Je ne peux pas m’empêcher ; ça se passe à Grenoble, novembre 2007, on était plus serrés. Ce monde qui est là, et qu’il faut lâcher et retenir en même temps.
Transports communs
Ce matin dans le tramway que je prends pour aller travailler nous étions debout serrés les uns contre les autres, il était 7h30. Des haleines de dentifrice, de chocolat, de café ; des crèmes de visage pas tout à fait pénétrées, la peau encore brillante ; des vêtements du jour, de la veille ; la chaleur des corps vidés puis remplis, ou l’inverse, plus ou moins propres. Des lecteurs MP3. La population est étudiante, jeune, à part quelques uns, comme moi. Un très jeune couple à ma droite se sourit discrètement. Elle a deux petites noisettes à la place des yeux, et apprend à s’en servir. Derrière moi, un grand manteau rouge et un bonnet noir. On se tourne le dos, collés. Mes fesses sont juste au-dessus des siennes. La sensation est agréable (j’ai toujours aimé mes fesses, c’est peut-être ce que je préfère en moi). Le jour se lève à peine.
Le tramway glisse le long de pelouses givrés, blanches, comme une grosse coque protectrice, une grosse bulle remplie d’humains. Hélas dans quelques minutes la bulle éclatera, et la mousse se déversera.
Je ne peux pas m’empêcher ; ça se passe à Grenoble, novembre 2007, on était plus serrés. Ce monde qui est là, et qu’il faut lâcher et retenir en même temps.
Transports communs
Ce matin dans le tramway que je prends pour aller travailler nous étions debout serrés les uns contre les autres, il était 7h30. Des haleines de dentifrice, de chocolat, de café ; des crèmes de visage pas tout à fait pénétrées, la peau encore brillante ; des vêtements du jour, de la veille ; la chaleur des corps vidés puis remplis, ou l’inverse, plus ou moins propres. Des lecteurs MP3. La population est étudiante, jeune, à part quelques uns, comme moi. Un très jeune couple à ma droite se sourit discrètement. Elle a deux petites noisettes à la place des yeux, et apprend à s’en servir. Derrière moi, un grand manteau rouge et un bonnet noir. On se tourne le dos, collés. Mes fesses sont juste au-dessus des siennes. La sensation est agréable (j’ai toujours aimé mes fesses, c’est peut-être ce que je préfère en moi). Le jour se lève à peine.
Le tramway glisse le long de pelouses givrés, blanches, comme une grosse coque protectrice, une grosse bulle remplie d’humains. Hélas dans quelques minutes la bulle éclatera, et la mousse se déversera.