Orsay | adoptez une photocopieuse

reléguées, orphelines, offrez-leur une vieillesse heureuse


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À la campagne, c’était le lot des vieux chevaux, plutôt que les vendre pour la viande (elle aurait été dure) on les laissait au pré. Dans les dizaines et dizaines de bâtiments, d’étages et de couloirs que j’ai traversés avec Florian Delcourt, depuis 5 mois, sur le Plateau de Saclay, du CEA au campus d’Orsay, combien de dizaines en avons-nous vues, de ces vieilles photocopieuses pour lesquelles nul n’a prévu de pré ?

C’est lourd et encombrant. Et probablement on se souvient des services rendus, dans les temps d’avant l’email et les Dropbox, avec les fonctions trieuse, les recto-verso, les agrandir réduire et le contraste à forcer, la cartouche de toner à secouer, les bourrages qu’on n’arrive pas à régler malgré toutes les trappes ouvertes. Alors on les garde.

Dans toutes les facs, les couloirs, le lieu privilégié pour la retraite des photocopieuses c’est sous l’escalier. On les a poussées là, mais pour monter ou descendre ce serait une autre affaire.

Je parle d’Orsay et Saclay, mais il faudrait parler de toutes les facs en France, de tous les couloirs carrelés avec escaliers en Europe, de tous les bâtiments rectangulaires au monde.

On voit moins de chevaux dans les champs. Peut-être pourrait-on mettre les photocopieuses au pré, comme souvent en montagne ils utilisent de vieilles baignoires pour abreuver les bêtes.

Parfois on les laisse branchées, pour les consoler, qu’elles aient l’impression d’attendre de servir encore, avec leur code-barres d’inscription à l’inventaire.

Ou alors s’organiser : chacun en adopter une. Créer un site où chacun enverrait la photo et l’adresse de la photocopieuse à adopter, comme on fait pour les chats déjà, et on s’inscrirait pour venir la chercher.

Voici la première. Elle vous attend.

 

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1ère mise en ligne et dernière modification le 8 novembre 2012
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