A propos de Solange Vissac

Entre campagne et ville, entre deux livres où se perdre, entre des textes qui s'écrivent et des photos qui se capturent... toujours un peu cachée... me dévoilant un peu sur mon blog jardin d'ombres.

# le livre comme fiction #06| Méïpe

Il suffit parfois de deux pages, dans une police de caractère bleutée, à la taille suffisamment grande, et l’épure d’un dessin représentant la silhouette d’une fillette à laquelle s’identifier, pour hameçonner un regard d’enfant. Le livre s’ouvre encore de lui-même à la page préférée, dans ce recueil de Pages choisies et Lectures suivies à la destination des enfants du Cours Continuer la lecture# le livre comme fiction #06| Méïpe

#livre #05 | quelqu’un, quelque part

Parfois on se trouve contraint de faire le chemin à l’envers, pour expliquer et effacer les faux-pas ou les assertions dites avec une forme de panache, tout au moins de certitude tranquille. L’atelier d’écriture que j’anime accueille une nouvelle personne, qui voulait venir depuis quelques temps, mais n’osait pas. Puis, poussée par quelque vent favorable, elle décide de franchir la Continuer la lecture#livre #05 | quelqu’un, quelque part

#livre #03 | Une goutte d’eau

Comment ne pas se sentir l’espace d’un instant le propriétaire des lieux, comme l’appelpressenti d’un chez soi. C’est simple. Un peu à l’écart de la vie de la ville, sans en êtrevraiment éloigné. Une devanture un peu nostalgique, rappelant celle des années soixante, d’une teinte pastel où le mauve glisse un soupçon d’ailleurs. Il faut appuyer fort sur la poignée Continuer la lecture#livre #03 | Une goutte d’eau

#livre #02 | rien d’autre

Il est là-haut, dans la maison de famille qui supporte les souvenirs dans sa carcasse de granite. Dans la pièce que l’on nomme bibliothèque, après avoir porté longtemps le nom de petite pièce, il se tient à la cime de l’étagère, à l’horizontale, dans sa texture de velours vert, toujours recouvert d’une couverture plastique protectrice. Reçu par courrier postal bien Continuer la lecture#livre #02 | rien d’autre

# le livre comme fiction #01 bis| Rituels

Un fauteuil. Un livre. Un crayon à papier posé sur l’accoudoir. La fenêtre sur ma droite. Pour les lectures en journée. Parfois la surface plane du bureau si le livre est trop lourd. Je tiens le livre, mais sans jamais l’ouvrir à son apogée. Je l’entrouvre sans forcer la couverture, sans la casser. Il y a toujours un marque-page que Continuer la lecture# le livre comme fiction #01 bis| Rituels

#livre #01 | V and V

Ainsi un nouveau livre. Parce qu’il est impossible de faire autrement. L’annonce de sa parution s’est inscrite sur une page internet. C’était prévu pour le 24 avril de cette année. J’ai envoyé un mail à mon libraire favori. Deux jours plus tard, le livre était en boutique, soit un jour avant la sortie officielle. Je n’ai pas beaucoup de temps Continuer la lecture#livre #01 | V and V

#construire #05 | Flou

C’est l’œil sans prothèse. Il scrute mais ne peut s’accrocher aux langues de feu qui s’agitent devant lui. C’est lui qui voit ce que personne d’autre ne peut concevoir. Des écailles rougies, des lamelles montantes, un amalgame de faisceaux et l’entour qui n’est plus. C’est l’œil durci par la myopie quand tout vacille, s’entrelace et se trouble, et ce sont Continuer la lecture#construire #05 | Flou

#construire #03 | si j’étais moi

C’est cette sonnerie de téléphone stridente qui raya la matinée, déjà bien avancée, d’un trait de texture noire. Elle sortit de son rêve à reculons, tentant de s’accrocher à une image pour la conserver en mémoire et reconstituer des échafaudages au songe. Mais la sonnerie effaça l’image et la propulsa hors d’elle. C’était une erreur. L’appel téléphonique était une erreur Continuer la lecture#construire #03 | si j’étais moi

#construire #02 | de tout et de rien

Le rien est plein, il susurre, il suinte, il gémit, il grésille, il ruisselle, il donne à voir ce qui manque, il cache ce qu’il veut, il prend de la place, il nous égare entre les mailles d’un silence nécessaire, il patiente, il crée un espace nouveau, il tire et noue des fils, il devient image, il glisse des grains Continuer la lecture#construire #02 | de tout et de rien

#construire #01 | Annonciation

Et voilà. C’est comme se retrouver au milieu de rien. Cela ne signifie rien d’autre que de vouloir avancer dans ce rien qui prend toute la place. Aucune lumière ne scintille. Aucun frémissement ou quelconque mouvement de qui que ce soit, de quoi que ce soit. Le rien le plus profond, celui devant lequel on se tient, parce qu’on ne Continuer la lecture#construire #01 | Annonciation