Clément signale sur twitter article du journal québécois Le Devoir avec compte rendu de notre table ronde au Salon du livre de Québec samedi dernier.
Le journaliste s’y étonne de ce que nous n’ayons pas évoqué "le prix du livre numérique".
Vrai que ça ne me serait pas venu à l’idée dans un débat public.
Réflexion 1 : on a déjà assez à faire des questions de fond, celles qui touchent à la lecture, à la transmission, et corollaire : ce qui s’invente sur le web, si on l’explore ce n’est pas pour ces sempiternelles questions de "marché" qui me barbent désormais à saturation.
Réflexion 2 : mais en parlant usages de lecture, on parle justement de ce qui invalide une réflexion sur notion de prix. Publie.net, ce qu’il me semble qu’on déplace, c’est via l’idée du "cabinet de lecture", l’accès à volonté pour découvrir, se promener, tenter via abonnement forfaitaire. Ça d’une part.
Et d’autre part qu’une instance décisive de ce qui rend possible l’expérience, c’est l’intervention de la lecture publique, sur un mode neuf, celui des accès. Que les bibliothèques répercutent l’abonnement qu’elles souscrivent auprès de leurs usagers ou pas, passionnant d’entendre des responsables de bibs venir à nous parce qu’ils souhaitent, de leur point d’ancrage propre, une ouverture sur la création littéraire, et donc insérer publie.net dans leur proposition. Si cela touche 30 établissements aujourd’hui, je leur suis d’autant plus reconnaissant. Qu’on passe la barre des 100 (ça existe, quand même, des bibliothèques ?) et on sera hors d’eau – c’est pour nous enjeu vital. Et c’est là aussi où perçois comme injustice qu’il n’y ait aucun dialogue avec instances publiques par rapport au nombre d’heures, centaines d’heures, passées à déchiffrer et inventer ensemble pour ce qui concerne accès à distance, intégration catalogues etc : pour l’instance publique, ceci ne concerne pas "le livre". On verra bien si, dans le cadre des 14 directives récemment formulées par F Mitterrand, il échappera quelques miettes...
Pour ce qui est du "prix" que nous pratiquons, me souviens que la première semaine, lançant publie.net en novembre 2007, j’avais mis 7 euros. Eric Chevillard m’avait répondu que 5,50 c’était plus symbolique, parce que le prix d’un livre de poche ordinaire.
Seulement, sur ces 5,50, même en tenant compte des 19,6% de TVA (ô douceur de l’État français, aujourd’hui je reçois une injonction de payer mes 441 euros de TVA du dernier trimestre 2009... dûment payés pourtant mais en ligne via leur site Internet, c’est ça AUSSI, la préhistoire qu’on affronte...), je provisionne et redistribue 50% de la recette nette aux auteurs, par contrat, directement sur les téléchargements, et au prorata des pages vues pour les abonnements. C’est donc parfaitement clair. Noter que 50% d’une recette nette à 4,60 euros, ça donne pour l’auteur 1 fois 1/2 les 11% sur un livre papier de 20 euros. Et nous prenons les frais de structure en charge sur l’autre moitié.
Donc bien le bonjour sur la question du prix, moi j’ai tranché pour ce qui me concerne.
Clément signale sur twitter article du journal québécois Le Devoir avec compte rendu de notre table ronde au Salon du livre de Québec samedi dernier.
Le journaliste s’y étonne de ce que nous n’ayons pas évoqué "le prix du livre numérique".
Vrai que ça ne me serait pas venu à l’idée dans un débat public.
Réflexion 1 : on a déjà assez à faire des questions de fond, celles qui touchent à la lecture, à la transmission, et corollaire : ce qui s’invente sur le web, si on l’explore ce n’est pas pour ces sempiternelles questions de "marché" qui me barbent désormais à saturation.
Réflexion 2 : mais en parlant usages de lecture, on parle justement de ce qui invalide une réflexion sur notion de prix. Publie.net, ce qu’il me semble qu’on déplace, c’est via l’idée du "cabinet de lecture", l’accès à volonté pour découvrir, se promener, tenter via abonnement forfaitaire. Ça d’une part.
Et d’autre part qu’une instance décisive de ce qui rend possible l’expérience, c’est l’intervention de la lecture publique, sur un mode neuf, celui des accès. Que les bibliothèques répercutent l’abonnement qu’elles souscrivent auprès de leurs usagers ou pas, passionnant d’entendre des responsables de bibs venir à nous parce qu’ils souhaitent, de leur point d’ancrage propre, une ouverture sur la création littéraire, et donc insérer publie.net dans leur proposition. Si cela touche 30 établissements aujourd’hui, je leur suis d’autant plus reconnaissant. Qu’on passe la barre des 100 (ça existe, quand même, des bibliothèques ?) et on sera hors d’eau – c’est pour nous enjeu vital. Et c’est là aussi où perçois comme injustice qu’il n’y ait aucun dialogue avec instances publiques par rapport au nombre d’heures, centaines d’heures, passées à déchiffrer et inventer ensemble pour ce qui concerne accès à distance, intégration catalogues etc : pour l’instance publique, ceci ne concerne pas "le livre". On verra bien si, dans le cadre des 14 directives récemment formulées par F Mitterrand, il échappera quelques miettes...
Pour ce qui est du "prix" que nous pratiquons, me souviens que la première semaine, lançant publie.net en novembre 2007, j’avais mis 7 euros. Eric Chevillard m’avait répondu que 5,50 c’était plus symbolique, parce que le prix d’un livre de poche ordinaire.
Seulement, sur ces 5,50, même en tenant compte des 19,6% de TVA (ô douceur de l’État français, aujourd’hui je reçois une injonction de payer mes 441 euros de TVA du dernier trimestre 2009... dûment payés pourtant mais en ligne via leur site Internet, c’est ça AUSSI, la préhistoire qu’on affronte...), je provisionne et redistribue 50% de la recette nette aux auteurs, par contrat, directement sur les téléchargements, et au prorata des pages vues pour les abonnements. C’est donc parfaitement clair. Noter que 50% d’une recette nette à 4,60 euros, ça donne pour l’auteur 1 fois 1/2 les 11% sur un livre papier de 20 euros. Et nous prenons les frais de structure en charge sur l’autre moitié.
Donc bien le bonjour sur la question du prix, moi j’ai tranché pour ce qui me concerne.