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prix unique du livre numérique : ça discute

11 août 2010, 16:07, par Hubert Guillaud

Oui, le prix unique du livre n’a de vertu que pour le lecteur : lui assurant de pouvoir trouver partout n’importe quel ouvrage au même prix - même si force est de constater qu’on ne trouve pas les mêmes ouvrages dans tous les endroits, au contraire. Il n’en a pas vraiment pour les auteurs, comme l’explique François. Il n’en a pas beaucoup pour les libraires (qui gagnent moins à l’exemplaire que de gros distributeurs). Il n’en a pas beaucoup pour les éditeurs.

Dans le livre numérique, ce ne pourrait pas être un mal, que le consommateur puisse avoir confiance dans les structures où il achète, convaincu de trouver partout un produit identique au même prix. Qu’il puisse acheter sur iTunes comme sur la Fnac ou sur Bibliosurf le même contenu au même prix. Sans régulation, le risque est que les gros taillent dans la masse, comme le fait déjà Amazon en vendant à perte une poignée d’ouvrages pour faire un appel du pied aux lecteurs.

Cela dit, je comprends et partage largement ton énervement François, d’autant que le projet de loi ne s’intéresse qu’au livre homothétique - et pas au reste, ce qui est une aberration - et qu’il ne pense pas à ce que devient la diffusion à l’heure du numérique (peut-on mettre un prix unique à un fichier perpétuel et à des volumes papiers qui finissent pas s’épuiser ? Le risque du prix perpétuel est bien là : http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/05/04/livre-numerique-du-prix-unique-au-prix-perpetuel/ ). Enfin, comme le dit très bien Xavier Cazin chez Thierry Couzet - http://blog.tcrouzet.com/2010/07/30/hypocrisie-du-prix-unique-du-livre/#comment-79889 - la promesse de personnalisation du numérique aura du mal à s’accommoder du prix unique, sauf à construire un dédale de tarifs (c’est déjà le cas sur certaines librairies) où chacun se perdra d’autant plus facilement que les droits de ce que l’on achète sont mal décrits (comme le dit très bien ton expérience d’achat de livres numériques de POL).

Pour ma part, je suis plutôt favorable à un prix unique du livre numérique. Au fait qu’on trouve partout l’offre au même prix au même moment. Cela favoriserait la confiance des acheteurs, la diversité des modes d’achats dans le produit et continuerait à distinguer le livre et la lecture des autres produits culturels. Mais pas au prix du livre papier, comme le répètent éditeurs et libraires (qui n’ont pas compris leur spécificité et le fait que celle-ci perdure), et encore moins au prix de l’homothétie du livre.

Voir en ligne : laFeuille