VOUS ÊTES DANS : #journal (depuis 2007)

0 | 7 | 14 | 21 | 28 | 35 | 42 | 49 | 56 | ... | 1372

Cela manque d’horizons. On peut rêver d’un livre à faire, il y a tant et tant qu’on rêve d’un livre qui remplacerait tous les autres, c’est ce qui est devant votre chemin et le tire. On sait bien que ça a changé, qu’ils ne vous attirent guère, les parallépipèdes industriels qu’on aperçoit les gens lire dans le train ou dans le métro. Une sorte de mer s’est retirée, laissant, là où commencent la roche, les grottes, des flaques où vous et quelques autres, mais parfois loin, à distance, sans qu’on puisse (...)

Vous révérez Henry James. Il vous est difficilement accessible dans sa langue originale, si tendue, si savante. Vous accumulez les traductions. On dirait que l’oeuvre est infinie. Ce livre, de belle facture, L’Âge difficile est vendu par Gallimard/Denoël 18€50. Voici la notice de présentation qui ouvre le livre : On ne jette pas la pierre. Ces notices ne sont pas rédigées par le traducteur, et les couloirs des maisons d’édition abritent surtout de jeunes stagiaires, oeuvrant pour les caciques (...)

Gentils amis, plusieurs fois cette semaine, qui s’excusent de ne pas avoir vu « toutes mes vidéos » – mais comment pourraient-ils. Même moi, assidu à suivre quelques-uns de ceux qui se risquent dans l’outil, je ne saurais pas être exhaustif (autre question, mais de fond : est-ce que ça me sépare de la lecture, en me permettant mois de lire ?). C’est plutôt mon rapport à l’outil qui m’interroge, en ce moment, et me pousserait à l’inverse : arrivant à Bordeaux et prenant le tram pour Talence, je me découvre (...)

« Qu’est-ce que tu deviens, demandai-je à Lu, l’étudiante chinoise ? – Je viens ici, elle me répond interloquée ». Oubliée la difficulté pour l’autre de la compréhension idiomatique, moi qui y accède à peu près dans ma compréhension de l’américain, mais reste incapable de la mobiliser lorsque c’est moi qui parle ou écris. « Je reviens vers vous », commence cet e-mail et combien de fois cette formule utilisée, en général à la fin d’un mail – au futur – pour annoncer que la suite ne sera pas immédiate, voire même (...)

Hier, descendant du métro Chevaleret et marchant sur la rue parallèle à la BNF pour rejoindre Bétonsalon, et alors que je n’ai pas l’intention de filmer, je tombe sur cet étonnant chantier de la Halle Freyssinet, au long des voies de chien de fer d’Austerlitz. Une esthétique si forte, à ce grouillement dans le jour pas levé, qu’elle me rappelle les aperçus des chantiers de Shenzhen il y a un an. Et, après avoir filmé la pelleteuse, ce panneau qui explique qu’on va mettre là 3000 personnes en co-working, (...)

Il se trouve que le texte de Cortàzar que j’ai donné pour l’exercice, Chasseur de crépuscule a pour incipit « Si j’étais… » En l’occurrence : « Si j’étais cinéaste… » Ma proposition ne partait pas du tout de ce « si j’étais » : mais bien de la composition en quatre paragraphes, et de se familiariser avec une pensée projective du texte en plusieurs phases. Ne pas s’enfermer dans un flux, mais constituer d’emblée une architecture composite, quelle que soit la dimension du texte réalisé. Mais pas possible non plus (...)

On ne sait pas pourquoi, dans la masse de paroles circulantes qui vous traversent en permanence, certaines viennent comme se fixer sur un recoin d’ombre et s’installent, ou restent en tout cas longtemps, assez pour le souhait de s’en expliquer, ou d’en lier ici, par le journal, une trace pérenne. Ce n’est pas un flux indifférent de paroles comme on en capte dans le métro ou la rue, les mardis en tout cas c’est une parole collective et construite, chaque fois mis collectivement en vis-à-vis d’un (...)