A propos de Anne Dejardin

Projet en cours "Le nom qu'on leur a donné..." Résidences secondaires d'une station balnéaire de la Manche. Sur le blog L'impermanence des traces : https://annedejardin.com. Né ici à partir du cycle«Photographies». Et les prolongations avec un texte pour chaque nom qui dévoile un bout de leur histoire. Avec audios et vidéos, parce que des auteurs ou comédiens ont accepté de lire ces textes, l'énergie que donnent leurs voix. Merci. Voir aussi sur Youtube.

#arts de la fiction #05 | Celle à côté.

Entrer dans une maison inconnue… Quelle idée il avait eue de réserver une chambre dans cette maison inconnue ! Une maison sur laquelle notre regard avait bien dû se poser mille fois peut-être ou pas une seule, mais ce qu’il en restait c’était pareil, rien. Était-ce du fait de sa position en retrait et dans le rêve il était bien visible, Continuer la lecture#arts de la fiction #05 | Celle à côté.→

arts de la fiction #04 | Le cadet

…qu’il était le cadet des quatre garçons, mais le plus proche de moi, sa cousine, pour avoir vécu un temps sous leur toit, lui, toujours un peu à la traîne, dans les jupes de sa mère, d’avoir failli mourir à la naissance, l’attention dont elle l’entourait, avec ce prénom qu’elle lui donnait et qu’elle continuerait à lui donner, Mon Jésus, Continuer la lecturearts de la fiction #04 | Le cadet→

# arts de la fiction #03 | Accorder son pas.

Décor 1 : Un restaurant qui tourne le dos au parking et à toutes les enseignes géantes et universelles, à part son entrée. Une paroi entièrement vitrée ouverte sur du vert laissé en l’état donne aux tables espacées une luminosité que le temps gris ne contredit pas. Des chansons qui ont été des tubes dans les années 80 passent en continu. Continuer la lecture# arts de la fiction #03 | Accorder son pas.→

#arts de la fiction #01 | La bonne porte.

J’étais dans la maison en carton comme ils l’appelaient. Tout était grand ouvert. Plus tard, j’en saisirais toute l’improbabilité. Je suis plutôt du style à tout fermer, je crains la chaleur, les moustiques, le pollen, le vent, tout ce que l’air du dehors véhicule comme nuisance. Mais sur le moment tout semblait en ordre. J’étais dans le salon et les Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | La bonne porte.→

#arts de la fiction #02 | Liège – Munchen

C’est la gare des Guillemins, on est un vendredi. Le père a trouvé facilement une place. À cause de l’heure. Le train est à minuit. Il traîne un peu parce que c’est à lui de fermer les portières de la voiture et de porter la valise. Il n’a pas encore ses problèmes de dos. Sa femme ne porte rien, à Continuer la lecture#arts de la fiction #02 | Liège – Munchen→

# le livre comme fiction #07 et #08 | Le livre égaré.

Ce serait un livre égaré. Ou un livre qui n’aurait pas été écrit. Et donc pas lu non plus. Un livre qui n’existe pas. Le récit qu’il contient se faisait depuis la bouche de lui, le patriarche. Avec le jeu de ses sourcils blancs et touffus. Le chef, c’était lui, ce qu’on en croyait à l’époque de l’enfance. L’aura qu’on Continuer la lecture# le livre comme fiction #07 et #08 | Le livre égaré.→

# le livre comme fiction #06 | Porter le même prénom.

Elle sourit dans le médaillon, alors qu’il n’y a pas de quoi, pas de quoi se réjouir… Je ne veux pas la lire. La fin, on la connaît. C’est toujours ce qu’on en dit en premier. Alors pourquoi ce sourire sur la couverture ? A -t-elle vraiment cru qu’elle allait s’en sortir ? C’est une lecture obligatoire. Alors tu lis. Tu lis Continuer la lecture# le livre comme fiction #06 | Porter le même prénom.→

#le livre comme fiction #04 | Des livres pour la vue.

Le grand buffet avec sa triple vitrine, je ne l’avais connu que meuble à livres. En avait toujours contenu. Depuis les premiers que j’ai lus et dont les bords irréguliers, ciselés, resteraient longtemps un mystère, aux pages jaunies qui enfermeraient à jamais l’odeur de l’enfance. Dans la pièce vidée qui avait été chambre d’enfants puis salle à manger pour un Continuer la lecture#le livre comme fiction #04 | Des livres pour la vue.→

#livre #05 | En boîte à livres.

Quand de la consigne, tu ne retiens que le mot échapper. Échapper à une logique marchande, il avait dit. Eux aussi échappés, réunis pour un temps plus ou moins long dans une maisonnette bleue de poupée et son toit à deux pentes et sa façade vitrée et si tes mains chargées, du regard y plonger pour déchiffrer le titre sur Continuer la lecture#livre #05 | En boîte à livres.→

#livre #02 | Ailleurs.

Un monde inexistant entre les pages trop larges d’un livre hors cadre avec son format unique. Il faut une table pour l’ouvrir et le bras est trop court pour que les pages tournent aisément.  À l’intérieur des planches de couleurs et elles sont moches. On n’écrit pas moche. Moi je l’écris comme on se venge. Moche. Se venger de quoi ? Continuer la lecture#livre #02 | Ailleurs.→