amis de l’ancienne littérature

faut-il multiplier ces initiatives ?


Depuis septembre, la priorité c’était publie.net, et pas mal de réorganisation ici, après l’année Québec. Donc plein de questions ces jours-ci sur réorganisation du site, et comment aussi mieux rassembler ces 5 ans d’archive, puisque c’est mon seul et unique paysage esthétique, pas de livre en cours.

Me balladant dans ces rubriques « fiction » de Tiers Livre, sans savoir si je dois les transférer vers la partie face B, ou si c’est c’est ce labo plus discret dans le site que je dois réinstaller ici, je retraverse cet article avec une photo prise dans une des Borders à New York, alors qu’ils viennent de déclarer leur bilan.

C’est ce texte que j’avais pris comme titre pour le recueil diffusé sur publie.net, et là aussi reprise envisagée, avec ce qu’appris depuis lors sur les epubs et les images.

 

Société des amis de l’ancienne littérature


La Société des amis de l’ancienne littérature (c’était le nom officiel) tenait à en conserver la coutume.

On retrouvait des récits de lecteurs : c’était un gage de prestige, dans certaines villes et certains temps, de disparaître plusieurs heures et, qui dans une chambre, qui dans un train, qui parfois même en pleine ville, sur un banc public, à une terrasse, de s’absorber dans une lecture sans flux. Donc on ne recevait rien : réellement, on n’était plus dans le flux. Les livres qui servaient à ces usages n’étaient pas aptes à recevoir le flux.

Nous avons, désormais, ces cabines hors flux. Nous avons appris combien il est bon, pour l’exercice mental, de se séparer du flux. Nous savons le faire sans le prétexte de mots qui surviennent encore, et sont évidemment la trace fossile d’un flux plus ancien : le voyage de Marco Polo raconté à son compagnon de cellule, lequel l’insère dans un livre et voyez, six cents après on lit toujours le même livre.

Nous savons ce avec quoi nous avons rompu. La bibliothèque est générale, et non plus confinée à ces anciens silos à livres. Vous y accédez par le flux. Le temps et les lieux sont dans le flux, par les images, par les documents.

Aussi, à cette conférence sur Marco Polo, dont le livre s’intitulait Livre des merveilles, comment s’étonner que la Société des amis de l’ancienne littérature n’ait rassemblé que si peu de monde ? Et que le conférencier, devant une assemblée aussi minime, ait préféré qu’on abrège.

On ne peut entretenir ce qui ne suppose pas qu’on l’entretienne. Les grandes icônes qu’ils mettent en valeur au-dessus de leurs estrades n’auraient-ils pas été, comme nous-mêmes, gens de flux, du grand flux ?

 


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 28 octobre 2008 et dernière modification le 18 janvier 2011
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