contribution auteur | Monika Espinasse

hiver 2018, recherches sur la nouvelle

découvrir un auteur au hasard !
(rafraîchir la page si mise en boucle...)
Défis, courses d’obstacles, énigmes à résoudre, vies à inventer....un atelier autant sportif que littéraire... je cours, je m’accroche...

Ses contributions à l’atelier ville.

Propositions 1 _ 2 _ 3 _ 4 _ 5 _ 6 _ 7 _ 8 _ 9 _ 10

proposition n° 9

Antigone. Droite. Fière. Dure, décidée. Sincère. Antigone qui plonge dans la tragédie grecque. Elle défend sa loi, la loi du juste, l’équité, contre la raison d’état. Elle est de toutes les manifestations qui défendent la cause humaine. Elle se bat contre les lacs illégaux, contre les aéroports parachutés, elle défend les gilets jaunes originels, ceux qui n’ont rien, qui vivent à peine, qui survivent tout juste. Juste. La justice pour tout le monde. Egalité. Fraternité. Elle brandit l’étendard de l’écologie. Le drapeau vert. Couleur verte. Espoir.

La rue blonde. Ensoleillée. Toute droite. Jusqu’à la mer. Une rue, ça ne pense pas. Et pourtant, cette rue est vivante. Dorée. Parsemée de grains de lumière. Elle va à la plage, cette rue. Toute droite, déroulant son ruban jusqu’à la plage de sable fin, doré, parfois un peu gris quand le vent souffle fort et que les nuages sont bas. Est-ce qu’elle sent les petits pieds qui la martèlent, les petits pieds habillés de sandales ou de tongs, impatients de se jeter à l’eau ? Est-ce qu’elle sent les vagues la caresser et lécher ses orteils dorés trempés timidement dans la mer bleue ? Parfois, elle est bondée, cette rue, trop de monde l’été, ça se bouscule, ça sent l’huile, ça fait des taches sur son sable tout propre. L’hiver, c’est tranquille. Elle n’aime pas ça, elle se sent abandonnée. Elle ne sert plus à rien. Les mouettes se promènent à petits pas en poussant leurs cris perçants, mais plus de ballons, plus de bouées, plus de cerfs-volants. Plus d’amoureux enlacés. Le vent souffle fort, les vagues creusent un bout de la route blonde qui s’efface, qui laisse échapper des rigoles de larmes dans le sable froid et collé. Dans les petites dunes amassées contre les murets, les lianes des griffes de sorcières étalent leurs filets d’araignée, mais leurs fleurs d’étoiles roses attendent le printemps et le soleil pour revivre. Comme la rue blonde.

J’aime les piscines. Les piscines de plein air, environnées de prés, d’arbres, de paysage, avec le ciel comme toiture. J’aime tirer des lignes dans cette eau bleue, créer des vagues en battant des pieds, plonger jusqu’au fond et remonter comme une flèche. J’aime flotter entre deux eaux, calée sur le dos, en équilibre éphémère, et regarder les nuages. J’aime les piscines de plein air qui m’accueillent en hiver, la tête caressée par des flocons de neige et le corps mijotant divinement dans l’eau chaude thermale. J’aime les piscines des grandes villes, de certaines villes. J’ai découvert avec ravissement les piscines de Budapest, souvenirs impérissables touristiques autant qu’artistiques. Eaux chaudes jaillissant de sources thermales, carrelages de mosaïque bleue, colonnes de marbre blanc, décorations Art Nouveau, dômes étendus très haut, percés de lucarnes rondes. Ciels étoilés. Les rayons de soleil s’y faufilent et balaient les vagues de la piscine bleue jusqu’à la rendre turquoise. Architecture monumentale, néobaroque ou souvenir des invasions turcs au 16e siècle, magie de l’art, de la lumière et de l’eau. Piscines cosmopolites, les langues se croisent, s’apostrophent, anglais, allemand, français, russe et même hongrois. Dans un angle un baigneur solitaire, bonnet de bain obligatoire bien enfoncé sur la tête, devant lui en équilibre sur l’eau un plateau d’échiquier, les pions bien alignés, équilibré comment, je me le demande, il flotte sur l’eau, le baigneur attend un partenaire et les parties s’engagent dans la piscine pour un long moment. Parfois le temps d’un concours prisé. Un couple de retraités, se tenant au bord de la piscine, exécute des exercices de gymnastes, sautillant, plongeant, battant des bras, dessinant des cercles. Dans un coin tranquille quelques baigneurs sérieux, si on peut avoir l’air sérieux avec un bonnet de bain, ont l’air de discuter de choses sérieuses, il paraît que l’on parle aussi affaires dans les bains de Budapest. Quand, à la fin de la baignade, tous ces gens s’habilleront, sortiront dans la rue, je ne les reconnaîtrai plus, tout le monde aura repris sa personnalité d’avant, bain parenthèse, épisode bienfaisant, digression bienvenue dans une vie de routine. Le joueur d’échecs repartira avec son échiquier sous le bras, les retraités sortiront en jogging pour faire encore un brin de sport, il faut s’entretenir à nos âges, et les hommes d’affaires, en complet-veston et cravate continueront leur discussion dans le café voisin. La parenthèse est finie.

Leny Escudero. Une voix enrouée et veloutée. Une voix qui sort d’un juke-box. Rengaine. Cent fois par jour. Dans un bar de quartier, l’Italien, tout près de la Seine, apéro et spaghettis sublimes. Et le juke-box. La musique qui part jusque dans la rue. Qui emplit la salle. On écoute. On chante. Leny Escudero. Pour une amourette. Cent fois par jour. Qui se bat en duel, amicalement, avec Charles Aznavour. L’amour, c’est comme un jour. Aznavour s’y met aussi. Elle est appuyée au juke-box, elle écoute, elle se saoule des mots, des mélodies. Tristes. Défaitistes. Une amourette. C’est comme un jour, ça s’en va, mon amour. Elle n’y croit qu’à moitié. Espère. Pour elle ce sera différent. Il faut y croire. Il suffit d’y croire. Elle appelle Edith Piaf au secours. Rien de rien, rien, je ne regrette rien. Voilà, Leny, il faut refaire la chanson, une amourette, un amour, si on y croit, c’est pour la vie.

proposition n° 8

Frantz B.

Amoureux de la garrigue méditerranéenne, Frantz B. avait échangé sa Belgique natale contre un lopin de terre dans le Midi de la France. Ingénieur d’informatique, mais très vite fatigué par le travail sur les écrans, la solitude larvée dans les bureaux open space de Bruxelles, il aspirait à un travail dans la nature, avec une organisation personnelle et des relations humaines qui lui avaient tant manqué dans son emploi précédent. Après des renseignements précieux obtenus par des instances économiques départementales, il se décida à créer un lieu d’accueil touristique original. Des bulles. De grandes bulles, ressemblant à des ballons gonflables, posées sur le sol. Une toiture transparente pour avoir la tête dans les étoiles, l’idée d’observatoire n’était pas loin. Cinq bulles, chacune équipée confortablement, mais se restreignant sur l’essentiel. Un grand lit, lumières, commodités indispensables. Les noms évoquaient planètes ou astres, faisant rêver dès le premier contact sur le site informatique que Frantz avait créé rapidement. Les réponses affluaient, les locations étaient confirmées très vite. L’originalité de la formule et l’accueil chaleureux de Frantz attiraient du monde et son installation s’avéra bientôt une grande réussite. Frantz s’était bien intégré dans la vie du village voisin et comptait participer prochainement à des activités de développement régional et à des Salons de Tourisme, en France, en Allemagne et bien sûr en Belgique.

Vincent A.

Homme du Nord, habitué des brumes de Londres et de Bruxelles, Vincent s’était promis à une carrière dans la finance. Il était en train de bien réussir sa vie, cette vie qu’il avait dessinée dans sa tête. Mais lors d’un colloque, il rencontra, par un hasard invraisemblable, une jeune fille brune, splendide, douce, tendre. Il tomba fou amoureux et épousa sans hésiter Emma, sa famille, sa maison, son paysage. La pinède, les vignes, la lavande et le thym, des parfums qu’il emportait dans ses voyages professionnels fréquents. Trop fréquents. Sa vie dans les finances rapportait bien, mais lui pesait de plus en plus. Emma lui manquait, les petites filles qui étaient nées depuis, le soleil du Midi. Le rythme d’un travail lié à la terre le tentait, le mythe d’un vin régional bio, vin à créer, vin de feu et de pierre. Les vignobles centenaires à rafraîchir, une tradition familiale à relever. De l’argent à trouver pour investir. Il avait un réseau dans le Nord qui ne demandait qu’à entrer dans ces affaires. Il était sûr d’y arriver.

Lena

Elle avait hérité de la grand-mère son nom, Magdalena, et son talent pour la peinture. Dès l’âge de quatre ans, Lena avait eu en main des pinceaux, des pastels et des fusains. Mado dessinait toute en douceur, crayon fin, aquarelle transparente, fleurs et paysages, et Lena l’imitait, calée en hauteur sur un coussin épais pour atteindre la table. A douze ans, elle avait trouvé son style, sa personnalité, comme disaient les professeurs. Elle était patiente, Mamie, elle ne forçait jamais. Elle me manque. C’est elle qui me gardait souvent quand Maman était occupée. Elle m’a appris tant de choses. La cuisine avec toutes les herbes du jardin qu’elle soignait et puis elle m’emmenait dans la garrigue pour cueillir le thym, le romarin, la sarriette, je les connais bien, ces plantes, et tant d’autres, elles sentent bon, chacune son parfum, chacune sa recette. Elle me manque. Elle me brossait les cheveux, doucement, tu as de beaux cheveux, comme moi, il faut les soigner. C’est vrai que j’ai l’épaisseur, la couleur noire héritée d’Italie, comme elle, mais j’ai les yeux bleus de mon père. Un vrai mélange. Elle aime bien, Lena. C’est comme ses couleurs. Elle aime les mélanger, les nuancer, les tartiner, créer des harmonies spontanées. Des tableaux qui rayonnent, qui vivent. Qui lui rappellent sa grand-mère.

Grand-père Mario

Mario avait le soleil dans son sourire et un rire tonitruant. Une famille nombreuse qu’il régentait et qu’il aimait sans façons. Simplement. Des enfants, des petits-enfants. La table était toujours ouverte, il accueillait ses amis et les amis de ses amis. Ceux des enfants aussi. La table s’agrandissait selon besoin, une rallonge après l’autre. Pique-niques, grillades, sorties à la mer. Tour de bateau à l’occasion pour les plus chanceux. Parfois il devenait cuisinier. Ses gnocchis. Les gnocchis de la famille. Il faisait la pâte selon une recette italienne traditionnelle, la roulait, la découpait. C’est là que tout le monde devait s’y mettre. Sur la grande table enfarinée, on roulait les petites boules, les aplatissant, les reformant, des petites boules de la grandeur d’un pouce. L’eau bouillait dans une vaste marmite et l’énorme quantité de gnocchis était cuite au fur et à mesure, rapidement. Il y en avait pour tout le monde. Avec du beurre, ou de l’huile d’olive, ou de la sauce tomate. Et du parmesan. La tablée chantait, chahutait, se racontait et Mario était content.

Julie S.

Née à P., Julie y a grandi, s’y est mariée. Elle aime vivre dans ce bourg, dans cette région et a décroché il y a quelques années le poste de directeur de l’office de tourisme intercommunal. Elle a ainsi l’occasion de mettre en valeur les spécificités et les beautés de la région, de la vanter, de la vendre. De faire venir des touristes, remplir des gîtes, des hôtels et des campings. La région a des atouts, le village est connu. Des palais de la renaissance, des princes qui y habitaient, des peintres, des écrivains célèbres, des acteurs qui y sont passé, resté parfois. Elle connaît son histoire sur le bout des ongles. Elle a fait des études, a décroché un BTS de tourisme et de communication et pense être armée pour gérer cet office de tourisme. Elle fait partie des acteurs importants du développement économique. Elle y croit. Parfois, en hiver, quand la vie est trop tranquille, elle a des rêves d’évasion. Oasis vertes et dunes de sable blond, mer bleue et bateaux blancs. Mais dès que les mimosas éclatent de joie dans les jardins, dès que le printemps réveille les humeurs endormis, elle étale à nouveau ses documents, dépliants, plans et cartes, organise des fêtes avec le comité des fêtes, organise des expositions avec la médiathèque, organise des dégustations de vins locaux avec la cave coopérative. Des manifestations prisées par les visiteurs, censées augmenter le flux des touristes, les rentrées d’argent et donc la santé économique de la commune. Elle se sent un maillon important, elle est fière d’y apporter son énergie et son savoir-faire.

proposition n° 7

Ecrire. Hier, aujourd’hui, demain encore. Mais réfléchir d’abord. Toujours ce démarrage difficile, cette recherche cadrée ou spontanée. Ecrire, mais sur quel sujet, sous quelle forme ? Des poésies, comme autrefois, spontanément, pendant les trajets en tramway, en plein chagrin d’amour d’adolescente ? Des contes, des anecdotes, des histoires ? Comme autrefois, pour les petits de la famille ? L’élan est là, malgré l’éternel questionnement. Ecrire, oui. Mais faire lire ? Suis-je douée pour raconter, pour inventer ? Des histoires, mon enfance, ma vie ? Ma vie à moi ? Intéressante ? Pour qui ? Pour moi, qui n’écris pas de journal, j’ai tort, bien sûr, un squelette à habiller avec de la chair vivante, des souvenirs à retenir, à reconstruire. Mes réflexions m’intriguent, une foule de souvenirs remontent, mais oui, il y aurait de quoi raconter, une vie normale, mais finalement une vie pas si normale que ça, quand je rassemble les années, les lieux, les personnages. Ecrire pour témoigner ? Peut-être. Ecrire tout simplement ces lieux, ces événements, ces choses vécues, pensées. Dérouler cette vie tranquillement, sans faire des effets de manche. Les rencontres d’une vie. Parfois fugaces, d’une heure, d’un jour, qui demeurent pourtant. Les voyages, dunes blondes, mers bleues, bibliothèque dans le désert, thé à la menthe fumant sous les acacias, encore des rencontres, personnes, paysages, exploits sportifs dont témoignent des photos, des esquisses, et puis ce récit détaillé, noté au fur et à mesure, déployant l’éventail du vécu pour ne rien perdre. Les livres qui comptent, que je relis, résume, avec étonnement parfois comme si je retrouvais un vieil ami, un peu changé, ou c’est moi qui aurais changé. Les auteurs que j’aurais aimé connaître. Le tableau qui me foudroie, pourquoi celui-ci, quelle importance, il me donne cette émotion qui grave le souvenir. Les sons de piano qui me hantent, m’enchantent, filigrane d’une vie. Des images. Des rêves. Ecrire tout cela, simplement. Cela me démange, les mains caressent le crayon, effleurent le clavier, les yeux se perdent au loin. Ecrire, mais démarrer d’abord. Clarifier, choisir. Trop difficile. Se laisser aller. Sortir. Marcher. Respirer. Inspirer, expirer. Inspirer l’air doux du printemps, l’air plus vif de la neige. Inspirer les senteurs de la terre, des fleurs, du foin, du fumier, des grains de blés entassés dans le grenier…souvenirs d’enfance, de vacances, de nature, de sérénité. Inspirer. Expirer. Rendre. Redonner. Reformer. Reformuler. Interpréter. Rythmer le pas, le souffle, l’écriture. Peindre les couleurs autour de moi, transparence de l’aquarelle, éclats du pastel, force de la peinture à l’huile. Transposer en musique, en écriture. Nourritures terrestres. Symphonie pastorale. Et je pars marcher sur les chemins de la campagne pour me calmer, me ressourcer. Là, les pensées affluent, s’emballent, cascadent, simple filet d’eau ou chutes du Niagara, elles coulent, elles débordent, il faut les suivre, les arrêter, les capturer, les noter, enfin ! Et pfft, elles sont parties, ce sont toujours les premiers mots qui sont les meilleurs, les premières phrases qui émerveillent…et qui se perdent dans l’attente. Impossible de les noter en chemin, ni carnet ni enregistreur, coupeurs de rythme, mes pas se désaccordent. Pas de musique pour accompagner mes pensées. Même pas les notes bleues de Chopin. Même pas les envolées rose bonbon de Johann Strauss. L’envol des valses sous les lumières. Pas de musique. Juste la mienne. Celle qui est dans ma tête. Le son des mots, le rythme des phrases, la mélodie qui se crée, qui ondule. L’image qui surgit. Qui déferle. Qui m’emporte. Immersion. N’importe où, quand je me sens bien. Dans le train, encapsulée dans le siège. Allongée dans une chaise-longue sous un parasol, près de la piscine bleue. Dans une salle d’attente. Sur un petit coin de mon bureau, avec mon ordinateur portable qui reste pourtant toujours à sa place, mais avec du soleil par la fenêtre ou des flots de lumière autour de moi. Avec les senteurs de l’eau de lavande. Avec la femme de Dali sur le mur qui regarde par la fenêtre. Envie d’évasion. Concentre-toi, ne regarde pas dehors, ni la fenêtre de Dali. Respire la lavande. C’est bon. Immersion. Je plonge, je nage, je brasse, je flotte, les mots émergent, les phrases s’alignent, crayon et papier, écran et clavier, tout le reste a sombré autour de moi, l’image jaillit, fontaine de vie, de jouvence, il n’y a plus d’âge, le temps n’existe plus…Point final. Qui ponctue la phrase. Qui ferme le texte. Mais aussi des points de suspension…qui accompagnent plus loin…font rêver…promettent…

proposition n° 6

Une bougie. Rouge.Une bougie rouge. Mince. Droite. Scellée au fond d’un verre rond transparent. Collée au fond du verre avec la cire rouge fondue par la chaleur de la flamme. La bougie rouge sur le rebord de la fenêtre. La flamme qui danse dans le vent, baisse, se rallume, consume la mèche blanche qui devient noire. Cendres. La flamme qui chauffe, qui se mire dans les vitres, se multiplie, renvoie les lueurs, crée des réseaux d’étoiles sur les murs, sur le plafond, danse avec l’air qui passe, avec le souffle taquin. La flamme qui jaillit de la cire en jaune, orange, blanc et rouge, en filaments, en drapeaux, en colonne pointue, qui fait fondre la cire rouge en larmes épaisses, qui crée un cratère autour de la mèche, un creux où s’amasse la cire liquide, une petite mare de cire liquide. Rouge. Amour, amitié, joie. Fierté aussi. Orgueil parfois. Rouge. Une bougie, rouge aussi, au pied d’une stèle, léchant la pierre grise, éclairant un nom, une photo. Souvenir, compassion, regrets. Regrets éternels. Une bougie rouge comme sur les couronnes d’avent en sapin odorant, quatre bougies dont les lueurs caressent le visage des enfants qui attendent l’arbre de Noël, lui aussi orné de bougies. Une bougie rouge comme les cierges dans les églises offertes aux Saints avec un voeu pieux, protégez-nous, priez pour nous, merci pour tout. Et une bougie blanche ? Blanche, droite, haute, décorée parfois de pourpre ou d’or. Pour l’innocence, pour le baptême, la communion, le mariage, l’élégance. Est-ce que l’odeur de la bougie blanche ressemble à celle de la bougie rouge ? Pureté de la blanche contre passion de la rouge ? Senteur du lys ou parfum de thé, de rose, de cannelle, d’ylang-ylang ?... Et la bougie blanche toute simple, achetée par douzaines, pour servir, simplement. Kellerkerzen, les bougies pour la cave, d’autrefois. Aujourd’hui, il y a l’électricité. Ou la torche. On descend dans la cave sans réfléchir, il y a toujours la lumière. Sauf quand il y a coupure de courant. Ou que les piles de la torche ont lâché. Alors on retrouve les bougies blanches, droites, simples, longues, qui durent. Utiles. Comme les bougies d’anniversaires. Utiles aussi, pour marquer l’événement. Multicolores, fête, gaîté. Petites les bougies, mais en grand nombre sur le gâteau. Qu’il faut souffler. Il faut le gâteau, il faut les bougies, c’est aussi important que les cadeaux. Fête. Souvenirs aussi. Souvenir. Se souvenir. De toi, de lui et d’elle. De nous, de ce que nous avons vécu. De ce qui aurait encore pu être. Pleurer ou sourire. La bougie rouge sur le rebord de la fenêtre brûle le coeur, les yeux et les larmes, les regrets du passé. Purifie. Nettoie l’âme comme un coup de vent peut le faire. Remet sur les rails de la vie, rallume les envies de joie et de fête. L’envie de bonheur.

proposition n° 5

Emma s’appuie sur le rebord de la fenêtre. Elle est seule dans la vaste cuisine. Pour l’instant. Un instant de répit, avant de repartir vers la foule d’amis. Elle est contente, la fête est réussie. Dehors le soleil couchant rougit l’horizon, le chant entêtant des cigales fait vibrer l’air du soir, le rosier jaune tendre devant la fenêtre exhale son parfum de vanille et de cannelle. Elle s’attarde. Respire. Se détend. L’année dernière, Maman était encore là. Elle me manque. C’est allé trop vite, je n’ai pas réalisé. Il y avait tant de choses...Le fauteuil là-haut, sur la terrasse...Elle aimait ces pins...les fleurs...nos fêtes, elle aimait rire, faire des gâteaux avec les filles, inventer des recettes, marcher dans les vignes...Emma se recueille, se souvient. Dehors les musiciens démarrent une musique swing, toute joyeuse, des pas dansants font crisser le gravier blanc, cascades de rires cristallins, chuchotements discrets ...elle entend... écoute...un peu...un appel joyeux, des salutations bruyantes, des voix qui s’entrecroisent... nous venons d’ d’arriver, belle ambiance...comme tous les ans...jolie décoration, ces ballons mauves qui flottent au dessus des lavandes, elle a du goût, le buffet superbe, le vin...je les croyais partis cette année, depuis que Mado n’est plus là, ils sont libres de faire...avant, toujours attachés, toujours obligés, ils auraient pu la mettre dans une maison de retraite, il y en a des très convenables, elle n’a pas voulu...non, Emma, elle préférait la garder à la maison...Mado non plus ne voulait pas partir, ça aurait pourtant été plus facile pour la famille, toujours présents, soigner, l’angoisse, les obligations, les contraintes...vous croyez, ils étaient peut-être contents d’être ensemble, jusqu’au bout, vous parlez, vous ne savez pas...si, si, je les ai vus aux printemps, il devait prendre un poste à l’étranger, ils étaient coincés, pas moyen de partir, il est parti tout seul, dangereux, ça, pour un couple, bon, ils sont toujours ensemble, tant mieux...mais alors, vous ne savez pas, il est revenu, et il va changer de métier, il restera ici pour s’installer dans les vignes, un banquier qui vire vigneron, ça fait bizarre, vous ne trouvez pas ?...alors c’est peut-être l’héritage qui lui permet de se lancer, il faut des fonds pour rentabiliser les vignobles...vous n’avez pas faim ? le buffet est là-bas, on a porté des bouteilles...goûtez ce vin, sublime, producteur de la région, oui, domaine réputé, ça l’a sûrement inspiré...les voix s’éloignent vers le buffet près de la piscine...
Je regarde Emma encore accoudée à la fenêtre. Les yeux pleins de chagrin, elle me renvoie un sourire ironique. Laisse faire !...ce ne sont pas des amis...les gens parlent sans savoir, ils parlent sans réfléchir, ils se donnent de l’importance...ils ne connaissent pas notre vie, ils sont venus pour le buffet de fête, ils repartiront...ils ne comptent pas. Sur la terrasse, l’harmonica égrène les premières notes d’une mélodie familière, Beethoven, l’hymne à la joie, à l’amitié, à la fête. Emma chantonne. Tu vois, c’est ça qui est important...vivre intensément le présent...Elle lève son verre de vin, le liquide rouge flamboie dans la lueur de la bougie posée sur le rebord de la fenêtre...A nous et à ceux que nous aimons !

proposition n° 4

C’est l’été dans le Midi de la France. C’est la fête de l’été, comme tous les ans. Une rencontre de famille, d’amitié. Au solstice de l’été. Dans la chaleur du midi. Sur une colline, un ancien domaine de vignerons, une vieille demeure toute en pierres, retapée, remise au goût du jour. Une terrasse ombragée par des pins centenaires. Un sentier accompagné par des rangées de lavandes et de lauriers roses qui aboutit à la piscine. Des cris de joies, des rires d’enfants. Sauts et éclaboussures. Des bancs, des murets. Un coin de grillade. Au delà des murets, des coteaux couverts de vignes, de cyprès et d’oliviers. Le crissement intense des cigales. Entêtant. Assourdissant. Des ballons accrochés aux arbres dansent dans l’air du soir. Sur la terrasse, les musiciens préparent leurs instruments sous les guirlandes d’ampoules multicolores. Accords de guitare, notes traînantes d’un harmonica mélancolique, bourdonnements discrets de la batterie. Assises sur les marches basses, trois jeunes filles enlacées échangent leurs secrets en chuchotant. Les invités se groupent devant les bouteilles de vins alignées sur la table à tréteaux le long du mur de la maison, les verres tintent déjà annonçant la fête. Assiettes empilées, couverts debout dans des pots en grès, plats remplis à ras bord de pâtés, de canapés, de salades, de quiches, de verrines. Couleurs. Senteurs. Agitation autour de la porte d’entrée, embrassades, exclamations, bousculades amicales.
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Au bord de la terrasse, un vieux fauteuil. Tout seul, sous le vieux magnolia. Vide. Vide cette année. L’image de Mado monte en moi, me submerge. Mado assise ici encore l’été dernier. Assise raide, toute droite. Du mal à se lever, du mal à marcher, à parler. Tétanisée par la maladie. Volontaire, mais impuissante. La main tremblait, renversant le liquide ambré dans le verre de cristal. La voix s’éteignait, cherchant les mots et le souffle. Seuls les yeux noirs avaient de la force, bougeaient, papillonnaient, regard à droite, regard à gauche, comme si elle voulait encore maîtriser les événements, comme si elle pouvait encore diriger la maison, elle, la femme forte, le pilier de la maison et de la famille.

Et soudain surgit en moi l’image de ma mère, terrassée par la même maladie, loin d’ici, dans une chambre, étendue sur un lit médical, tubes d’acier et matelas blanc. Immobile. De grands yeux angoissés. Seuls ces yeux gris, inquiets, continuent à vivre dans ce visage émacié, dans ce corps squelettique. Interrogeant douloureusement. Comment reconnaître dans cette gisante la femme qu ’elle avait été ? Quand est-ce que les tremblements avaient commencé ? Les mains, les doigts si agiles, s’agitaient contre sa volonté. Manger la soupe avec la cuillère devenait une épreuve, le liquide se perdait avant d’arriver aux lèvres. On ressentait un besoin impératif d’aider, de se précipiter pour tenir, guider, mais il fallait respecter ses efforts, elle voulait se battre contre la maladie. Cette femme pleine d’énergie, toujours en mouvement, avait du mal à lever les jambes, elle avançait avec précaution pour ne pas tomber, pour ne pas se faire mal, pour ne pas gêner les autres. Puis un jour, elle ne se levait plus de son fauteuil. Les jambes gonflaient, les mains se décharnaient. Elle se rappelait moins bien les choses, les yeux se perdaient parfois au loin. Elle reconnaissait les enfants, les petits-enfants, mais c’était un tel effort, elle cherchait, hésitait... Au bout d’une vie maîtrisée avec énergie et amour, l’abandon obligé. La fuite. La démission. Puis la fin, le néant. Qu’est-ce qui reste ?

Ecrire. Ecrire pour qui ? Ou pourquoi ? Pour conjurer le vide ? Pour retracer leur vie, leur amour, leur chagrin, leur souffrance ? Pour imprimer le souvenir avant qu’il se perde ? Des mots, des images, des invocations. Les lettres qu’on a échangées, les chansons qu’on a chantées, les fêtes qu’on a vécues avec intensité. Ecrire une vie. Raconter, redessiner. Maintenir un lien. Faire durer nos souvenirs. Revivre les émotions. Retenir les impressions. Graver. Garder. Pour mémoire.

proposition n° 3

Ce réveillon de Noël, il y tenait. Il avait invité toute la famille, enfants, petits-enfants et même son arrière-petit-enfant. Patriarche d’une tribu importante, il se sentait important lui-même. Ils seraient nombreux. Il fallait un menu conséquent. Des victuailles dignes de Noël. Huîtres, saumon, escargots, foie gras, puis la dinde, ou bien un gigot d’agneau, légumes, fromage, et la bûche de Noël longue comme le bras. La fête approchait. On a un problème...on est obligé...un enfant malade...une visite inattendue, il avait compris, la table serait beaucoup plus petite, mais on mangerait bien.

Ce réveillon de Noël, il y tenait. Le temps passait trop vite, il fallait le retenir. Moins de convives, mais il fallait faire les choses dans les règles, vaisselle blanche, nappe blanche, guirlandes et bougies comme sa femme aimait faire quand elle était encore de ce monde. Un menu digne de Noël. Traditionnel. Impossible de venir, empêchement majeur. Grève de train, on ne viendra pas. Une belle table pour rien.

Ce réveillon de Noël, il y tenait encore, envers et contre les éléments défavorables. Il allait inviter la voisine. Elle était seule, lui aussi, ils pourraient unir leurs solitudes. Oui, elle apporterait la bûche. Non, finalement, elle était invitée ailleurs, une autre fois, c’est pas grave.

Ce réveillon de Noël, en fin de compte, pour lui tout seul, c’était trop. Le coeur n’y était plus. Le menu était vite trouvé, un bon bol de bouillon, ou alors un aigo boulido, et puis il irait se coucher. Un soir comme tous les soirs de l’année.

proposition n° 3 bis

Selon l’histoire, Pâris, prince troyen, enleva Hélène, reine de Sparte, et s’attira ainsi les foudres du roi Ménélas criant vengeance et déclenchant la guerre de Troie pour laver son honneur.

Selon une autre source, Pâris aurait été prêt à rendre Hélène à Ménélas, mais celui-ci, se sentant insulté et outragé, ne renonça pas à se venger par les armes et à envahir la ville de Troie.

Selon un écrit plus récent, le prince troyen Hector et le Grec Ulysse auraient essayé de négocier avec les parties concernées pour empêcher une guerre effroyable ayant pour but de détruire la ville de Troie. Les Dieux de l’Olympe et les héros grecs rusèrent contre les bonnes volontés et tous ces grains de sable grippèrent les roues du destin.

Selon certains historiens, l’enlèvement n’aurait été qu’un prétexte fallacieux pour accroître le pouvoir de Sparte et pour acquérir des richesses et de l’or.

Dans tous les cas, il semble que c’est à cette époque que serait né le cri : "Faites l’amour, pas la guerre !"

proposition n° 2

RLS était seul. Désemparé. Séparé de sa chère compagne qui était partie loin, au-delà des mers, peut-être pour toujours. Il était jeune, il fallait se ressaisir. Réagir. Marcher. Marcher ailleurs. Voir d’autres pays, d’autres gens, d’autres paysages. Partir pour marcher dans la Cévenne profonde, pour apprendre les gens, les coutumes, les religions. Il préparait soigneusement itinéraire et équipement, acheta une ânesse pour l’accompagner dans son voyage qu’il espérait maîtriser en vingt jours bien comptés, et partit un matin de bonne heure sur les chemins. Après quelques nuits passées dans des auberges inconfortables et enfumées, il préféra choisir un gîte dans la nature, à l’air libre, dans les senteurs de la forêt. Il chercha un endroit retiré pour sa nuit à la belle étoile et la trouva à l’orée d’une clairière. Il y étala son sacs de couchage bâché et rempli de laine de mouton sous des rameaux de pins protecteurs. Sa couche exhalait des odeurs acres, terreuses et suaves à la fois. La lune était haut dans le ciel, ronde, blanche, et éclairait le paysage d’une lumière laiteuse, nacrée. Il pensait à sa mie qui lui manquait douloureusement.

Soudain, la lune se met à flotter, à voyager, elle avance vers la forêt de pins, c’est un ballon blanc qui vole vers lui, il ressemble au ballon de Monsieur Montgolfier, ce ballon géant qui permet de prendre les airs, RLS l’a vu du côté de Paris. "Il me semble que c’est le même guide qui conduit la nacelle." Il se demande bien d’où il vient et pourquoi il s’est égaré dans cette forêt. "Mais c’est ma chère Fanny, que je vois accoudée à la nacelle à corde, elle me fait signe avec son mouchoir blanc, ne te penche pas, tu vas tomber !" Et il se sent porté par le vent vers elle, porté vers le haut, il est dans la nacelle, vole avec elle sous ce ballon géant qui avance avec la brise de la nuit, survole le chemin qu’il pensait emprunter demain, qu’importe, Fanny est là, elle est revenue, le paysage défile.... vallées encaissées, chaînes de crêtes, ponts en pierre enjambant des ruisseaux mutins et sautillants, forêts de pins, éboulis de rochers, chaos granitiques, landes violettes de bruyère en fleur, feuillus dorés de soleil, comme c’est bizarre, il fait jour, c’est un beau jour d’ automne. Le ballon plonge dans l’histoire, assemblées religieuses sur les cans, poursuites sanglantes, royalistes, catholiques, protestants entremêlés, chemises blanches contre uniformes et soutanes, le ballon remonte, prend de la distance, RLS est tout en souffrance par ce qu’il vient de voir, il cherchait pourtant à connaître ces épisodes sombres du pays cévenol, passion et effroi, il halète, tremble, respire enfin en retrouvant Fanny dans ses bras, la serre très fort, "je ne te lâcherai plus !"... et elle s’envole comme une colombe blanche, sa robe battant des ailes, ses ballerines rouges pointant au soleil naissant sur des rails blancs dans le ciel. Ciel qui s’éclaire à l’est, qui se teinte de rose, il sent le soleil sur ses paupières lourdes d’avoir mal dormi, un cri de coq, ses yeux s’ouvrent avec peine, il cherche encore le ballon, il cherche surtout avec désespoir sa mie disparue, retrouve la clairière, son paquetage et son ânesse qui broute tranquillement quelques herbes. Hébété, perdu, il se lève, ramasse ses bagages et reprend son chemin avec l’ânesse comme seule compagne de voyage.

proposition n° 1

Elle est ancrée dans ce tableau, accoudée au bord de la fenêtre, encadrée par les montants à carreaux, les rideaux couleur bleu-gris-vert, les vitres carrées reflétant des maisons. Elle regarde un paysage serein qui s’étend devant elle, d’une platitude paisible. De l’eau, des vagues, un petit voilier, sur la rive d’en face s’étirent des murets, s’alignent des arbustes. Au-dessus le ciel bleu pâle, calme. Elle a posé son chiffon à côté d’elle, appuie ses coudes, tranquillement, on dirait qu’elle flâne en restant penchée sur le bord de cette ouverture. Elle regarde. Se repose. Ou rêve ? Rêve de voyage au dessus des nuages ? Rêve de voler avec le vent, avec les oiseaux ? Rêve d’évasion, de liberté ? Rêve d’une âme soeur qui l’attend de l’autre côté de l’eau ? Moment de solitude. Mélancolie. Ou méditation ?

Un pont en pierres taillées, couleur sable, ocre, il enjambe, enlace avec cinq arches gothiques la rivière et ses rives. L’eau coule, court, saute, tourbillonne. Regardez sous le pont comme elle bat contre les piliers, comme elle fouette les pierres. Regardez d’où elle descend, cette rivière, des prés, des collines, plus loin des rochers, des éboulis, des landes et des tourbières, plus haut la montagne. La source a jailli tout là-haut, sous un pont, déjà, un pont simple à une seule arche ronde, l’eau ne prend pas encore de l’ampleur, elle coule tranquillement, transparente. Elle descend, se nourrit des sources et des pluies et emporte avec elle les truites, les mousses et les galets. Dans la vallée, elle s’étale, elle se resserre dans les gorges profondes, elle prend ses aises dans les paysages riants. Descend par les plaines de vignobles, vers l’océan, le soleil couchant, vers l’infini.

Une rangée de ballons flottant dans le vent. Des ballons couleur pastel attachés par les fils aux arbustes qui montrent le chemin. Des ballons de fête qui dansent dans l’air du matin, abandonnés après une nuit animée.

Chaud le sable qui brûle les semelles, qui construit la montagne, qui ruisselle entre mes doigts, qui voyage avec le vent, qui se repose avec le temps, chaud le coeur quand je surplombe la mer dorée, quand je contemple l’infini, quand les talons martèlent la descente, quand le sable coule sous la course effrénée, quand la pente se réveille, se plaint, bourdonne, j’écoute la prière de la dune qui chante.

Un sentier qui part...un champ de blé doré, de bleuets et de coquelicots juste avant la moisson, un enclos de lavande qui explose de joie au soleil et répand ses arômes puissants, un coin de garrigue aux parfums acres de thym et de sarriette, un zeste de citron sur la langue, amertume acidulée, tintements de cloches lointaines, sons d’un piano qui perlent dans l’air comme des rires d’enfants, au loin la mer, toujours recommencée, vagues déferlantes ondulant avec majesté et impatience, l’horizon se perd dans un ciel infini, deux silhouettes enlacées regardant droit vers le soleil. Impressions. Force et douceur, senteurs et couleurs,. Impressions. Le chat aux yeux bleus, au poil majestueux, qui ronronne aux caresses, le livre posé sur la table qui attend, le bouton de rose qui s’ouvre au premier soleil, la tablée de la famille nombreuse qui se retrouve sous l’arbre protecteur au feuillage cuivré. Impressions. Images qui déferlent. Qui tournent, s’entremêlent. Choisir. Ou pas ? Puzzle dans la tête, dans la vie, touches et pointillés. Peinture indéfinie. Kaléidoscope. La roue tourne...de plus en plus vite...



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1ère mise en ligne 28 décembre 2018 et dernière modification le 8 mars 2019.
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