deux-pièces, avec un chien à sortir deux fois par jour et les factures à la fin du mois. Les saisons passèrent. Comme ça n’allait pas fort entre nous, plutôt que de partir, je lui demandais sa main. Après quatre ans d’un mariage sans âme, nous décidâmes d’un commun accord de mettre fin au supplice, avant que n’arrivent les habituels témoins gênants : les enfants.

Je travaillais alors sur les Champs-Élysées pour un groupe de distribution, on disait de biens culturels, c’était l’excuse trouvée pour vendre au kilo des disques de variétés et les livres d’auteurs célèbres écrits par d’autres. La culture, vernis de la société, la foire aux vanités, où des attachés de presse incultes et décérébrés côtoient des artistes sans talent, sous l’œil jaloux des arrivistes. Nous-mêmes, vendeurs, n’étions vendeurs que par défaut, écrivains, scénaristes ou réalisateurs en devenir, sûrs de notre fait, persuadés qu’ici, avec un peu de chance, nous pourrions rencontrer les bonnes personnes. Mais celles-là, quand elles passaient, passaient sans nous voir, et le tic-tac de notre horloge interne continuait imperturbablement à frapper. Sans que nous nous en rendions compte, le temps continuait de s’écouler et nos chances de sortir de là par le haut s’amenuisaient. Thierry travaillait dans le même rayon que moi, et nous nous retrouvions parfois en dehors des heures de travail. Il écrivait des textes de chansons et des pitchs de films. Il voulait être parolier pour une chanteuse, également actrice, qu’on voyait quelques fois au magasin. Je noircissais des carnets d’idées, d’aphorismes et de courts poèmes. Comme Thierry, j’attendais mon heure, une heure qui ne viendrait jamais. Mon quotidien, désormais, c’était la vente, et je sentis après quelques mois qu’il me fallait passer à autre chose avant de me perdre tout à fait. Je remisais mes ambitions et postulais à un poste en interne. Il s’agissait de dispenser des formations à l’utilisation d’un logiciel de gestion, je ne connaissais pas grand-chose en informatique, mais je parlais correctement anglais et le projet était piloté depuis l’Angleterre : j’obtins le job. Le salaire était correct, et j’allais voyager ; je n’en demandais pas plus. On m’attribua un bureau que je partageais avec Brigitte, qui avait pour mission de m’accompagner.

Brigitte travaillait aux RH. Elle avait une dizaine d’années de plus que moi. Elle était grande, élancée, souriante, et surtout, selon les termes employés par mes anciens collègues, elle était bonne. Lorsqu’elle venait au magasin, nous nous précipitions pour lui proposer notre aide, la suivant tels de dociles toutous, aimantés par sa silhouette, mais c’est au bureau qu’elle se révélait vraiment : talons hauts, les jambes prisonnières d’un tailleur strict toujours trop court, le buste enserré dans un chemisier cintré aux boutons lâches, elle me faisait face, tournoyant sur sa chaise dans un hypnotique ballet, et si j’avais besoin de son aide, elle venait à côté de moi et lorsqu’elle se penchait, je manquais chaque fois défaillir. Le siège de la société occupait un hôtel particulier rue de la Boétie, à deux pas du magasin, et mon bureau était devenu le centre stratégique de l’entreprise : des informaticiens au Directeur Général, tout le personnel masculin venait s’assurer à intervalles réguliers que les choses se passaient pour le mieux ; quand Brigitte était absente, ils se contentaient d’un petit salut bref avant de s’éloigner.

Filiale d’un groupe international, nous dépendions pour le projet sur lequel je travaillais d’un chef de projet européen en poste à Londres. Veronica, Néo-Zélandaise d’origine coréenne, venait nous voir une fois par mois, faisant régner la terreur dans tout l’immeuble. Elle s’était vu confier les pleins pouvoirs, et ne tolérait aucun retard dans la mise en route du déploiement du logiciel en France. Veronica, c’était une poigne de fer dans un gant de cuir : intraitable, dominatrice et terriblement bandante. Elle débarquait le plus souvent à l’improviste, tailleur Chanel blanc ou bleu marine, parfum Chanel no 5, son assistante sur les talons, blonde froissée, vêtue comme un sac et portant ses sacs, Louis Vuitton pour les bagages et Chanel 51, comme il se doit, pour le shopping : l’avenue Montaigne était à deux pas, elles s’y arrêtaient presque toujours lorsqu’elles venaient nous voir. Il y avait quelque chose de vain et de presque risible chez Veronica à s’afficher ainsi en Chanel des pieds à la tête, mais elle s’affichait en définitive si bien qu’elle emportait tout. Le temps qu’elle était là, les femmes, jalouses, paraissaient fades, les hommes, soumis, rampaient jusqu’à ses pieds ; tous lui mangeaient dans la main. Invariablement, elle les rendait ridicules. Dire qu’elle était crainte serait un euphémisme : elle arrivait, et il fallait alors tout laisser en plan pour la suivre et lui rendre compte de notre travail, et gare s’il n’était pas conforme à ses attentes. Mais elle m’avait à la bonne, et je n’ai jamais eu à affronter son courroux. Bien sûr, elle se servait de moi, j’étais ses yeux quand elle n’était pas là, elle m’offrait sa protection et comptait en retour sur ma loyauté. Moi, je jouais sur les deux tableaux, ménageant la chèvre et le chou, m’octroyant ainsi les bonnes grâces de tous.

Véronica repartait comme elle était venue, sans prévenir, on la voyait passer en coup de vent, précédée de sa porteuse partie en éclaireuse à la rencontre du taxi. Elle laissait derrière elle une odeur douce et obsédante d’ylang-ylang et de vétiver, de citron, de musc et de vanille. Quelques minutes plus tard, les portes des bureaux s’ouvraient, les hommes, cigarette au bec, resserraient le nœud de leurs cravates pour se donner contenance, les femmes réajustaient leur tailleur, lâchaient une mèche de cheveux, réclamaient à grands cris leur féminité confisquée.

Véronica partie, Brigitte redevenait la fille la plus sexy de l’immeuble, titre qu’à mon humble avis, elle n’avait jamais vraiment perdu.

Avec Brigitte, nous allions en France et en Europe, préparer le terrain. Une journée à Vienne, et le travail expédié en à peine une matinée, nous nous retrouvions seuls dans la ville pour quelques heures. Mais une demi-journée seulement, c’est bien trop peu pour se départir des contenances. Séville au mois d’août, un dimanche et toute une nuit, le soir, après un verre ou deux, les sens en éveil, complice dans la promiscuité, les corps se frôlent, mais c’est alors qu’il faut quitter l’hôtel pour retourner au magasin, superviser un inventaire de nuit. Lorsque nous rentrons, de la calle Sierpes à notre hôtel, il n’y a pas loin, le barrio Santa Cruz sait se faire enjôleur, mais vingt heures qu’on est debout, on se sépare dans le hall, épuisés, et il n’y a rien d’autre à en dire. À Marseille, à Bordeaux, c’est trop tard, et pas assez dépaysant, on reste sur son quant-à-soi. Les mois passent, et c’est déjà fini, le logiciel est installé, les employés sont formés, le formateur est remercié. Il faut passer à autre chose, et je retourne en magasin, seulement ailleurs, en grande banlieue, et je ne vois plus personne. La porte du siège social s’est refermée, les bruits de couloirs ne me parviennent plus que par écho. Un tour de passe-passe des actionnaires et Veronica disparaît à jamais, me dit-on, longtemps après. Séville et Vienne disparaissent également, Brigitte s’en va et je le sais trop tard. On restructure pas mal, au siège, sans qu’on nous dise rien. Reste Paris, quelques villes en province, restent le quotidien et le travail qui nous avale. Ceux qui partent sont effacés de la photo, les autres vivent dans un présent qu’on leur impose, à toujours devoir avancer sans avoir toutes les cartes en main.

Les années passent, tu changes de poste, tu changes de boîte, et c’est pourtant pareil. Tu changes de boîte — il en est même qui crée la leur —, mais pour finir, nous sommes tous toujours prisonniers dans une boîte. La routine est la même, les espoirs déçus te rattrapent toujours, mais tu ne sais pas quoi faire parce que tu ne sais rien faire d’autre. Tu avances, c’est tout, pour rien, et vers quoi, tu ne le sais pas non plus. Employé, agent de maîtrise, et cadre, voilà, tu avances, le salaire progresse toujours moins vite que tes envies, le confort est meilleur, mais les désirs plus forts, et tu sais bien que tu en crèves de ce qu’on te donne à vivre, tu sais que tu es seul et qu’après il n’y a plus rien, qu’au bout du chemin, il n’y aura qu’une tristesse infinie, et personne pour la partager. Tu t’investis parce que c’est comme ça qu’il faut faire, et le temps que tu donnes c’est du temps en moins à te morfondre, tu t’épuises à la tâche pour ne plus avoir à penser, et si ça ne suffit pas le samedi soir tu sors, tu traines en boîte, tu bois, parfois tu baises, et peut-être qu’après tu arriveras à dormir. Parfois, tu baises, mais toujours tu te réveilles seul. Comme tu en es conscient, tu te crois plus fort. Il n’en est rien.

Je jouais avec le système, et je me jouais de lui, croyais-je. En vérité, je n’ai jamais su où était ma place. Je ne le sais pas plus aujourd’hui qu’hier. D’autres croient le savoir pour moi, et me proposent de nouveaux postes. Alors je repars, une nouvelle ville, une nouvelle vie, mais c’est toujours la même désespérance. La même solitude que rien ne vient briser. On se fait des amis, on se trouve des amants, les corps se frottent et puis plus rien : c’est dedans qu’on est seul.

Au travail, ça va, je suis bien. Disons que je suis moins mal. J’ai fait un petit tour de France, et me voilà de retour à Paris. Ça fait des choses à raconter. Je suis acheteur dans une petite entreprise, et je reçois les commerciaux. On dit commerciaux, avant on disait représentants de commerce, ça avait un petit côté Monsieur Loyal, un côté charlatan, bonimenteur, homme-orchestre qui cachait moins la vérité. Sans doute pour ça qu’on a changé. Je les reçois, parfois six ou sept dans la même journée, et c’est comme chez le médecin, pour un que je raccompagne à la porte, il en est deux qui déjà attendent. Patient suivant, je leur dis parfois, et ça les fait sourire. Souvent, ils s’épanchent, et je suis comme un psy. J’écoute sans rien dire, je relance de temps en temps, je prends des notes et je les laisse parler. Ils me parlent de leur vie, de leur patron, de leur conjoint, me parlent de leurs enfants, des heures et des jours sur la route à être seul, les hommes me parlent de leurs maîtresses, ils me parlent politique, et comme je ne dis rien, ceux de droite comme ceux de gauche voient en moi l’un des leurs. Moi, je ne sais pas, je les écoute parler. Les politiques aussi, je les écoute parler. La politique, je l’aime comme on aime un spectacle, je regarde s’agiter ces femmes et ces hommes aux idéaux changeants qui invariablement se heurtent au monde réel comme les mouches se cognent dans la vitre sans voir la plaque de verre qui les sépare de l’extérieur. La politique, au moins, ça nous occupe, et deux ou trois fois par semaine, quand je retrouve un ami au pub, ça lance la discussion.

Boire au pub coûte cher, mais boire en société dédouane de boire seul. Boire seul t’oblige à te regarder sans fard : animal blessé solitaire, chien errant sans rien à faire ni rien à attendre ; un peu alcoolique, comme sans doute avant toi tes parents, triste figure dans un monde également triste, privé de perspective. Certains jours, tu te prends à rêver d’une vie à deux, le soir tu consultes des profils sur des sites de rencontre, mais c’est comme un miroir qu’on te tend, et le reflet n’est jamais à ton avantage. Tu te dis que tu devrais te rabattre ailleurs, la petite boulangère, la caissière du supermarché, la voisine de pallier, mais tout est à construire et tu n’en as plus ni la force ni le temps. Alors il reste la collègue de bureau, celle que tout le monde trouve sympa.

Ma collègue de bureau que tout le monde trouve sympa, elle s’appelle Natascha, et tant pis si elle n’est pas spécialement belle, ni tout à fait mon genre. Natascha me connaît comme je la connais, elle sait mes faiblesses et mes forces, elle m’a vu malade, le teint blafard, elle m’a vu heureux, elle m’a vu faible, presque brisé. Nous nous sommes réconfortés à tour de rôle ; avec les années, nous avons tissé des liens. À travailler ensemble, voilà, on s’habitue et on s’attache.

Un soir, nous nous retrouvons tous pour fêter un contrat, et comme tous ceux qui sont là, je voudrais être ailleurs, mais je ne le peux pas, alors je bois, je bois trop, et qu’importe. Après, Natascha me raccompagne, parce qu’il est trop tard pour le dernier métro. Arrivé en bas de chez moi, j’hésite à lui proposer de monter pour prendre un dernier verre, le cliché habituel, éprouvé, et je sais qu’elle dirait oui, que très vite on coucherait ensemble, seulement après, on ferait quoi ? Et même si là, tout à coup, dans sa voiture, j’ai envie d’elle, déjà je bande mou. Je sais que ça n’est pas très grave, après tout : nous pourrions faire semblant, couple triste emmêlé dans des draps sales dans la promiscuité d’une chambre pas même rangée. Peut-être que pour une nuit, nous serions moins seuls, le fardeau moins lourd à porter, mais l’intimité reste encore notre dernier rempart, alors autant ne pas la partager. Mieux vaut seul, vraiment, que définitivement exposé.

Il reste quoi, ensuite, sinon les heures perdues sur les réseaux sociaux ? Facebook te permet de retrouver ceux de tes amis que tu n’as pas su garder, et ce sont les plus paumés, ceux qui à mi-chemin de leur vie se prennent à regarder en arrière et ne voient qu’un trou abyssal. Viadeo, c’est pareil. Tu retrouves d’anciens collègues, tu compares les CV, tu t’estimes plutôt bien loti au regard des autres : parti ensemble, tu arrives avec un peu d’avance, même si tu n’as pas été très loin. Et puis il y a ceux que tu courtises, les recruteurs et les patrons. Viadeo, c’est Meetic ramené à l’entreprise. Ici aussi on fait semblant. Chacun s’arrange au mieux, mais on sait qu’on est là parce qu’on voudrait changer de vie. Seulement, les ravalements de façade ne font guère illusion : on est là parce qu’on voudrait être ailleurs, et c’est du speed dating pareil, sauf que c’est avec son futur boss.

À taper les noms d’anciens collègues, je retrouvais Brigitte. Nous échangeâmes quelques amabilités. Elle me dit qu’après une période de flottement, elle avait fait une VAE et obtenu un Master II. Elle était maintenant, disait-elle, en phase d’entretiens. Je la félicitais de se relancer ainsi, et elle m’avoua son inquiétude. Je tentais de la rassurer, mais elle me dit combien il était difficile pour elle d’obtenir ne serait-ce qu’un rendez-vous, maintenant qu’elle était entrée dans la catégorie senior. Je restais interdit. Consultant son profil, je vis qu’elle disait vrai. Pourtant, quinze ans à peine avaient passé. Je regardais à nouveau sa photo. Senior peut-être, mais toujours bonne. Je lui proposais de nous revoir.



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1ère mise en ligne et dernière modification le 20 décembre 2015.
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