aujourd’hui je traverse la mer

un grand merci à tous les amis pour 12 ans de web, et... on continue


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 août 2009
merci aux 1892 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • C’est presque curieux que tu signales cela comme un cap ou un col, en t’adressant à tes amis internautes, tandis qu’internet est précisément le lieu affranchi (en grande part mais pas en totalité __ pour ma part cela fait un correspondant potentiel de plus pendant mes heures de nuit au travail) de la contingence géographique.

    Mais bon voyage tout de même.

    Amicalement

    Phil

  • Ça alors !, tu y vas en bateau ? :-)

    (et pendant ce temps je ne parviens pas même à traverser une petite et proche frontière intra-européenne qui n’y est plus que pour les opérateurs de téléphonie).

    À très vite et vive l’internet qui nous laissera te lire et te causer malgré un océan.

    Voir en ligne : traces et trajets

    • " Un homme fait le projet de dessiner le Monde . Les années passent : il peuple une surface d’images de provinces , de royaumes , de montagnes , de golfes , de navires , d’îles , de poissons , de maisons , d’instruments , d’astres , de chevaux , de gens . Peu avant sa mort , il s’aperçoit que ce patient labyrinthe de formes n’est rien d’autre que son portrait ".

      Jorge Luis Borges

      Bonne route à vous !

  • Les orages annoncés n’ont semble-il aucune réalité ... alors bonne traversée, et bises à toi,

  • "Nous reprenons la mer, l’âme navrée, contents d’échapper à la mort, mais pleurant les amis..." Odyssée, IX

    Voir en ligne : le fils d’Hippotès

  • Imaginons les vagues comme des mots, indénombrables : de l’autre côté atlantique l’immense cité attend l’arpenteur, (inter)nautique forcément.

    Voir en ligne : Le Chasse-clou

  • Merci pour cette sorte de trace humide , sonore et tumultueuse qui incarne le sillage de ton travail sur le web ( depuis 12 ans dis-tu ). Elle est très harmonieuse à voir. L’éloignement par bateau est toujours fascinant. On est là, sur le pont, un peu déracinés, comme en suspension entre ciel et mer, une vague anxiété , plutôt neutre, nichée au coeur des pensées, on absorbe la lumière comme la seule manne lisible, on n’est plus tenus de parler aux autres, on tient ceux qu’on aime par les épaules ou par la main en disant de temps en temps :" Regarde !"... Je pense ici soudain à un texte de Charles Juliet sur le thème du laboureur... Le sillon qu’il nous faut tenir jusqu’au bout pour bien faire ...! Sème François , Sème ! Ton jardin virtuel hérité de friches industrielles ,de paroles citoyennes et mitoyennes n’a pas fini de nourrir les internautes lucides et les lecteurs gourmets... Pars tranquille... je t’offre une photo d’ Edouard Boubat sur un rebord de vieille fenêtre...

    Voir en ligne : Fillette regardant la mer

  • Pour accompagner ici ton voyage, l’exercice du bureau : Saint John Perse, ouvert au hasard en Pléiade. Voix de Chronique, p. 395 :

    " Errants, ô Terre, nous rêvions...

    "Nous n’avons point tenure de fief ni terre de bien-fonds. Nous n’avons point connu le legs, ni ne saurions léguer. Qui sut jamais notre âge et sut jamais notre nom d’homme ? Et qui disputerait un jour de nos lieux de naissance ? Éponyme, l’ancêtre, et sa gloire, sans trace. Nos œuvres vivent loin de nous dans leurs vergers d’éclairs. Et nous n’avons de rang parmi les hommes de l’instant."

    Si je ne me livrais pas à ce petit jeu surréaliste, je t’aurais recopié ceci :

    " Et vous, Mers, qui lisiez dans de plus vastes songes, nous laisserez-vous un soir aux rostres de la Ville, parmi la pierre publique et les pampres de bronze ?" Amers, "Invocation"

    Vraiment,
    heureuse traversée, on continue.

    Voir en ligne : gammalphabets

  • Internet affranchi de toute contingence géographique, je veux bien Phil, mais c’est pas tout à fait pareil de savoir François au Québec plutôt qu’à Tours ou sur le mont Athos. Vous-même, quand on vous sait tous les week-ends...

    Bonne route François, dans le Nouveau Monde où vous voilà rajeuni de quelques heures. Maintenant ce sera à l’Est que vous regarderez l’Atlantique, vers vos vieux amis.
    Et si vous avez oublié le sel ou l’huile, vous gênez pas, demandez, on accourt vous les apporter...

  • merci à tous pour les messages - bien arrivé (en bicyclette)

  • à regarder cette vidéo, l’impression que ça n’avance pas ou que ça s’éloigne tout en restant toujours là. ne faire que sentir quelque mouvement en soi tout en demeurant immobile. Quelque chose comme dilater ou dresser le monde depuis soi. Ce vieil effet cinéma.

  • squelette d’écume,

    longuement

    dame de nage partagée

    écoute

    vent debout

    longtemps

  • Retour de mer, aux rives de l’Estuaire, ces jours, je me disais qu’il y manquait une ombre bienfaisante !

    Je te souhaite, Ami, délaissant et écrans et papiers, de te perdre, quelque jour, sur la côte de Gaspésie, d’y contempler le Rocher Percé qui "n’est ailé que de ses oiseaux".

    Sûr ! Tu y verras apparaître Mélusine, tu sais bien, celle de tes enfances poitevines, du côté de Mervent, mais une Mélusine revisitée par l’homme aux agates du Lot, qui, naguère par le "web", nous rapprocha.
    Deux fois, ou plus, il entendit son cri dans les nuits de Gaspésie.

    « Le premier cri de Mélusine, ce fut un bouquet de fougère commençant
    à se tordre dans une haute cheminée, ce fut la plus frêle jonque rompant son amarre dans la nuit, ce fut en un éclair le glaive chauffé à blanc devant les yeux de tous les oiseaux des bois. Le second cri de Mélusine, ce doit être la descente d’escarpolette dans un jardin où il n’y a pas d’escarpolette, ce doit être l’ébat des jeunes caribous dans la clairière, ce doit être le rêve de l’enfantement sans la douleur.

    Mélusine à l’instant du second cri : elle a jailli de ses hanches sans globe, son ventre est toute la moisson d’août, son torse s’élance en feu d’artifice de sa taille cambrée, moulée sur deux ailes d’hirondelle, ses seins sont des hermines prises dans leur propre cri, aveuglantes à force de s’éclairer du charbon ardent de leur bouche hurlante. Et ses bras sont l’âme des ruisseaux qui chantent et parfument. lît sous l’écroulement de ses
    cheveux dédorés se composent à jamais tous les traits distinctifs de la femme-enfant, de cette variété si particulière qui a toujours subjugué les poètes parce que le temps sur elle n’a pas de prise. »
    André Breton,
    Arcane 17

    Aie souci de toi !

  • Trop la classe, François, d’y aller en bateau ! Je brûle de de retrouver là-bas, car le ouaibe ne me suffira pas, je le crains... Alors, à tout de suite.
    D