appelons Franck l’écosystème livre & web


démarche exemplaire d’Anne Savelli, audace formelle de son roman "Franck", et le web comme création critique


un autre article lire, grandes pages & invités, au hasard :
Claude Simon, John Lennon, Pascal Quignard dans le même livre

Un livre qui ne va que par lieux, les assemble avec hachure de blancs en reprise de page. Et cette approche mêlant trajets, images vues, à texte repris brut tel que le réel le produit, et bifurque en douceur vers monologue. À vous de reconstruire, ça s’appelle expérience de lecteur. Que ça passe par la géographie, dans le déploiement consistant de Franck on est beaucoup moins alors côté Perec (il nous hante tous) que dans l’affirmation géographique dans son sens le plus contemporain, le Gracq de Lettrines II ou le portrait de la France que trace avec les mêmes découpures Raymond Depardon. Exemple par Béthune, et je vous reprends après :

BÉTHUNE

ne pas avoir sauté du pont

Creil, Longueau, Albert, Arras, changement à Arras (sur le quai, au retour, des bacs à fleurs, des courants d’air contre lesquels on cogne), Lens, Béthune, voilà comment Longueau s’imbrique. Toutes les deux semaines gare du Nord prendre le train de 10h18, bricoler son repas, veiller le mal de ventre.
Toutes les deux semaines, mais avant, venir pour la première fois à Béthune où tu as été transféré et malgré la simplicité de l’itinéraire qui porte la gare vers la maison d’arrêt (boulevard Raymond-Poincaré d’un seul trait, beffroi, contourner la place sur la droite, rue d’Aire), ne pas trouver ses points d’appui. Dès la sortie du train tout échappe : le boulevard, une dune à gravir, pente infinie sous des yeux qui auscultent (on ricane en pensant aux westerns mais c’est seulement pour tenir), trottoir où le vent plaque les feuilles de journaux aux jambes et aux visages ; la Grand’Place, où le beffroi marque l’ombre, coupe en triangles les pavés : et la rue d’Aire.

Mairie ; stand de tir, tribunal d’instance, 22 rue d’Aire ; conseil des prud’hommes, 22 rue d’Aire ; compagnie de gendarmerie, 23 rue d’Aire ; maison d’arrêt, 106 rue d’Aire ; sections syndicales pénitentiaires, 106 rue d’AIre ; institut, garage ; pompes funèbres.
Maison d’arrêt 106 rue d’Aire 62 400 Béthune.

Tu as juré, j’ai gagné deux secondes, on en parlera plus.

Ne pas trouver ses points d’appui. Pourtant le long de la rue d’Aire le mur de la maison d’arrêt fait masse, dans sa neutralité, son insignifiance mêmes. C’est la lucarne de côté, à la gauche de la porte cochère, qui alerte. Comme à Loos, un guichet où l’on tend sa carte derrière un Hygiaphone teinté (crasse soleil haleines), après avoir donné son heure, heure à soi, heure unique, heure à dix ou vingt qui attendent ensemble. Mais à l’opposé des deux autres, Fleury Loos, rue des Peupliers rue du Train-de-Loos, ici la rue d’Aire est inscrite pour de vrai dans une ville, une vraie rue à vrai dire, on peut y passer sans rapport avec la maison d’arrêt qui fait masse. Il y a même selon les Pages jaunes un ou deux instituts de beauté, où passer son sac à la main, sac à main contre sac plastique.

Toi, de Béthune, tu n’auras connu que cela : la rue d’Aire aperçue du fourgon qui te traîne, la rue d’Aire vite quittée pour retrouver la gare. De ta cellule, je ne sais pas ce que tu vois, après tes quarante-cinq jours de mitard. Peut-être la cour de la promenade, peut-être la cour de l’entrée où s’encastre le camion de la blanchisserie. Du ciel ? Des nuages ? Des fils électriques ? Vous, de derrière les murs, vous imaginez nos trajets tandis que nous tournons dans vos mètres carrés.

Devant la maison d’arrêt, l’Abribus sert de maison d’accueil, on s’y presse quand il pleut et le reste du temps on épie les passants qui eux aussi nous envisagent, du trottoir opposé bien sûr. Cube transparent sur lequel on scotche quelques avis de passage (des feuilles A4 derrière lesquelles se cacher) : rappel des jours de grève, rappel des concours, surveillant un métier d’avenir qu’au moins les familles sachent. Cube transparent et s’y cogner déjà, la première fois rester sur le trottoir dehors.

Là ne pas dire encore, ne pas dire cette fois encore les détecteurs et les couloirs, les laisser plus loin pour plus tard. Ne pas encore parler de la confrontation, affaire 1, affaire 2, date de renvoi etc.

[...]
© Franck, Anne Savelli, Stock, 2010.

Maintenant, si on allait voir côté web ? Première occurrence Google pour Franck Anne Savelli, comme par hasard Bibliosurf de Bernard Strainchamps, bien avant les gros marchands de livres. Un petit coup d’oeil merci : annonce de combien de personnes ont visité sa page, et lien vers une critique elle-même sur le web, la recension de Franck par Christine Jeanney sur Pages à pages – et elle-même auteur, passage qui alors est d’écriture à écriture, d’où probablement le ton : affirmation d’une lecture personnelle, visage de l’auteur, et renvoi vers son site.

Deuxième occurrence Google, la recension d’ActuaLitté, même si une phrase curieuse (attention, amis d’ActuaLitté, pas du tout en critique de la critique !) : voire décourager (révélant que ce qui est difficile à lire n’a pu qu’être plus difficile encore à formuler pour l’auteur) : elle écrit comme, imagine-t-on, elle pense, comme s’il fallait s’excuser de présenter un livre non consensuel, un livre non sujet-verbe-complément. Et que, si l’écriture se propose ainsi comme construction, c’est que l’auteur écrit comme elle pense ? Mais, là, encore, retenons d’abord que – dans l’impitoyable algorithme des moteurs, troisième fois réception web, écoute web, écriture web de la lecture.

Troisième occurrence (et deuxième opportunité d’acheter !), on est chez Dialogues – travail exemplaire de libraire sur web, expériences innovantes d’associer version numérique à version papier, liens vers les 2 précédents livres d’Anne Savelli, et – fichues têtes de Bretons – une vidéo maison :

Pas reconnu la voix de l’intervieweuse (Caroline ?) mais lire juste ensuite entretien réalisé par Hélène Clemente. Un libraire installe sur le web, avec les moyens du web, le travail de recommandation qui lui est propre, le métier qu’il fait debout parmi ses tables, et en appelle à l’auteur pour faire ce travail avec lui. Là, pour moi, un indice fort – et de la responsabilité, et des possibles. Entretien avec Hélène Clemente, extrait de réponse Anne Savelli sur la notion d’espace :

En ce qui me concerne, je porte une grande attention à la façon dont on me parle – par « on », j’entends les institutions, les médias, les entreprises, ceux qui veulent me vendre quelque chose ou m’influencer d’une façon ou d’une autre. Ou encore les discours de haine, etc. (et cela, sans devenir paranoïaque, exploit !).

Pourquoi ce type emploie-t-il tel mot plutôt que tel autre ? Quelles images veut-il faire surgir dans mon esprit ? C’est très intéressant sur un plan littéraire, et dans la vie de tous les jours ça permet de prendre la mesure de ce que véhiculent les termes employés, ou du moins d’instaurer une petite distance (chose que la psychanalyse m’a apprise, même si j’avoue que le jeu sur les mots, par exemple, ne m’a jamais beaucoup intéressé d’un point de vue thérapeutique).

Par exemple, lorsque le panneau de la mairie me parle d’espace civilisé pour m’expliquer comment les travaux vont modifier le parvis de la gare du Nord, ça me heurte, ne me fait même pas rire. J’y vois une violence faite au lieu, aux hommes qui le traversent (sauvage, la gare du Nord ? C’est ce qui est dit au fond mais le mot sauvage est plus beau). D’ailleurs, je déteste le mot espace mis à toutes les sauces depuis vingt ans : espace café, espace détente... Comme si en choisissant ce terme on pensait élargir les lieux, offrir plus de place qu’il n’y en a en réalité.

Chaque fois qu’on s’approprie, qu’on se réapproprie le langage, on s’éloigne, me semble-t-il, de ces limitations. C’est pourquoi j’adore les dictionnaires, le vocabulaire, le jeu sur les niveaux de langue, l’argot, les détournements, la surprise née de la friction entre deux termes... C’est également vrai pour le regard, l’écoute, le toucher : aller voir autrement, écouter autre chose, s’intéresser aux textures, ne pas se contenter de l’idéal en vente.

Je finis sur 5ème occurrence Google : cette fois, avec ePagine, c’est la version numérique qui est mise en avant (prix 14,99 contre 19 pour le livre papier, et rappelons que les éditeurs SNE souhaitent – même si c’est se tirer une balle dans le pied – faire avaler aux auteurs un pourcentage de rémunération à taux égal pour les 2 diffusions, mais ce n’est pas le propos ici), retour à Franck. Hallucinant, par contre (eh, les copains, on se réveille ?!) : la recension de Franck par Christophe Grossi dans le blog ePagine qu’on est de plus en plus nombreux à suivre, remarquable travail, et le premier chronologiquement à avoir lancé le buzz, ne figure pas dans la page ePagine du livre lui-même, non plus que le site de l’auteur ?

Continuons : il faut aller à la 4ème page Google, soit 45ème occurrence, après pmu.fr et autres, pour découvrir la page consacrée à Franck sur le site de son propre éditeur, Stock : c’est là. Indice purement technique du sérieux que mettent les dits éditeurs à regarder d’un peu près comment le web fonctionne (et qu’ils feraient mieux de nous demander, s’ils ne savent pas !)...

En amont, on aura trouvé de meilleures pépites : la recension Pages à Pages mentionnée plus haut, ou Anne Savelli elle-même lisant, au 104 en cours d’écriture, ou à la fameuse nuit remue.net (extrait, plus en audio la voix de l’auteur [1]) une fois l’écriture bouclée, le web devenant alors archéologie vivante des strates d’écriture. A moins que vous préfériez attendre Pendant le week-end, approche encore plus surprenante que celle de Bakelith, ou (merci PdB, je savais que j’en oubliais un d’important) à nouveau d’écriture à écriture Philippe Annocque dans ses Hublots... Et, même 4ème page Google, voilà même qu’apparaissent les lieux d’écriture du livre, via Melico. Ou bien qu’il a fallu Franck pour que Lignes de fuite se décide enfin (!) à se réatteler aux courroies...

Conclusion pourtant grave et éclairante, très gratifiante d’ailleurs pour nous à énoncer : le web est création y compris dans la réception et l’accueil d’un livre. Il n’est pas discours, il est transport et matière de cette création même, hissant d’autant mieux le livre comme temps plus dense, celui de la lecture en solitaire, qu’elle soit sur votre iPad ou via l’imprimé.

Temps de basculer sur lien indiqué, le site de l’auteur, paradoxe qu’il portera donc à jamais le nom de son premier livre, Fenêtres Open Space, avec ce critère qu’Anne Savelli n’est pas seule à expérimenter, d’être à la fois lieu d’accueil de son travail personnel, et laboratoire ouvert aux autres sur ce qui signe sa recherche. Alors, le livre qui paraît un épisode provisoire du site ? Pas seulement, si, pour accompagner l’écriture et la parution de Franck elle crée Dans la ville haute – qui devient donc le site du livre, avec nom de domaine propre (Fenêtres étant hébergé par blogspot...).

Pour le contenu, je vous le laisse découvrir. Passer par les lieux, donc s’affiche un mur d’images. Qu’on clique sur les images, on retrouve le laboratoire lieu associé à chaque point du livre, plus extrait lu. Et s’il faut attendre apparemment encore un peu pour Béthune (mais prenez Fleury-Mérogis en attendant), me semble important – pensez que la durée moyenne d’un livre en librairie c’est 5 semaines, c’est l’irruption d’un temps propre de réception qui lui-même, voix, photos, expansion est chantier ouvert de création.

Je termine par Liminaire avec nouvel extrait audio [2], mais aussi pour répercuter que ce jeudi 7 octobre Anne Savelli et Pierre Ménard sont accueillis à Paris, librairie Les buveurs d’encre, dans le 19ème.

Et bien sûr, après tant de liens, partage et sites, pas besoin d’aller lire le livre, non pas besoin le commander chez Bibliosurf ou Dialogues, ni aux Buveurs d’encre ou bien où vous voulez, non, pas besoin... (Au fait, et la presse papier, si défunte ? – noter aussi, en haut de page à droite, mon tag rentrée littéraire 2010).



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écrit ou proposé par : _ François Bon

Licence Creative Commons
Site sous licence Creative Commons BY-NC-SA.
1ère mise en ligne 4 octobre 2010 et dernière modification le 6 octobre 2010.
Merci aux 1708 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page.

[1Et, simultanément à ce billet, mise en ligne sur remue.net de la lecture de Sébastien Rongier...

[2Complément, suite passage PdB en commentaire : lecture dans la célèbre rubrique "page 48" de Franck par Piero de Belleville, dont j’ai plus haut noté l’approche très originale dans son blog Pendant le week-end, autre exemple donc de circulation site à site (sans compter les croisements dans mon Petit Journal !...




Messages

  • ah mais attention : la page 48 lue par ma pomme, chez Pierre Ménard aussi... Quand faut y aller, j’y vais... ici :
    http://liminaire.fr/spip.php?article807
    Très content de l’avoir fait d’ailleurs...

  • Bonsoir François,

    Je découvre cette page via Twitter, ton twit retwitté par Joachim Séné, voilà, commençons comme ça (et dire aussi que la vidéo Dialogues, après une nuit d’insomnie, je m’en serais bien passée, à vrai dire !) (hum, tu ne veux pas l’enlever, par hasard ?).

    Livre et web sont indissociables pour moi depuis le début, et situons le début il y a dix ans, quand tu as mis en ligne les premières "semaines" de Fenêtres Open space sur remue.net qui était alors ton site personnel. C’est grâce à cette apparition du texte sur le web que, six ans plus tard, alors que remue.net, devenu collectif, publiait un autre texte et établissait un lien sur le premier qu’Yves Jolivet, qui dirige les éditions Le Mot et le reste, m’a contactée. Six ans plus tôt, il avait lu l’article de remue (ton article), mais était persuadé qu’il n’était pas le seul et que ce n’était donc pas la peine qu’il me propose de m’éditer (grave erreur !).

    Quand on me parle d’internet, en général, moi, je commence par raconter ça : le web dès le départ, par ton site, la confiance que j’y ai puisée. Ca a été très important, même si j’écrivais déjà depuis longtemps et avais décidé que, quoi qu’il arrive, même sans jamais être éditée, je continuerais (suis assez têtue, à vrai dire).

    Pendant des années, j’ai écrit des trucs fragmentaires que j’aurais mis en ligne, si ça avait existé à l’époque. Si j’avais écrit "Fenêtres" quelques années plus tard, le livre aurait certainement été numérique, par ailleurs, parce qu’il s’y prête. C’est la raison pour laquelle j’ai monté mon blog (sur Blogger, oui, avec son adresse en blogspot ;-) lorsqu’il est sorti : je voulais agréger de la matière.
    Il s’est un peu transformé depuis, mais il reste le "lieu" où je retourne régulièrement.

    "Franck", lui, est un livre papier, ce qui lui va bien puisque conçu comme un objet clos, au départ, en boucle et sans extension. Il n’empêche que lorsque Brigitte Giraud (super, super éditrice) l’a accepté, j’ai tout de suite parlé du site, auquel j’avais pensé durant les mois passés à l’envoyer en lecture (oui, ce fut un peu long de trouver qui aimerait et soutiendrait ce livre) (mais elle l’a accepté en une semaine, je précise). Est-ce que ça poserait un problème à Stock que j’en fournisse sur le web une version audio au fur et à mesure des semaines ? Non. Champ libre : merci à Jean-Marc Roberts, au passage, pour cette confiance-là. Bon, leur site, hum... on est d’accord ! (pas moyen de mettre un lien sur la ville haute dans la fiche du livre, uniquement sur la page à mon nom, incredible !)

    J’ai donc commencé à penser à ce site, réalisé par Juan Clemente, avant que le livre paraisse - et il est devenu extension du livre, même si les deux sont tout à fait indépendants. Dans mon esprit, ce n’est ni une illustration, ni une vitrine. C’est autre chose, objet à part entière (d’où le nom de domaine, en effet) destiné à vivre durant un an. Auparavant, j’avais disséminé quelques petits textes liés à "Franck", en particulier dans la revue d’Ici là de Pierre Ménard. J’aime bien que tout ne soit pas immédiatement identifiable, qu’il y ait pourtant un fil... Bref (et "Cowboy Junkies est tiré de "Franck", lui aussi) (re-bref).

    Ce qui m’a étonnée, à ce moment-là (vers juin), ce fut de me rendre compte que ce que j’allais faire avec la "ville haute" n’était pas si courant, c’est le moins qu’on puisse dire, alors que c’est extrêmement simple : du son, des photos, le journal de publication et un tout petit truc caché si on fait un peu attention. D’accord, ça demande du temps, mais sinon ? Il y a vraiment un très grand plaisir à faire puis à choisir les photos, lire à voix haute, etc. Mais le passage du papier au web n’a pas l’air forcément évident pour tout le monde, peut-être (ou c’est un manque d’envie de la part des auteurs papier ?). Le journal de publication paraît aussi sur le blog de la librairie Dialogues grâce à Hélène Clemente : pourquoi « doubler » cette parution ? Pourquoi pas, plutôt : il n’apparaît pas vraiment de la même manière, n’a pas les mêmes lecteurs (si j’avais eu le temps j’aurais effectué des variations d’un blog à l’autre, ne l’exclus pas).

    Et puis le livre est sorti, défendu jour après jour par Brigitte Giraud et par mon attachée de presse. La maison d’édition fait un très beau travail depuis le début, je m’y sens écoutée, comprise, respectée.

    Quant à l’accueil, durant ce premier mois, ces fameuses 5 premières semaines, qu’en dire ? J’essaye, toujours, de ne rien attendre, de continuer à faire ce que j’ai décidé de faire quoi qu’il advienne. N’empêche : si je ne pensais pas à la presse, n’ayant jamais eu affaire à elle (excepté le magazine de rock Magic, pour "Cowboy Junkies"), j’espérais, quand même, secrètement, que le web s’y intéresserait. Ce qui arrive aujourd’hui est au-delà de mes espérances : je découvre des gens qui semblent avoir compris mon livre au rasoir, au millimètre et qui, tous, trouvent un angle différent pour en parler. C’est extrêmement gratifiant parce qu’en effet, ces lectures sont elles-mêmes des créations. Ca me conforte dans un de mes choix : laisser au lecteur un maximum d’espace dans une "histoire" qui n’en est pas une, s’apparente davantage à la mise en relief d’une mécanique, même si cette mécanique est régulièrement secouée (par de la fiction, des bifurcations, etc) (c’est mon point de vue, en tout cas).

    A propos de la presse papier, je voulais dire plus haut et n’ai pas encore eu le temps de le faire, que Pascal Jourdana a parlé de mon livre de très belle manière dans Le Matricule des anges de septembre. Le Matricule est LE magazine dans lequel j’avais envie de voir un de mes livres critiqués, ça tombe bien, et Pascal me suit depuis "Fenêtres". J’en profite pour le remercier.

    (bon, si ça se trouve, dans une ou deux semaines, toute la presse papier va s’y mettre, en même temps, allez savoir !) (et vous n’allez plus pouvoir me supporter !)

    Il faut aussi que je dise tout le bien que je pense de Pierre Ménard, l’un des tout premiers lecteurs du manuscrit et grand soutien, avec Hélène déjà citée.

    Il est minuit. Je ne t’ai pas encore remercié pour ce que tu viens de dire sur cet « écosystème » (et hum, d’avoir enlevé cette fichue vidéo ;-). Merci beaucoup, François. Ce livre n’est pas seulement deux années de ma vie, de 88 à 90. C’est aussi dix ans à ruminer, à réfléchir, à se décider, puis à écrire...

    Voir en ligne : Dans la ville haute

    • et il faut aussi que je cite Christophe Grossi, bien sûr : son dossier ePagine, si j’avais pu le lire quand je cherchais un éditeur et recevais des lettres de refus..!

    • merci de ton passage, Anne, et bien des points importants dans ce que tu soulèves

      j’avais effectivement loupé intervention Pascal Jourdana dans Matricule des Anges, mais comme en 3 ans d’existence ils n’ont jamais mentionné publie.net j’ai cessé de lire, pas besoin de se faire mal

      pour la vidéo : on n’est jamais le meilleur récepteur, émissions radio ou vidéo c’est égal – aucun de nous pour supporter de se regarder soi – donc merci de régler avec Dialogues, s’ils la suppriment de leur YouTube elle n’apparaîtra plus ici, mais ce serait dommage, vraiment

      très important le rouage que tu décris pour lancement du site accompagnant le livre et comment ça s’est effectué

      marrant de voir désormais auteurs se préoccuper au moment du lancement de leur livre comment ils peuvent le propager réseau, sans ce travail en amont et cette circulation qui évidemment sont la base : ce qui vient respirer aujourd’hui par le web autour de ton livre c’est tout simplement aussi par cette lucarne ouverte de longtemps, et pas dans un but de réception ou médiation, le web comme travail de fond

    • Un travail de fond, oui, exactement, avec une part d’invisibilité aussi (paradoxalement, puisque c’est en ligne) qui me convient bien.

      Le web permet également de ne pas attendre que "ça vienne", que ça tombe du ciel : on fait les choses et si elles mènent à d’autres, à des propositions extérieures, tant mieux ; sinon, tant mieux aussi, on continue (quelle sagesse à 7h06 !).

      Pour la vidéo, bah, tant pis, laissons. C’est vrai que pour ce livre, particulièrement, j’aurais préféré être encore moins visible que ce n’est le cas (la séance photo chez l’éditeur me l’aura fait comprendre). En même temps, il y a des choses que j’ai envie de dire, donc j’accepte... (malgré les cernes et l’éclairage de croque-mort !) (mais quel besoin de voir la tête de l’auteur, ça, je n’ai jamais compris).