du livre, de la musique, et des livres avec musique
26 octobre 2008, 11:56, par FB
je crois qu’il y a une différence entre l’onde de choc rejoignant désormais le livre et celle qui a bouleversé complètement la musique, peut-être dans le lien lecteur/oeuvre : la profusion de textes est telle que ce que nous définissons comme oeuvre numérique, s’agissant de littérature, est un ensemble, qui tient du mot "service", du mot "licence", et qui suppose d’autres relations possibles, accès à documents non inclus dans l’objet de 1ère lecture, la lecture dense, possibilité d’oeuvre "ouverte", réactualisée ou augmentée à intervalles réguliers, relation avec l’auteur incluant lectures audio, et en synergie avec stages ou rencontres
la musique réinvente aujourd’hui ce même genre de chemins, liaison très étroite de la scène et de ce qu’on nomme encore "disque" (état stable d’un enregistrement ?), coopératives de téléchargement notamment
pour la littérature, peut-être l’amorce d’un changement de "pacte" ? - comme pour la musique, ce qui fait ce que nous nommions "livre" c’est la complexité qualitative et quantitative de l’acte éditorial qui s’attache au parcours d’un manuscrit – le Net permet d’annihiler ou presque la notion de "publication", mais c’est comme les YouTube home music et ce qu’on fait en studio : installer via le Net les mêmes processus complexes qu’on a dans la chaîne traditionnelle, même si les "curseurs" sont différents (la base catalogue peut être bien plus large, les temps bien plus réactifs)
il y a dans l’édition des tas de phénomènes complexes : la part la plus créative s’est réfugiée dans la "petite" édition, et ceux-là ont bien compris, plus vite que les structures industrielles, la nécessité d’une liaison forte et vivante avec le Net
je ne voudrais pas qu’on se méprenne sur mon billet concernant l’offre Fnac/Hachette : pourquoi, s’agissant d’une offre réservée Sony Reader, ne proposent-ils pas une option de choix de formats incluant le format propriétaire Sony (lrf) qui, au moins, permet la justif et un rendu typo inaccessible pour l’instant à Digital Editions ?
et, surtout, comment penser qu’on diffuse un objet numérique comme s’il s’agissait d’un livre papier vendu sur la base en ligne ? en se numérisant, le livre change de nature : il autorise et contraint à un autre "écosystème", pour cela que je parlais des possibles enrichissements, images, dialogue avec l’auteur, documents complémentaires
ce n’est qu’une hypothèse, mais c’est nécessaire de peser aujourd’hui sur l’idée : les modèles issus de simple transposition condamnent à court terme le rôle des libraires, et probablement la taille des structures industrielles - des modèles travaillant à une autre définition du "livre", notamment dans son rapport à la lecture public (bibliothèques, accès licences, diffusion en pré publication) et dans une nouvelle économie de l’objet lui-même (le papier comme un des éléments parmi la totalité du dossier numérique) et chacun peut envisager son rôle
on entre de toute façon dans une période de mutations qui va secouer - à savoir si la "profession" est capable de remettre en cause un minimum ses basiques, le système des offices, les redistributions internes à la diffusion, la propension éditoriale à matraquer de plus en plus du consensuel interchangeable, leurs modèles internes services de presse et com’ sans aucune implication web 2 etc
notre "boutique", comme le disait aimablement le trolleur d’hier soir, ne prétend pas donner des leçons : simplement, côté auteurs, on s’organise, et il n’a jamais été possible d’apprendre sans expérimenter - jamais constaté pour l’instant, même dans les meilleures maisons, qu’une réévalutation des rôles dans le travailler ensemble était à l’ordre du jour...
je crois qu’il y a une différence entre l’onde de choc rejoignant désormais le livre et celle qui a bouleversé complètement la musique, peut-être dans le lien lecteur/oeuvre : la profusion de textes est telle que ce que nous définissons comme oeuvre numérique, s’agissant de littérature, est un ensemble, qui tient du mot "service", du mot "licence", et qui suppose d’autres relations possibles, accès à documents non inclus dans l’objet de 1ère lecture, la lecture dense, possibilité d’oeuvre "ouverte", réactualisée ou augmentée à intervalles réguliers, relation avec l’auteur incluant lectures audio, et en synergie avec stages ou rencontres
la musique réinvente aujourd’hui ce même genre de chemins, liaison très étroite de la scène et de ce qu’on nomme encore "disque" (état stable d’un enregistrement ?), coopératives de téléchargement notamment
pour la littérature, peut-être l’amorce d’un changement de "pacte" ? - comme pour la musique, ce qui fait ce que nous nommions "livre" c’est la complexité qualitative et quantitative de l’acte éditorial qui s’attache au parcours d’un manuscrit – le Net permet d’annihiler ou presque la notion de "publication", mais c’est comme les YouTube home music et ce qu’on fait en studio : installer via le Net les mêmes processus complexes qu’on a dans la chaîne traditionnelle, même si les "curseurs" sont différents (la base catalogue peut être bien plus large, les temps bien plus réactifs)
il y a dans l’édition des tas de phénomènes complexes : la part la plus créative s’est réfugiée dans la "petite" édition, et ceux-là ont bien compris, plus vite que les structures industrielles, la nécessité d’une liaison forte et vivante avec le Net
je ne voudrais pas qu’on se méprenne sur mon billet concernant l’offre Fnac/Hachette : pourquoi, s’agissant d’une offre réservée Sony Reader, ne proposent-ils pas une option de choix de formats incluant le format propriétaire Sony (lrf) qui, au moins, permet la justif et un rendu typo inaccessible pour l’instant à Digital Editions ?
et, surtout, comment penser qu’on diffuse un objet numérique comme s’il s’agissait d’un livre papier vendu sur la base en ligne ? en se numérisant, le livre change de nature : il autorise et contraint à un autre "écosystème", pour cela que je parlais des possibles enrichissements, images, dialogue avec l’auteur, documents complémentaires
ce n’est qu’une hypothèse, mais c’est nécessaire de peser aujourd’hui sur l’idée : les modèles issus de simple transposition condamnent à court terme le rôle des libraires, et probablement la taille des structures industrielles - des modèles travaillant à une autre définition du "livre", notamment dans son rapport à la lecture public (bibliothèques, accès licences, diffusion en pré publication) et dans une nouvelle économie de l’objet lui-même (le papier comme un des éléments parmi la totalité du dossier numérique) et chacun peut envisager son rôle
on entre de toute façon dans une période de mutations qui va secouer - à savoir si la "profession" est capable de remettre en cause un minimum ses basiques, le système des offices, les redistributions internes à la diffusion, la propension éditoriale à matraquer de plus en plus du consensuel interchangeable, leurs modèles internes services de presse et com’ sans aucune implication web 2 etc
notre "boutique", comme le disait aimablement le trolleur d’hier soir, ne prétend pas donner des leçons : simplement, côté auteurs, on s’organise, et il n’a jamais été possible d’apprendre sans expérimenter - jamais constaté pour l’instant, même dans les meilleures maisons, qu’une réévalutation des rôles dans le travailler ensemble était à l’ordre du jour...