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paradigmes qui changent en profondeur

7 juin 2009, 21:07, par François Bon, le blog|journal

je comprends l’allusion, Mathieu, mais elle arrive alors qu’une après-midi de plus on a brassé et rebrassé pas mal de questions de cette sorte :
 une démarche d’édition numérique doit se situer sur le même terrain que l’édition tradi, affirmer un catalogue, une démarche, le web est large – il y a bien des plate-formes, de m@nuscrits à lulu.com qui ratissent à la quantité, nous on a choisi un terrain inverse, d’affinités, de mise en avant des enjeux de langue
 la partie émergée de l’iceberg c’est métaphore facile, mais dans l’étape où on est chaque conquête ou franchissement technique c’est des dizaines et dizaines d’heures développement et solidification - et c’est encore multiplié dans le cadre des questions complètement innovantes posées par l’accès bibliothèques, et le "relationnel" du texte (annotations, recherches, navigation d’un texte à l’autre, intégration des métadonnées dans les catalogues) – alors on va doucement, on met progressivement en ligne des textes qui nous semblent en relation avec notre démarche, avec une volonté de diversité, d’écart, mais l’éditorial (et encore je ne parle pas de la paperasserie et des contraintes pour une eurl en France) on le fait à mesure, lentement, et bien conscients d’avoir toujours sur la table une quarantaine de textes en stand-by
 plus au fond encore, si au début on est parti d’un schéma de mise à disposition d’archives textes d’auteurs, et d’inédits ou textes laboratoire, le changement dans les usages et les supports (le feuilletoir en ligne de l’immateriel-fr est une révolution, même si désormais nous ne sommes plus les seuls, loin de là, à aller dans cette direction), et l’évolution très rapide maintenant des "liseuses", fait que la question centrale c’est une écriture nativement numérique, et non pas ce qui s’écrit selon les schémas de ce qui pouvait être publié par les éditeurs traditionnels du "contemporain", lesquels sont tous contraints de réduire la voilure
 ce sont ces questions qu’il faut poser sur le fond : la littérature a toujours constitué ses formes en étroit rapport avec les modes de production et circulation du langage dans sa représentation et son interrogation du monde – aujourd’hui on ne "lit" même plus le journal, chacun se fabrique le sien propre en temps réel avec sa sélection de flux rss - il en va de même pour les blogs et la création littéraire qui déjà y a pris socle
 alors aucune porte fermée à publie.net, mais dans ces questions de rythme, de technologue qui nous requièrent énormément, mais véritablement grisantes quant aux enjeux, et l’interrogation de formes littéraires où probablement nous allons pouvoir aller de plus en plus loin dans l’intégration de la spécificité numérique
 et c’est déjà probablement notre meilleure récompense que le côté très novateur de ce que nous mettons en ligne

bien cordialement, crois-le