formes d’une guerre | pourquoi n’avons-nous pas le cerveau vert ?

profération sur la condition animale, composée entre Montréal et Québec



 


• Texte publié dans Peur & formes d’une guerre chez Tiers Livre Éditeur, merci de votre soutien !


- Version initiale : novembre 2009 – la phrase initiale, pourquoi n’avons-nous pas le cerveau vert vient si je ne me trompe d’un article d’Hubert Guillaud dans Internet’Actu.
- Vidéo : bus de nuit Orleans Express, Montréal-Québec, décembre 2009, retour d’une journée à l’UdeM.
- Deuxième version : 27 mars 2010.
- Dernière mise à jour : 8 décembre 2010, Montbéliard, pour Formes d’une guerre.


Pourquoi n’avons-nous pas le cerveau vert ? Pourquoi n’avons-nous pas des mains à griffes ? Pourquoi n’avons-nous pas des pieds préhensiles et dotés de rebondissement ? Pourquoi n’avons-nous pas le regard animal bilatéral (on lirait deux livres à la fois, un de chaque côté du visage) ? Pourquoi n’avons-nous pas le dos comme une ardoise, et les pensées s’y écriraient pour qui nous suit ? Pourquoi n’avons-nous pas les cheveux comme un langage, et taire nos émotions pourrait s’apprendre, mais ils les indiqueraient sinon (ainsi du cheval, du chien, et même de la tortue sans cheveux, mais qui rentre la tête) ? Pourquoi on ne sauterait pas haut comme la puce, ne s’endormirait pas quatre mois comme le pou ? Pourquoi pas des bras si grands qu’ils feraient signal par dessus les foules, et que toute foule ne serait qu’un mouvement organisé de signes ? Pourquoi le langage avec l’organe buccal, assez qu’il mange, assez qu’il embrasse et lèche et morde : le langage serait un mouvement des hanches, le langage serait tension des yeux, le langage serait la façon dont on marche, court, saute, attend, tombe. Pourquoi la mémoire des cervelles et pas la mémoire des roches, de l’eau, du sable, de nos pas dans la ville, de nos pensées dans l’air et les nuages ? Pourquoi pas des yeux luminescents la nuit (on en connaît qui savent), pourquoi des oreilles et sens et odorat si peu perfectionnés (ils disent qu’avec la pensée on compense, je ne crois pas). Pourquoi pas un ventre de bois : manger on en serait débarrassé ? Pourquoi des hommes chasseurs, et pas des hommes algues ? Pourquoi des hommes chassés, et pas des hommes en paix, doucement posés sur le bord des îles ? Pourquoi des hommes en guerre, et pas ceux-là brûlés par leurs armes même ? Pourquoi la poésie à mains nues, et l’argent par avions, trains, camions ? Pourquoi on a encore le rêve, pourquoi on ne sait pas se défendre du rêve ?

LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 5 décembre 2009 et dernière modification le 25 juin 2015
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