contribution auteur | Smeraldine

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

découvrir un auteur au hasard !
(rafraîchir la page si mise en boucle...)
Au départ famille nombreuse. 2 sur 5. Ça donnait droit à réductions. Puis l’aube commence, l’affirme, l’ancre, la pousse quelque part aux antipodes. Branche détachée d’un arbre sec – va, vit, devient, est — un arbre complet —. Prof en supérieur, « Commerce », aux antipodes encore. Un peu saoule au départ et contractée, de plus en plus dans ce métier, difficile. Aime : les jeunes, les chats s’en allant seuls au crépuscule, les chants d’oiseaux, forêts, bords de mer, tomber en toute petite quantité, se relever, - danser quoi !! - , percevoir , morceaux de littérature et leurs auteurs , Mozart, Rossini , Bach, les peintres , pas les coloristes, les peintres , les vieux, les fêlés, - l’autre et les autres — , — écrire , lire , devenir —, apprendre encore , les fleurs . Et plus que tout, les flamands roses.

Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _5 _6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 5

Eh Buon Giorno !!! Toi aussi tu as de jolis chapeaux, joli bonnet !!! Seuil de la porte, il ouvre chaleureusement, et son regard se fixe dans le mien, plonge. 7 :30 , et une manche puis l’autre, nez genou deux fois, je le retrouve en un éclair très pimpant dans sa tenue d’exercice. Ça fait chez lui comme des bonds ce matin de janvier JbBing , JbBong !!! Vers ses tapis couleur d’Asie nous avançons. Comment vas-tu Carlo ce matin ? Je me bute dans un petit arbuste en pot. Il va fleurir … rose … pour hier soir c’était bien moi, vers 22 h …excuse moi j’ai eu un doute, je savais que j’allais me coucher tard et… je voulais annuler notre RDV, puis me suis dit… non, que c’est pas bien… Tu as l’air en forme ? Oh très bien, très !! Hier soir c’était tarte au chocolat, crème anglaise ; je mène une drôle de vie agitée bouleversée retournée…, en ce moment. Dans le bon sens, j’espère ? J’ai rencontré un garçon, ça me tourneboule, de 20 ans plus jeune… que moi ça me pose… question, y’a d’la joie, beaucoup de joie, mais je me pose beaucoup de questions. Il coupe le son, coupe la chaine, revient dans ma direction. J’écoutais cette chanson de Barbara « Dieu voulut que les coups frappassent les amants par Satan liés … » tu la connais ? Et je vois dans ses yeux ce garçon beau comme un dieu, je m’abreuve à sa joie. « Est-ce Dieu, est- ce Satan ? » Tu vois, je suis là-dedans. Il y a plein de choses qui remontent, des amis, des morts, des objets même… que j’ai gardés… Etale bien tes plantes de pieds, relève tes orteils, étire ! Ah oui, ça me rappelle … « pieds dans le sol et tête dans les étoiles », c’est ce que me disait toujours J. Le moine possède une certaine conscience … c’est dingue ce truc dingue … je me sens …tellurique et à la fois dans les courants happé. Nous parlons des racines, de fixer son regard vers le haut vers le bas. La terre est plus simple que l’homme qui est complexe. Le moine moderne vit souvent déchiré. Aller vers l’avant sans perdre son ancrage …Très intéressant ce que tu me fais toucher… le petit arbre donnera des fleurs … tu reviens quand ? Le 21 ça te va, même heure ?
Smeraldine

proposition n° 2

L’âne baisse la tête et ses oreilles afin de voir l’enfant et sa mère en pleine lumière. Dans le noir de la nuit, quelques foyers éloignés ; On est là sur une plage d’Italie, une poignée d’hommes et de femmes ont dormi dans des sacs de couchage, dans leurs habits. C’est une nuit ordinaire avec beaucoup d’étoiles. Lui n’a pas fermé l’œil à cause du froissement des couvertures de survie. Une femme se réchauffe avec le thé servi par les bénévoles « Salvataggio In Mare ». Elle indique le muret, elle l’invite à les rejoindre, dans quelques heures il y aura une converzatione autour du thème « la parole pour quoi faire ? ».Il prend note dans son carnet mais se souvient qu’il a rendez-vous avec l’avocate des jeunes demandeurs d’asile. Il se joint à Clinton et Jamie qui se rapprochent du feu pour mieux déchiffrer les derniers mails arrivés sur leur portable. Un vieil homme aussi fin qu’une tige de prêle s’approche, portant un stradivarius sur l’épaule. Il dit « Que soit la lumière ! » et le jour se lève. La jeune mère agite énergiquement le biberon pour son bébé. Sur le sable est écrit « Tofana Di Rozes ».Un souffle de vent caresse le petit campement, réveille les derniers dormeurs et ramène l’odeur de poisson grillé, le babil de l’enfant.

proposition n° 1

Regard panoramique, regard augmenté, d’enfant, regard affolé par ces oiseaux en boules, pelotes et miettes, oiseaux en bande et en force. Emerveillés nos yeux avec, quand même au centre des pupilles, la peur - de perdre - le fil qui dit oui : « Encore, on aimerait en voir d’autres puis d’autres puis d’autres encore et, encore » ; Partout dedans dessus dessous les nuages , joueuses , des nuées d’oiseaux comme des feux d’artifices , Splash , Bizzzzzz, Smuffffff. Rubans, tulles , voiles de coton en plein vent, centaines ou milliers d’oiseaux, des polygones que nos yeux filment, ivres, - deux ne suffisent pas - On conduit, oui , on est - avant de disparaitre - , au volant d’un soir - janvier ou décembre -, un soir d’hiver humide et froid, sombre , la nuit tombe et les oiseaux - s’amusent -, les oiseaux ont chaud, très chaud, les oiseaux sont en nage , et jouent pour nous pièce maitre. Nos yeux filment puis se ferment. Clarté sois en sûre, demain nous reviendrons.

Pattes sombres, bêlements et flancs laineux, enlignés - moutons grillés -, voilà pour le décor, silencieux. Notez qu’ils courent encore envers et contre tout.Enclos de petite taille, esclaves par dizaines, moutons noirs et serrés, misérables et captifs. Il fût l’un d’eux sans aucun doute dans cette soue à moutons, cette volontaire servitude. Des ailes un jour lui ont poussé, et, voltigeur devenu, pour les défendre, les entrainer, il scrute, une plage une île un horizon, un promontoire où se poser.De la hauteur il a pris, mais de ce port d’attache, de ces plafonds et portes, murs hostiles, parviendra-t-il un jour, à s’affranchir tout à fait ?

D’encouragements, félicitations et meilleurs vœux, il avait fait juste combinaison. S’était ensuite, affirmé entrainé esquinté extenué. Il avait transpiré sué, passé, brillamment les obstacles, transcendé les brimades. Aux concours il avait, flamboyé, primes et médailles gagné. Dans les salles de classe, il s’était animé défoncé illuminé, avait exulté puis douté. L’automne était venu, l’avait déprimé, le printemps rebouté. L’hiver l’a replié. « Ecole, danger ! », depuis son arrivée dans ce nouveau lycée en zone périphérique, chaque matin et chaque soir, il lit et médite le marquage au sol. Il compte bien y associer un certain nombre d’entre eux, tous ses collègues peut- être, il faut voir !

Les yeux des gens quand ils disent bonjour, quand ils vous regardent, la vie ou l’absence de vie dans les yeux. Tout ce que l’on voit dans les yeux, et que ces yeux eux -mêmes ne voient pas ou plus : la vie , la mort, inquiétude et fixité, statique, le rire, les fous rires des fois donnent des brides aux yeux , étirent et allument les yeux par quatre au minimum , on pourrait dire les yeux bridés . Des yeux comme des billes à rouler par terre , à se plier en deux , à s’en aller bras dessus bras dessous faire l’école buissonnière , des yeux avec des chants d’oiseaux dedans , des yeux d’éclat , des yeux fruités, des yeux sucrés des yeux salés, des yeux d’une douceur veloutée maternelle protectrice , des yeux de feu , des yeux de bar , des yeux d’effroi , des yeux de grêle , des yeux de brume , des yeux sanpaku , des yeux à la Carlos Ghosn , des yeux de vipère et des vipères dans les yeux , des yeux brulants , des yeux brulés , grillés , des yeux cachés éteints par les lunettes , vidés dans les écrans … mais aussi des yeux qui disent et qui racontent .



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1ère mise en ligne 23 décembre 2018 et dernière modification le 26 janvier 2019.
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