Une traversée de Buffalo | bifurcation 1 | la vie en quatre

une communauté ne se soude que par la distance – bifurcation 1, 1/7


Une bifurcation de 7 figures dans le chantier Buffalo. Accéder au livre Une traversée de Buffalo.

 

Les carrefours avaient cet avantage : on pouvait bien mieux organiser le vivre ensemble. Le premier installé spécifiait ce qu’il souhait. En termes de goûts de maison, de goûts relationnels, de facilités de voisinage, d’occupation de ses heures et éventuelles nuisances. Les suivants pouvaient s’installer dans son quadrant (on l’indiquait ensuite dans son adresse : numéro du carrefour et localisation, quadrant de première implantation). Cela n’empêchait pas qu’on ait ceci et cela de commun, d’un quadrant à l’autre, et même qu’on préfère – en cas d’affinité mais souhait de garder une distance qui permette l’autonomie – s’établir dans un quadrant différent, tout en affirmant cette affinité. Mais on y trouvait vraiment avantage : on pouvait vivre des années dans son quadrant sans faire connaissance de qui vivait dans les trois autres. En cas de problème, on pouvait assez aisément aussi permuter, après discussion à l’amiable. C’était juste bizarre sur la carte géographique : un monde en damier, et ce que ça avait changé à la façon de rédiger les adresses. On aimait bien cette rationalité. Et que chacun aussi soit si proche de la route, des quatre routes pour les quatre directions qui vous offraient toute la ville.
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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 février 2013
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