15 juin 2010, 17:09, par Florence M/Montréal Photographe
BW traite du jeu constant entre le seuil de la vie réelle d’une part, avérée, toujours plus lointaine que son souvenir, et de l’autre celui qui parle comme de celle qui écoute, qui écrit : subjectivement.
D’un côté les faits, les possibles déjà incarnés (les fuites comme les exploits), de l’autre celui qui raconte ou qui ne raconte pas, qui colère contre le monde ou peut-être contre lui-même : que deviennent les faits lorsque l’on conte des souvenirs ? Où est passée sa propre vie sinon dans le discours qu’on en fait ? La sincérité est une qualité du temps présent. Et le rai de lumière qui s’échappe ou s’arrange de ce jeu s’appelle officiellement une biographie. Celle-ci s’opacifie à chercher sa transparence, c’est l’écueil du familier. On dirait plutôt une ombre chinoise.
BW est l’histoire d’un homme debout, qui a couru de longs moments, mais à d’autres il s’est figé. De ces immobilités là, la concience s’ankylose et le malheur de l’homme se met à tourner, lui venant de ses remords, de l’incompréhension qu’il a de lui-même, de sa solitude. "L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn" : s’il reste à BW sa langue pour en parler, il se prouve ou s’accuse sans détour, fier de sa virilité. Fier et beau.
Pourtant il se raconte, et Lydie Salvayre écrit son homme nu, elle l’écoute et le protège et le caresse ; la vie est là, paradoxale dans sa dureté et son nécessaire répit, replis dans la rondeur.
La vie s’échappe, philosophique ; il y a cet idéal d’une vie rêvée et parcourue d’aplomb et le réel qui nous déchire pour trop et trop peu, à chaque manquement nos absences deviennent des départs. On essaie de s’aimer.
Ce livre et ses démons sont de ceux qui soutiennent l’effort de chacun pour conquérir et accepter son humanité. Il est drôle par moment et bourré de références littéraires à découvrir ou de retrouvailles très connues.
Merci pour les paysages de visages d’avant la manne du tourisme.
BW traite du jeu constant entre le seuil de la vie réelle d’une part, avérée, toujours plus lointaine que son souvenir, et de l’autre celui qui parle comme de celle qui écoute, qui écrit : subjectivement.
D’un côté les faits, les possibles déjà incarnés (les fuites comme les exploits), de l’autre celui qui raconte ou qui ne raconte pas, qui colère contre le monde ou peut-être contre lui-même : que deviennent les faits lorsque l’on conte des souvenirs ? Où est passée sa propre vie sinon dans le discours qu’on en fait ? La sincérité est une qualité du temps présent. Et le rai de lumière qui s’échappe ou s’arrange de ce jeu s’appelle officiellement une biographie. Celle-ci s’opacifie à chercher sa transparence, c’est l’écueil du familier. On dirait plutôt une ombre chinoise.
BW est l’histoire d’un homme debout, qui a couru de longs moments, mais à d’autres il s’est figé. De ces immobilités là, la concience s’ankylose et le malheur de l’homme se met à tourner, lui venant de ses remords, de l’incompréhension qu’il a de lui-même, de sa solitude. "L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn" : s’il reste à BW sa langue pour en parler, il se prouve ou s’accuse sans détour, fier de sa virilité. Fier et beau.
Pourtant il se raconte, et Lydie Salvayre écrit son homme nu, elle l’écoute et le protège et le caresse ; la vie est là, paradoxale dans sa dureté et son nécessaire répit, replis dans la rondeur.
La vie s’échappe, philosophique ; il y a cet idéal d’une vie rêvée et parcourue d’aplomb et le réel qui nous déchire pour trop et trop peu, à chaque manquement nos absences deviennent des départs. On essaie de s’aimer.
Ce livre et ses démons sont de ceux qui soutiennent l’effort de chacun pour conquérir et accepter son humanité. Il est drôle par moment et bourré de références littéraires à découvrir ou de retrouvailles très connues.
Merci pour les paysages de visages d’avant la manne du tourisme.
Voir en ligne : http://www.flickr.com/photos/room78/