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l’invitation : Rebollar contre Berlol

8 juin 2006, 00:11, par Christine Genin

Merci Berlol ali@s Rebolar pour ce beau texte dont j’aime qu’il soit très nuancé et prenne en compte les blessures du « for intérieur » dont l’anonym@t ne préserve pas.
Merci aussi à ses commentateurs, notamment pour les citations de Francis Ponge, que je grave précieusement dans mes tablettes.

Adepte de longue date du bénévol@t réticulaire (merci de citer Labyrinthe), même si je n’aime pas tellement le terme un peu trop connoté de bénévol@t, je suis convaincue des beautés et de la nécessité du rhizome. Il m’arrive tout de même de douter et de me dire que notre enthousiasme mérite quelques bémols.

Depuis quelques mois je me suis ainsi essayée à l’anonym@t, en créant sous pseudo (opaque) un blog du type « florilège anonyme de lectures commentées » (pour reprendre tes termes). Mon envie était double : me « lâcher » un peu (mission pas vraiment accomplie, car on se sent vite « responsable » même d’un pseudo) et faire l’expérience de repartir de zéro pour voir comment se comporte le réseau avec les nouveaux venus.
L’expérience a hélas été concluante : lorsqu’on n’est pas déjà connu dans le réseau, lorsqu’on ne triche pas en prenant le soin de prévenir amis et relations qu’on ouvre un blog, les commentaires et les citations sont très longs à venir, demeurent ensuite très rares, et ne sont pas forcément ceux que l’on souhaiterait lire : quelques insistants qui eux aussi débutent et cherchent à se faire un réseau et les habituels indésirables qui sèment partout les mêmes provocations (« je suis ce corps n’est pas une assertion démontrée je pense non plus ») et les mêmes injures (l’anonym@t m’a permis d’échapper à la mysogynie du même individu qui puisque je parlais sciences m’a promue mâle). Il faut donc rendre hommage aux indésirables, qui sont plus curieux que les autres ! Tenter de recourir aux recettes classiques (créer des liens vers des blogs que l’on suit de longue date, aller y poster quelques remarques, etc.) est le plus souvent inutile : la plupart des bloggeurs installés sont regroupés en petits cercles d’affinités, leurs listes de liens souvent figées, et leurs commentateurs, installés dans leurs pages comme dans un salon (les salons littéraires sont aujourd’hui dans l’internet, comme chacun le sait !), échangent des private jokes qui découragent les égarés.

L’anonym@t m’a donc fait me sentir très seule au milieu de la prolifération des discours et pas vraiment connectée ni reliée. Conclusion somme toute banale : la vie réticulaire est comme la vie que l’on dit « vraie » : difficile et solitaire.

Voir en ligne : Labyrinthe