Et voilà. C’est comme se retrouver au milieu de rien. Cela ne signifie rien d’autre que de vouloir avancer dans ce rien qui prend toute la place. Aucune lumière ne scintille. Aucun frémissement ou quelconque mouvement de qui que ce soit, de quoi que ce soit. Le rien le plus profond, celui devant lequel on se tient, parce qu’on ne peut pas faire autrement. On pourrait attendre mais on s’empare presque malgré soi d’un livre posé en travers sur une étagère. Au lieu de le ranger, le remettre à sa place, les mains l’ouvrent. Et voilà. Et on se promène entre les pages de l’ouvrage. C’est un livre d’art, avec des reproductions de peinture. On regarde sans vraiment voir. On laisse les pages se tourner. Les couleurs imprégner nos pupilles. Des formes donner à imaginer. On l’a déjà feuilleté bien sûr. Mais dans cet instant sans rien, c’est la seule chose qui s’est présentée. Et voilà qu’un visage me regarde. Il me happe. Et tout s’arrête. Ou plutôt non, tout commence. Mon corps se redresse. Je m’installe au bureau, force le livre à s’écarter pour bien rester face à face. Voilà, c’est ça. Tout peut commencer.
2 commentaires à propos de “#construire #01 | Annonciation”
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c’est entre les pages oui, c’est ça, que ça attrape et commence
L’image dans le livre n’a pas besoin d’apparaître aux yeux du lecteur, elle est là, et le mouvement d’arrêt qui fait se mettre en mouvement est présent lui aussi, avec beaucoup de force.