Simondon, mécanologie, pelleteuse

CEA Saclay : de l’application de la philosophie de Simondon au dressage des engins de chantier


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D’abord aller prendre une bouffée radicale de pensée contemporaine, celle qu’on retrouvera en substrat chez Deleuze, Stiegler et tant d’autres, la voix de Gilbert Simondon et ces 5 entretiens sur la mécanologie. Ainsi le premier :

Vous avez cela en tête, vous êtes dans le couloir du CEA Saclay, et vous observez, juste là en bas, l’application qui en est faite : un homme dresse une pelleteuse, l’apprivoise, la dompte (relire un de mes préférés : Gilbert Simondon, Deux leçons sur l’homme et l’animal).

La machine obéit aux inflexions presque invisibles données par le corps de l’homme, jambes et mains, souplement et rapidement. Mais vous vous rendez compte de l’importance de cela, pour la vie sur les chantiers ?

Sans compter que, pour construire des autoroutes ou des ponts, un seul homme pourrait commander à dix pelleteuses bien plus grosses. Ou bien aux grues qui tournent sur la ville. Ou bien aux camions de béton qui foncent sur les rocades.

Et si on ne nous avait pas prévenu, nous y aurions vu peut-être un chantier archéologique pour retrouver, dans le sol du CEA Saclay, la trace de primitives expériences sur l’atome, ou du secret scientifique qu’un scientifique disparu aurait révélé avoir été enterré autrefois ici, et nous n’aurions jamais deviné que l’autre homme, dans la cabine de la pelleteuse, n’avait d’autre rôle que de prendre les mesures et d’établir les relevés de l’expérience.

Il ne s’agit pas de Vincent Bontems, qu’on retrouvera dans les portraits (rencontre avec celui qui lit dans le bus) mais qu’on peut retrouver déjà dans l’atelier Simondon de l’ENS.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 avril 2012
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Messages

  • Merci de raviver le souvenir de l’éblouissement qu’a été la découverte Du mode d’existence de l’objet technique pour le jeune touche à tout de la mécanique (plutôt version boulons et cambouis que mouvement des fluides...) que j’étais alors...
    Lilian Bathelot