2017.10.28 | mobilité de l’auteur

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journal | « l’impression d’un excès de matière »

Pour ta semaine en gîte rural sur le lac de Grand Lieu, tu avais mis dans ton sac : trépied léger Manfrotto, trépied flexible Gorilla Pod, Canon 80 D (qui n’a plus le statut de caméra, mais carrément de journal intime extime), micro Rode (court-circuit dans le fil, toute la prise de son aéroport nase), Zoom H2n (son spatialisé, de plus en plus je m’en sers, plus sa bonnette anti-vent qui ressemble à un chat portable), LED BricoDepot 2000 watts (c’est comme ça, tu te ballades avec ta 2000 watts à 30 balles, même à Cergy chaque semaine je l’emmène), objectif Canon 10-18 stabilisé à tout faire, objectif Sigma 18-35 pour les prises sur pied, extérieur ou intérieur (et même, dans le gîte a chu de la table à par terre mais ouf, pas de mal), casque AudioTechnica (devrais pas m’en servir en voiture mais le fais quand même), Nikon KeyMission 360 (directement dans la poche du hoodie, en général), ordi MacBook Pro 15’’ (là c’est pas fusionnel mais si suis déboussolé de l’outil je peux rien) sur lequel utilisé les logiciels suivants : Ulysses, Word, FinalCut Pro, Lightroom, Coda, plus évidemment Firefox et Outlook. Stylos : non, avais oublié, pas eu besoin. Livre : Gilbert Simondon, Imagination et invention (cours de 1965, que je promène depuis 2 ans, essentiel) mais pas lu-relu. Lecture : sur l’iPad déconnecté, Proust, Goldsmith (Capital), et un peu de Dunsany. Acheté : café moulu, pâtes, sel, 6 oeufs, 1 camembert, pain, croissants du Super U. Apporté : filtres à café, liquide vaisselle. Applis utilisées sur l’iPhone : IphiGenie (l’app IGN de proximité, avec abo 16€ par an, m’en sers tout le temps et sur tout le territoire, et commande à distance de la caméra 3D, plus flux Facebook). Oublié quoi ? Rien, sinon les insomnies, les 2 pleins d’essence parce que kilomètres de fuite et visite à Vertou, l’interrogation sur le silence, la déconnexion partielle. À quoi bon d’écrire ça : ai monté édité 3 vidéos pour la résidence, dont 2 en ligne, la 3ème ce soir (impossible à charger avec l’ADSL du gîte), ai shooté de quoi en faire 3 autres, avec cette conclusion importante : ça rejoignait de fait ce que je cherchais ici, sorte de « chambre à photons » (je m’en explique dans vidéo aéroport à venir) permettant de pister signes venus de l’enfance et de la mutation des villes dans la façon dont l’hyperville bute et se dissout sur l’espace naturel. Ce que j’ai écrit : j’écrirai d’après le réel stocké dans les vidéos, ça ne pourra se passer qu’après, sauf ce billet. Est-ce que j’ai besoin d’en écrire : oui, je crois que c’est un étage au-delà de la vidéo, et que ce sera une explication dans silence et temps dont j’ai besoin. Auteurs qui m’ont servi dans cette réflexion sur territoire et ces questions : Claude Simon Le jardin des plantes (la chance que je l’aie eu aussi sur l’iPad), Gracq pas tant que j’aurais cru (mais je l’ai trop en tête de toute façon le papy), Jean-Christophe Bailly Dépaysement (relu encore autrement), Jean-Loïc Le Quellec (réflexions sur toponymie et mythologies, d’après ses 2 dicos Vendée, apportés). Parlé à qui : personne, c’est pas mon truc – sauf 2 présences : Philippe Cognée (beaucoup, à cause d’être sous son ciel volé, et Marcello Vitali-Rosati mais je dis pas pourquoi tout de suite). Ma relation au réel : oui, le geste de filmer (Flusser, Flusser, Flusser) comme en ce moment mon exploration privilégiée au réel pour qu’il soit contrainte à la fois de temps, d’action et de signe. Choses moins maîtrisées : les premiers soirs cette sorte d’atonie, pourquoi je suis là, qu’est-ce que je fous sur cette chaise inconfortable assis devant un ordi à attendre de 8h le soir à 8h du matin, alors que j’ai accompli durant le jour la part sociale du travail demandé. Productivité semble revenue au bout de la semaine (sur Lovecraft, en particulier, dans les heures de nuit – puisque se pieuter à 1h30 et roupiller jusque 7h seul moyen de contrer le temps de nuit, rêves de plus en plus bizarres), tient à quoi : accoutumance, carapace ? Sais pas encore trancher. Envie de revenir ? Sur le terrain, oui. Dans l’enfermement contraint, non. Élément important : que chaque fois, sur le terrain, il m’est arrivé quelque chose, et chaque fois déplacé quelque chose en moi. Ce qui emporte tout : l’accueil d’Arnaud de la Cotte (et N et B), la force que prend un projet tenu collectivement au même endroit depuis 20 ans (voir le site. Image ci-dessus : dans l’atelier d’Arnaud, hier, tourbe de Grand Lieu. Allez, voiture.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 octobre 2017
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