C’était haut, haut même pour une taille d’adulte. Un rectangle qui avait vue sur le ciel ou le ciel qui avait vue au-dedans comme percer les ténèbres. De là tombait la seule lumière et c’était sur un damier de dalles blanches et noires disposées en losanges au sol du long couloir. Une surface vitrée inaccessible et close à jamais d’un mastic beige que le soleil ferait fondre à force d’étés répétés, que le gel craquèlerait en hiver. Depuis les pieds sur le tapis persan qui recouvrait les marches avec l’angélus du tableau figé au mur à gauche, quand la rampe en bois s’offrait à la main droite, l’œil anticipait cette ouverture. C’est par là que la grille du jardin de devant entrait dans la maison, celle qui grinçait déjà à l’époque à cause des pavés bombés excavés en secret par quelque racine mystérieuse, et qui raclaient le bas des barreaux du temps où Finette attendait Edmond, qu’il pousse enfin cette grille puisqu’il venait d’être libéré. Depuis ces quelques marches du bas de l’escalier et malgré sa petite taille, elle aussi l’aurait vu pousser la grille par cette vitre en hauteur qui surplombait la lourde porte d’entrée derrière laquelle ils avaient trouvé refuge et hospitalité. Quel besoin avait-il eu de sortir ? Et c’était arrivé.
Un commentaire à propos de “#construire #05 | un refuge.”
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une menace sourd derrière cette fenêtre haut placée… Tout ce que l’oeil voit nous le dit, merci Anne