Marine Vassort | Et où réel

du nom donné aux choses / un peu moins / ou le contraire

un autre texte de la revue, au hasard :
Gwen Denieul | Au bord de l’effacement
L’AUTEUR

Marine Vassort vit dans le sud-est de la France, elle écrit de la poésie, du théâtre, des récits, et anime des ateliers d’écriture : la-lieuse.org/, son site
marinevassort.blogspot.fr/.

Elle a publié :
- Brûleuses, carnet tangérois, carnet de voyage, ebook, juillet 2011, éd. La Lieuse.
- Entre deux chaises, théâtre, décembre 2010, éd. Passage & Co.
- Paroles d’errance, récits, 2006, éd. P’tits Papiers.

Ainsi que plusieurs textes dans des revues de poésie.

LE TEXTE

« Et où réel » est un texte en prose poétique qui ne raconte pas d’histoire et ne possède pas de personnages. « Et où réel » est un texte légèrement halluciné qui explore les frontières de la réalité et expérimente, à travers les objets du quotidien, quelques mouvements de conscience.

 

&

Le beau et jamais finir ajoute l’expérience et perdure heures de matinée en abreuvoir soirée et transforme la minuscule en jet foison sans anxiété et permet semis de vacuités et déluge d’ajouts.

Des éphémères fulgurants, fluorescents, disjonctent ce dimanche, jaillissent de l’évier, en voix de grelots dans l’hémisphère droit. Le cerveau sur l’étagère de la cuisine est un golfeur joufflu de bois peint, un affreux nain d’une brocante éternelle. Dans nos verres, nous crachons et crions cette flamme, une seule pour soi à soi hirsute, une fois qu’à vivre passe trop vite sinon sève, entrain dans nos canons, nous décousons l’autobiographie, verve.

Si proches des containers fuient

Leurs carapaces fendues libèrent de maladifs cachalots
Des macaques et calamars colimaçonnent nos consciences

Croassement

Ouverture de la conscience, élargissement, extension. L’effervescence. Profusion de la conscience, élévation, tournoiement. Divagations, circonvolutions. Éblouissement de la conscience, scintillement. Les radiations. Apparition, dévoilement, accroissement. Percements de la conscience, stagnation. Nos aveuglements. Tergiversations de la conscience, négation. Égarement. Oblitération de la conscience, atténuements. Morcellement de la conscience, tremblements. Affolement. Spéculation. Manipulation de la conscience, projections, errements. L’érosion. Privation. Dépassement de la conscience, génuflexions, aboiements. Élucidations, déviations, émancipation de la conscience. Profusion, séparation. Abondance de la conscience.

Jactance

&

Ce jour par la fenêtre l’arbre tordu reflète la vitre d’osier blanc dépassé des ans se balançant de chaleur carré de terre et d’épines rouges dans le pot mer sphères arides ne produisant que peu de fleurs et tout l’élan vers l’après-bourgeon du bourdonnement épineux et les pièces sur le buffet certaines glaces tachetées derrière une main avancée et décidée figure triforme dans la bouilloire près de la mouche permutant les ailes moins que souffle entrant dans les murs et dans coins et recoins et plafonds et derrière toiles tissées au rythme de la mauvaise herbe et rupture de cette fibre gingembre issue du bac frais capture tranche de patte du roux canin et morceau d’un journal réfrigéré, cette chaise pieuse sans foi pour le sac à pain rance chevauchée d’hybrides et découpe des rayons flottants courant en bleu de travail à accrocher en tablier et gousses d’ail en poids sur la balance au-delà du carreau bande marron d’une pollution banale poussière sur les muscles allongés bulles de bière dans les ciseaux élançant vers cet oiseau sans nom l’absurde des barrières dépassant les bulbes sorcières dans le tiroir dort un éventail ronflement sourd de l’animal en sieste et lièvre dans un chaos de briques.

Ce jour
le nombril du ciel
nombril de terre

Une brume plombe le ciel qui ment d’un sorbet sans cristaux. Le magnolia froussit jaune mousse isolante. La brouette rouillée est sur un flanc. L’abricotier protège les repos de la caillasse. Le fenouil se tire géant fluide de l’argile. Plomb embrume. Le lourd jour gris et vert. Il va pleuvoir peut-être. Cet arbre n’est qu’un squelette. Il va fondre peut-être ce vendredi vain. Il s’épluchera en vol d’épis gasoil, d’agrumes, d’un claquement, ce jour de caisse en bois, le jour de l’ardoise trémière.

 

&

Le mur et la rue et l’allée détrempés l’intérieur glacial seul et le coffre et la veste et les souliers secs sauvés et l’éclair et la vapeur grisâtre habillant les buttes et les mottes en un encore plus blanc où se tordent les rêves d’une nuit derrière et les bottes et les bouées serrant les façades des ruelles cheminant suite au cours et l’ennui du sur place écho de journées entières de pluie si pleine de la peine des nuages abreuvant le désir d’action figé en plan et l’accalmie dévoile les flaques le ralenti de certaines gouttes la fin des averses les perles les larmes des branches et cette morve sur les pierres peut-être une mouche sous l’oreille l’enfant court et l’oiseau reprend la fougue de l’épervier du colibri absent et l’inspection des feuilles aux rigoles et gouttières et tranchées de pont tout s’écoule tout se met à sécher tout est à la reconquête colorée aux boutures de son et la pluie maintenant se rejoue maintenant dans le noir en trombes on se prend à penser à l’extrême arrêt des précipitations à chérir l’assèchement.

Dans l’esprit bruit de pluie.

L’esprit pluie dans le bruit est un crève maintenant tout ce qu’il y a à repartir ailleurs et à ne pas se remédier d’être ce qu’on est comme on se connait sur la tranche simple tranche rangée dans une bibliothèque de 7 milliards nés d’un livre ou de l’histoire à 18 heures le bruit de pluie alors que le corps veut se rendre ailleurs quelques dizaines de kilomètres que l’esprit refuse il préfère entendre le bruit pluie en un sabordage solitaire ce bruit stoppant le déroulement avec sa prétention d’éternel et tout ce gris tapis intérieur et hors à croire que la forme au fond de la vallée haute est à l’étouffée à se prendre pour une montagne alors qu’elle est ciel la confusion des profondeurs dans l’esprit où la pluie unifie.

Sur le bord des routes, ces couronnes placées en souvenir des morts.

 

&
Les êtres grisés
désirent que leur présence s’atténue
désirent sortir des réalités
vers les restes
et cette miette.

Passer le balai sur les dalles de pierre en tapis de froide douceur, dans les joints se séduire de ce factice nettoyage, en instinct sublunaire s’ébattre de flotte pouacre, quart et quart se balayer accord et encore, rien que peu dans les manches de cet accoutrement matinal et collant, baisser le buste prétendant aux naissances, balancer poignets en subalterne, élire les secs avancements des coudes, faire le geste roturier avant d’écrire au sol le vivre pavage, acter sans coiffure acter l’abc, bredouiller l’époussette, tête de loup seule sur le cailloutage

vadrouiller.

Longue heure s’absente et robe grise de robe serre, fatigue rapetisse de la voisine à radio forte trop comme un kidnappé par delà les murs, il faut accepte les enchaînements bruissants et le gosse oh cri durant les tubes en chaîne, il faut pire de ne pas répondre silence et silence au cas de la famille haute sans dort, il faut la voir à l’embrasure de la rue de la porte quand le gosse jette ballon contre la rampe et sourit, il faut faire brève la passante attention et remercier l’arrêt du défilé de house, on aime les choses qui n’arrivent pas, le bazar d’illusions, dans une voiture vision d’un coup de poing sur un coussin de plastique ou de caoutchouc comme le signe qui dit non à quoi de non le geste se répète s’amortit et pas de bruit un mot peut-être un mot histoire fin de l’empathie et plus grande taille au lyrisme de ce point qui ne tient ou n’affirme aucune revendication et le mot lucidité
       appuie.

 

&

Tout, tout ça les serments, les coupes, la bruyère, sans cauchemar le piaillement, l’étourdi, le tourneau, d’une promesse, tout ça le fluet, la pomme, le yucca, la griffe, dépliée, toute l’herbe le fourmillement continuel, layette d’un ciel, les départs percent, tout ça les paroles en famine et là assise manifeste, tout là le cyprès, la mauve, la visse, l’attache des repousses, tout ici le fumier marrée d’vies.

Saisie noire de chaises aux anses de cuivre et cercle sombre sur la table marquetée proche d’une plante cornichon qui s’étire sans excuse aux objets là où quelqu’un les a posés et tube de crème pour le maintien du buste et collier de boules près d’un sèche-cheveux animaux miniatures la girafe accolée à une pochette de 45 tours avec ce visage reconnaissance d’une certaine contrée et cet alcool tue même les reins le mal passe encore les deux plumes d’aigle autour de l’ampoule qui auraient aimé vivre au bord d’une mer et non dominant des flacons de shampoing dans cette bien nommée la défaite.

 

&

Escalier pigmenté certes dos de pintade des marches où j’ai chuté sur le coccyx fixant les battants brun de l’unique fenêtre de la cuisine et escalier de bois dans le soir noir gravir jusqu’au matelas oubliant le voltaire campagnard où squattait l’homme flou et vapeur fantomatique signalant une présence où escalier acheminant ce solitaire plus que précieuse pierre, féconds allers et venues pour déranger le mental centre l’escalier mortadelle d’écorces des murs je vous vide, qui me contiendra, ce que je repars ne reviendra pas les auréoles de suie les brumes aux coins, ce que je m’en vais ne me reviendra pas où la maison à sa source puisée et connectée d’avenir sur une porte de placard où cet étrange éternisé en noeuds de chêne terrasse d’en prière quand je pars que me laisse ?

J’aurai pu siéger des lustres dans la cave aux rideaux vert jamais franchis et la vie de spectateur sous l’entrée aux percées sur le toit et cette paix de reviens au réveil à chaque éclos lieu glycine et nuage en paupière de colline la clef me laisse au monde pour camper intrinsèque brillance maison j’abandonne et dans l’intérieur espace te verrais-je jusqu’au dernier guéri des blesses en blesse ravi scaphandre jeux d’esprit à murmurer l’irréel aux lobes et sur les pavés en ta chaux je me dépars où va loger l’apprise vacuité ? Où ? Puis jurer qu’en cartons elle embarquera sans sortir.

Ces cartons l’un sans l’autre tableau où se regarde un chapeau cocotte turquoise au couvercle arrondi bleue cette bouteille et des verres de limonade dans la cour d’une maison de campagne lampe de cuivre allumée de porcelaine fils rejoignant les prises grains de riz noircis sur un tapis d’orthogonales arabesques et coussins et coussins ces paniers d’osier où pourrait tomber la cucurbitacée et les tiroirs des choses sans nécessité assoiffé thermos et trois oranges le déclic du réfrigérateur plateau d’acier nauséabond amas durant une vie se range et dérange s’empaquette et quatre tuyaux contre le profil d’une pierre apparente et niche creusée où repose momifié un nid de guêpes maçonnes, la fonte d’une théière tel un noir galactique et tous ses reflets habitant au domicile que si la tête s’embarque le réel proche d’une dissolution à cause du corps veineux et doigts travaillent l’être à identités multiples ne se reconnaît plus face aux matières dures dont il s’entoure et ces soirées où vaisselle sèche et l’antenne radio comme une corne de taureau voisine d’un matelas se roule toutes les nuits d’hystérie qui sous-tendent ce possible ouvert drainant houle nouvelle dans un coffre à papiers.

Puis rien, puis tout et tout ce qui se fout de tout, de croire au matin à toutes les ressemblances, d’elles se séparer et regarder les dalles de la terrasse cachant la fondation et toute l’ardeur à se tenir debout sûre avec l’inassouvi dans l’esprit de la pulsion à la mesure, du départagé.

 

&

Ce sont des murs qui
se voient
avec morceaux de ciel
la maison grotte ou caverne
a des faïences et des souris.
Dépeindre
est le mot à
conserver
ajustant l’intérieur.

L’observe
n’est pas j’observe
mais contient lien
l’ob rien
au rythme de la respiration, le stylo approche, éloigne
un carnet sur le plexus

Contempler
un abri aux volets rouge
une centrale thermique
un repas où sont attablées personnes

Cet homme au coeur trop gros.

++++

du nom donné aux choses
un peu moins
ou le contraire.

Carnet jonché sur les tâches du parquet et pieds éloignés du dos courbé, minuscules rejets de l’habitacle, la patience où prévoir une douce analyse du prochain à venir et l’espoir cimenté des sols à parcourir où se poser où habiter ou dépouiller l’accumulation des meubles et objets et ce savoir finissant déni de possession ou titre de propriété et cet avoir sans couture démaillé, petite trouille salvatrice sortie d’habitude à dézinguer la volonté de pouvoir, à brouiller l’influence des rayons et manifeste juste manifeste d’être sans cumul et la tige de la pomme à tourner jusqu’au trognon pariant sur le hasard d’un magique soupçon la lettre, va t’en torsade et sourire car laisser les emballages ou polluer et alourdir l’individu ici parmi les mémoires ici stratifiées ou écloses inaperçues nées déjà tapissées ou tissées d’autres inconnus presque héritées du flou transmises pages cornées et chenets cause aux flammes majesté du couloir sur la pointe taiseuse.

Quasiment la présence affleure en démence, la soif perle alterne désolée de la marche à suivre, tout est en place parce que déplacé et la maison résonne encore des humains remplisseurs de vide, l’unique mouvement serait remplir évider.

Une fourmi traverse la page puis rejoint la table.

Élaborer des boîtes pour qu’elles contiennent allumettes ou coffrets aux malles, moitié de vie a passé pour l’être penché dans les rectangles à bourrer superposer organiser et cette salive envolée à l’image des mitons sous les pieds des buffets, le lieu est l’enveloppe du vide où longtemps s’est égaré le sauvage ayant quitté le figuier son lait, le néflier sa rugosité, alors je montais aux arbres, ils me tenaient à et tandis que j’assemble contre les murs les boîtes je sais qu’au bout d’une ficelle se situe un autre bout, en vertige.

Les chaussures ou les chaussons
la mort aux mollets
tirant le scotch lissant des doigts
perdue
parmi chiffons et denrées.

Stries de terre, de neige
Le réel tient dans ce qu’il est

Feu               Flux.

Le sarment brûle, la chaleur se propage, un rythme dans la pièce et l’écoute des braises, état avant la cendre à même la pierre, bout cramé loin de la bouche, le temps crayeux s’étale, là le juste et bon, dans un fond de tasse où le rond est partout jusqu’aux sinuosités de l’esprit aux bras du corps où l’infini a deux ventres s’ouvre, rejoint, reflux de vifs germes

Le temps de grêle
absorbé, aimé présent
(ou adoré)

dépouille ou vivant

chemin non pas étroit de neige, crack et crack, d’où vient le paradis à ce qu’on dit il est ailleurs, chemin ou bien compact note si concentrée qu’elle est une expansion où la parade du regard villégiature sur les flocons en bourgeons où enchanteresse intempérie assourdies congères, ici les herbes couvertes d’un manteau jusqu’au front laissant hampes trempées, papules à lancer et blanches spumes, où le lieu n’est pas un enclos mais un en ouvert,

froid des trapèzes et phalanges jusqu’à l’auriculaire.

++++

réel

canal
sous les bruits
mêlés

la sidération.

Corps qu’est-ce que c’est ça ?

Les négatifs telles des zones d’ombres où peu à peu visant l’éclipse s’allume le clair, ces vagues de géant provoquant la suée physique, les rayons, les quadrillés, les aspirations, points et scintillements, ce tout défile, les cellules sont de même nature, est-ce l’inverse ?

Qu’est-ce que c’est corps ?

Les visions remplies de lumières, cette peur circulant dans la sueur, un négatif soi, les angoisses transcendées en cercles et fusées, l’hypnotique, cet éphémère dans les buissons d’un délire nocturne jusqu’à l’électrique bleutée, pléiades, traînées et artifices. De brillantes graines nettoient les organes. Tousse les Perséides, crache organcies, une neige de filaments atomiques, l’averse cométaire.

Qu’est-ce réel ?

La coma, un balbutiement
en supervent, la matière noire jusqu’au persan

bleu nuit

l’unicité

Est-ce réel ?

 

&

Un arbre fruitier effeuillé devant un pin vert immense hiver
Là ça
Derrière les branches décharnées
L’abondance d’une forme
Se prolongent dénuement et foisonnement se superposent.

Le soleil suit la part pudique des coteaux baignant l’intérieur d’un rosé ou d’un rouge dilué, d’un mauve orangé, projection de l’ombre de la terre sur l’atmosphère.

Rien à détruire, la différence, les colères, l’altérité, les jeux, le tempo bien organique, les écarts, sur les langues, particulières, le divers derrière, les vitres, tout à saisir d’avec le voir, mais pas seulement, l’équilibre du sourire, plus ne pèse, chahutent tourbillons en chacun, ça être coi de joliesse, d’une stupéfaction de soleil sur un plateau calcaire.

Attendre ce qui vient ou déjà attendre n’est plus être, ce qui est se cherche dans une lumière glacée à guetter l’action du temps, c’est bien calme, on dirait que rien ne bouge, les vignes chauves alignées sont plusieurs assemblées tournées vers le sud, la grâce d’un bout de terre où le regard peut aller laissant l’esprit à ses directives orgueilleuses et incendiaires, rarement il s’abandonne dans un plane vol, il se jette à tout va tel un pilleur puis souffre d’indigestes simagrées, de maladives mignardises.

 

&

L’anima
sans humain
silence
autour
se dilate
au-delà des paroles sont des corps qui sans cesse son

l’animal dort

j’écoute ce je peux silence

(avide)

à

le mimosa
en carafe
sèche
ses billes vives entre une bougie et de petits lys

jaunes.

L’applique se reflète sur le cadre d’une danseuse céleste, un bonnet d’évêque coexiste avec un ange de ciment, des miroirs ovales, carrés ou rectangulaires à confondre ce qui pourrait être des fenêtres, le mimosa sans eau dans ce que de neige est devenu glace ne se jette, il est sur la table aux chaises dépareillées, dans cette pièce celles et ceux qui ont meurtris une confiance reviennent pour une claque, un pardon, une girouette et ce bouffon de je s’interroge tactiquement, des bulbes lilium superbum effluve d’ondes.

 

&

Les foyers que j’ai connus ne sont pas celui où je suis ni le ciel d’où vient ma nuit, ce que des yeux jamais ne re-sera, si l’éternité sans reproduction même, alors l’instant immuable est ce réel d’un crochet se balançant et griffant le rebord, du mal à absorber la page, autour à peine se brise, un magma entre les doigts, d’un goutte à goutte, les laps inspirent un plurivers de chimie savonneuse.

J’explore réel, j’ai tout temps.

Mentalement, dans mes us et coutumes, ce temps est court, il est urgence, impétueux et angoissant. Il m’impose un devenir englué dans la croissance alors que est suite de est. Et s’enclenche la mécanique des éventuels et leurs imprévues baignées d’actions dans une imposture de « libre choix » suivies de conséquences apprêtées d’inconséquences.

Je reprends le regard sur la branche nue, le tourbillon léger, le frottement d’un piaf sur le fer. Je demeure sur la ligne à quoi y bien sauter se met en mouvement, se change, s’imparfait et se parfait, retentit apparemment séparé par les kilomètres et les longitudes. Je me fidèle à la certitude sans compréhension du chaotique agencement. Je me souffle de m’apercevoir sans moitié dedans et participant malgré le ratio et nos rations où ce que nous imaginons maintenant du demain fige en position.

Le temps de l’accomplissement n’est pas contemplation.

Je fixe une nuit les atomes éveillés
D’un seul air les lumières se déplaçant.

Je retire une lettre à mort, j’ai mot.

Un r
des mots pour se dire ensemble et ensemble rire d’un fol éclat par dessus nous
r retiré en absence réconciliée par delà les monts et les avenues

au-delà réel
où sont les faits ?

Je rajoute un r
mort(s)
ou
moiré(s)

des êtres
un seul r
vous êtes.

Vous maintenant, vous n’êtes pas réel(s), je prends vos bras, les lève, ça nous fait maintenant un invisible chapiteau où nous ne cessons de tourner cadencés sur un air de sans toit, d’arpenteurs de sable, de heurt blanc.

Mains tenant

un masque de riz
une gueule de rat
des rides en ronces
le vertige
ramier

sans r
lie
réel

 

&
Une femme aboie :
« Ne me piquez pas ! »

À ses pieds la chienne est couchée en soubresauts. Son ronflement rassure, il emplit d’une soudaine candeur où tout y est ainsi de tous les ronflements qui ont entouré de ouate les peurs. La chienne prend le fauteuil, les traces de ses pattes restent sur le cuir. Elle hume sous la porte, l’air aguichant son élan d’un tour ou d’une fugue dans le soir venu, elle est on ne sait où, au replat des oliviers, sur les pentes préhistoriques, à courser félins et autres nocturnes, deux faisans lâchés presque couchés trottent sous son nez, ils n’ont jamais appris à voler. La chienne a visité le lit, sa surface est vallonnée, de son long rêvant tout à côté.

Et toute à traverser le bien du mal les couleurs et plus rien, mais ça aller plus loin que le fixe, les boyaux et les rétines, presque capter l’intuitive silhouette se découpe plus sombre en façade qu’en son dos où vivent pappardelle d’autres animaux au développement vertical sentant en dessus et au-dessous, réel(s),

Explosif.



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1ère mise en ligne et dernière modification le 7 juillet 2013.
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