trois histoires d’édition

du manuscrit au livre, un débat à Ombres Blanches


Pour mes trois jours de participation au bien nommé Marathon des mots de Toulouse, Gauthier Morax m’avait réservé quatre interventions : le jeudi après-midi au centre de détention de Muret, le vendredi soir à 22h30 une performance dans le cadre de Londres, ville invitée — c’était un portrait de Marianne Faithfull entre Dylan et Stones, avec un diaporama d’images réservées à cette soirée et quelques musiques rares — et ce samedi midi une table ronde sur Julien Gracq, dont le modérateur, Dominique Rabourdin, vient de réaliser le grand entretien du Magazine Littéraire, échange écrit avec Gracq.

Et puis, vendredi à 17h, à la librairie Ombres Blanches, une rencontre sur le thème : éditer le contemporain, menée par Christian Thorel. Des éditeurs, il y en eut plusieurs à se succéder au même lieu : Paul Otchakovski-Laurens, Bernard Wallet...

Christian Thorel est descendu de son bureau avec une pile de livres : des mémoires ou des témoignages d’éditeurs. Chaque fois, il en prenait un passage, et nous demandait, à Bernard Comment, pour Fiction & Cie, et à moi-même pour Déplacements, de réagir et développer.

Première question : en partant d’une page de Jérôme Lindon, et de lui-même vu par Jean-Jacques Pauvert, savoir si la formulation même, éditer le contemporain a un sens spécifique, avec deux corollaires, à savoir si une collection se justifiait par rapport à une revue et pourquoi. Et à savoir si être éditeur et auteur se conciliait et comment.

Deuxième question : en partant d’un récit de Maurice Nadeau racontant comment il a reçu le premier manuscrit de Fred Deux, savoir comment nous gérions l’accueil des manuscrits, avec quels paramètres.

Troisième question : en partant d’un fragment des mémoires de José Corti, quelle pérennité pour les livres dans les conditions de réception d’aujourd’hui, en quoi le contexte — les questions du genre, aussi — avait pu se déplacer depuis ce que décrivait, pour lui-même, José Corti.

Voici donc, en trois épisodes, chacune de ces questions, appuyées par une lecture d’un récit d’éditeur, une histoire d’édition. Pour les réponses que nous y avons faites, en essayant de nous servir d’exemples concrets pris au travail que nous menons en binôme, Bernard Comment et moi-même, pour Déplacements, il fallait être là ... Pas d’enregistrements, à ma connaissance, même lorsque un peu plus tôt j’écoutais Louis Garrel lire les Illuminations de Rimbaud sur fond rock — sauf les lectures Gracq retransmises par France Culture (avec en particulier la Littérature à l’estomac lue par Jack Ralite, juste après Daniel Mesguich !).

Cette page se veut être juste une captation, un témoignage de ce qui est notre quotidien dans l’exercice de ce métier, non pas vue côté public, mais telle que je le perçois à cet instant de mon côté de la table. L’image y est secondaire. La voix, la présence, la façon de déployer le discours et construire une question y sont le principal. La salle de débats et lectures est installée au coeur même de la librairie de Christian Thorel [1]. C’est juste un écho de ce travail de fond, rencontres, échanges, dans une période où tout est mutation. J’ai donc codé les vidéos en petit format, par discrétion, et merci à CT [2].


- vidéo 1 : Jérôme Lindon vu par Jean-Jacques Pauvert, et le métier d’éditeur vu par Jérôme Lindon (4’)
- vidéo 2 : un souvenir de Maurice Nadeau concernant Fred Deux (6’)
- vidéo 3 : avoir son nom sur un livre, par José Corti (4’)

[1très heureux d’avoir vu ce billet signalé le soir même d’une part à Tokyo via le jlr et d’autre part à Montreal via Jean-Michel Salaün - j’ai mis commentaire pour préciser que le lecteur "à la voix chaleureuse" est bien Christian Thorel, et non moi-même, qui opérais à l’appareil photo : dommage pour la "mise en abîme sémiotique" !

[2photos du haut : la "réserve" où sont traités les envois en ligne d’Ombres Blanches et, en laissant la souris, vue qu’on avait de notre place par la verrière au-dessus de la salle


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1ère mise en ligne et dernière modification le 16 juin 2007
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