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l’invitation : Rebollar contre Berlol

13 juin 2006, 15:37, par Berlol

Cher Christian, j’ai un petit peu de mal à vous comprendre. Premièrement, vous faites appel à des concepts flous que j’aimerais vous voir préciser (ailleurs, peut-être sur votre blog pour ne pas ennuyer FB) : la "littérature académique", je ne sais pas ce que c’est, de même que le "jeune".
Ensuite vous associez des choses sans expliquer ce qui vous le permet : les "tenants" qui ont "de l’argent" (où voyez-vous que des auteurs avérés (si j’essaie de comprendre votre "littérature académique") comme Bon, Detambel, Gracq, Bergounioux, Michon, Salvayre, Volodine, pour ne prendre que ceux-là, ont de l’argent ? - vous délirez ! Ils sont tous plus près du RMI que de l’ISF, tandis que Brigitte Aubert ou Enki Bilal doivent être plus à l’aise...).
Puis c’est "surmonter une opposition" qui serait une "révolution", alors qu’à vous lire ensuite vous en appelez à une inversion de la situation (dont "nous" devrions avoir peur, avec votre "réveillez-vous !").
Enfin vous associez les Stones à Madonna. Pour du grand art, je mettrai plutôt Tuxedomoon et Muslimgauze, pour respecter un peu la même chronologie, mais c’est un détail (je crois d’ailleurs que peu de jeunes connaissent les Stones, c’est plutôt pour des quinquagénaires).
Le plus grave à mes yeux c’est que vous faites des camps. Vous dites "nous sommes", c’est qui ? Comptez-vous ! Des "jeunes" ? Des "jeunes" qui aiment les Stones et Madonna ? et qui rejettent Barthes, Derrida et Blanchot ? (Quel rapport ?) Et puis vous dites "réveillez-vous". Et ce "vous", c’est qui ? En tout cas, je ne me sens absolument pas concerné et je pense que Christine et François ne le seront pas non plus (le "Labyrinthe" de CG inclut des auteurs de tous âges et genres).
En clair, vous avez envie d’en découdre et vous croyez que vos ennemis sont ici, mais je ne pense pas que ce soit le cas. Pour ma part, je n’ai jamais opposé des catégories littéraires de cette façon, ni dans l’article ci-dessus ni ailleurs ; je pense même qu’en revendiquant une "littérature populaire", comme vous le faites, vous desservez des auteurs en les enfermant sous cette appellation. Votre définition de la "vraie littérature", comme dispositif, etc., c’est tout à fait ridicule (vous confondez célébrer son image et s’arracher les tripes...). J’ai réservé le plus incroyable pour la fin : la littérature commerciale... qui s’adresse aux autres ! Pour leur pomper leur pognon, je suppose.
Avec l’internet, tout le monde peut s’exprimer, mais ça ne veut pas dire que tout le monde réfléchit suffisamment avant de le faire. Quant aux temps qui changent, oui, à chaque nanoseconde.

Voir en ligne : JLR