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13/11/05 : la page du dimanche

13 novembre 2005, 22:16

Ecrire, et voir après. Les peintres, aveugles par définition, savent cela.
On est prêts partants pour les développements incontournables, ça semble sonner juste on y va et brutalement ça va ailleurs parce qu’il s’agit toujours d’autre chose et l’écart se creuse
l’image envahit tout : à côté de la table de travail, le lecteur enregistre les pics et les creux. Quand ça ne se concentre pas là-haut, on sait juste qu’on a un répit pas très long pour reprendre ce qu’on appelle des forces (traduire : survivre). Il paraît qu’on peut même vaquer à ses occupations. Faire le ménage, par exemple, ou repousser l’adversité qui toujours envahit l’envers, attaquer alors le trône, la lunette, les parois douteuses, les angles noirs ou morts,changer l’eau trouble du poisson déjà sauvé d’un éclatement du bocal au prix de blessures à la main parfaitement dérisoires puis couronner le tout d’encens nature après la pluie et l’odeur de Javel en filigrane
alors c’est reparti : regarder du côté de la petite pointe métallique tremblante inscrivant inexorable la pente ascendante du prochain pic, c’est reparti serrer les dents laisser venir les mots on ne peut plus faire autrement enfoncer les ongles dans la chair de l’écart une douleur chasse l’autre et peut-être au bout du tunnel ce qu’ils nomment expulsion ou début de l’exil ou mort ou naissance ou

écrire c’est à voir en travail on ne sait plus qui ni quoi on reconnait juste l’odeur, Antoine, Javel et nature après la pluie.
CE