#construire #04 | Traîneur de frontière

Tu traînes. Un homme t’a regardé. Tu ne sais pas par où passer. Tu ne sais pas comment franchir.

Alors tu traînes autour de l’église. Tu cherches la porte basse. Tu cherches la porte la plus basse. Tu aimerais bien qu’il y en ait une. Revenir en arrière.

Tu es au-delà. Le bantaba est là, ce qu’ils appellent l’arbre à palabre. Tu traînes là. Comment repasser de l’autre côté ? Tout est ouvert pourtant mais l’accumulation de poussière obstrue l’horizon. Tu passes la main sur les rondins lissés par les assises de tous ceux qui ont écouté là et parlé. C’est agréable. Un moment.

Tu es devant l’entrée du petit cimetière. Une femme te regarde. Elle photographie des plaques. Le passage n’est pas là. Mais c’est le moment du silence. L’herbe pousse et tu ne sais d’où elle remonte. A la saison prochaine, il y aura de nouveau des graines dont certaines font des arbres.

Tu regardes en haut. Les hautes branches et feuilles de l’arbre te font oublier qu’il se trouve aujourd’hui au cœur des paroles humaines. Un jour il a poussé là où il n’y avait qu’herbe et passage d’animaux. Le reste a bien suivi. Tu en es là.

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