hommage Gustave Le Gray, photographier la mer

les vagues et la photographie via Courbet, Le Gray, Sugimoto et d’autres


complément du 15 mars 2014
- j’ai du mal à m’habituer à l’idée que ce site commence à ressembler à son propre rêve, articles qui peuvent ici évoluer depuis 8 ans... avec la nouvelle expérience du studio d’écriture Cergy, les questions images et art prennent une part plus importante, et le site est prêt à le refléter mieux... Alors ce billet repasse en Une pour inaugurer cette réactivation.

 

complément du 20 octobre 2007
- plus de 4570 personnes sont venues visiter mes photographies de vagues, avec hommage à Gustave Le Gray... L’expo Courbet, dont la Vague vaut bien L’Origine du monde, a contribué à réveiller cette page, d’où le fait que je la repasse en Une, puisque l’avantage de spip, par rapport aux blogs tout faits, c’est qu’on peut éviter le principe de la fosse à bitume....

 

note du 1er juillet 2006
- c’est l’article n° 87 de ce blog|journal, mis en ligne le 18 avril 2005. Je découvre que 2285 personnes à ce jour y ont consacré plus d’une minute. Aussi, c’est de saison, et c’est le bon souvenir de l’atelier en ligne écrire la mer réalisé avec la BNF, et ne manquez pas d’aller visiter le dossier (magnifiques galeries virtuelles concernant les tempêtes) de l’expo La mer .

 

Gustave Le Gray | photographier les vagues


D’abord ce passage étonnant de Zola parlant de La Vague de Courbet :

La Vague fut exposée au Salon de 1870. Ne vous attendez pas a quelque oeuvre symbolique, dans le goût de Cabanel ou de Baudry : quelque femme nue, à la chair nacrée comme une conque, se baignant dans une mer d’agate. Courbet a tout simplement peint une vague, une vraie vague déferlant sans se laisser décourager, sans se soucier des rires qui accueillaient ses toiles, du dédain ironique des amateurs. On le raillait, on l’appelait le peintre nébuleux, on feignait de ne pas comprendre dans quel sens il fallait prendre ses tableaux. Puis un beau jour on s’avisa que ces prétendues esquisses se distinguaient par un métier des plus délicats, qu’il y avait beaucoup d’air dans ses tableaux ; qu’ils rendaient la nature dans toute sa vérité. Et les clients affluèrent dans l’atelier de l’artiste ; ils l’ont tellement surchargé de travail vers la fin qu’il lui a fallu en partie donner de l’ouvrage bâclé. Je ne connais pas d’exemple plus frappant de la peur que ressent le public devant tout talent neuf et original, et du triomphe inévitable de ce talent original pour peu qu’il poursuive obstinément ses buts.

Je me souviens avoir vu la Vague de Courbet pour la première fois (en vrai) à Berlin, en 1988, presque vis-à-vis du mur, dans le petit musée d’art moderne près de la Philarmonie. Un mur, qui vous attrape comme en vous poussant dans le dos pour vous assommer directement contre la toile.

Pour l’expo La mer, terreur et fascination de la BNF, en octobre, Arnaud Laborderie m’avait fait découvrir ces travaux des précurseurs de la photo, comme si la mer, infiniment fluctuante défiait leur révolution photographique, qui prétend fixé l’instantané, en les contraignant à ce que l’instantané redevienne durée. Magnifiques, les vagues de Gustave Le Gray, que depuis j’ai toujours en tête.

Je pensais à tout ça dimanche dernier, avec mon petit Olympus numérique de rien du tout, en me demandant comment s’y prendre et quoi photographier, le blockhaus demi immergé, du sable ou pas de sable, et cette fichue ligne d’horizon, que Hiroshi Sugimoto nous met arbitrairement à la moitié de l’image, où est-ce que moi je dois la positionner ? Et l’absence de couleur, chez Sugimoto, ça change quoi ?

Qu’est-ce qui me fascine là qui vient de l’enfance, marcher, penser, et la permanence du bruit, avec parfois d’autres phrases qui se greffent, comme celle de Rabelais sur la Vague decumane. Grande, forte, violente. Car la dixiesme vague est ordinairement plus grande en la mer Oceane que les autres.

J’installe ici des carrés d’eau. Ce n’est pas de la photographie. Pour apprendre à mieux respecter ce qu’en font les photographes ? Au retour de cette ballade plage (j’ai surtout gardé une série de blockhaus immergés), j’ai effacé 40 ou 50 des images numériques pour n’en garder qu’une poignée. Mise en ligne telle quelle, depuis le petit appareil numérique bas de gamme, et sans retouche d’image.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne 18 avril 2005 et dernière modification le 11 mars 2014
merci aux 19669 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page