#livre #07 | creuser le perdu

Je l’avais promis, du moins je me l’étais promis —que je le garderai. Toujours, oui— d’un seul souffle, murmuré. Comme à un amour, avec jamais avec toujours. Ce livre qui s’effeuillerait. Ses pages si légères, avec à peine quelques signes, comme une colonie de fourmis sur l’ivoire jauni. Toujours, oui. Ses phrases qui fulgurent. Aphorismes. Sentences. Eclairs : énigmes. Ce livre Continuer la lecture#livre #07 | creuser le perdu

#le livre comme fiction #04 | Bibliothèque nomade ou buissonnière, dans une chambre, en contre-jour, avec un peu de poussière

celle qui n’a ni rayonnages ni alphabet; bibliothèque buissonnière sous le manteau de cheminée sans feu, avec ses livres de passage qui se soutiennent et penchent ; celle qui s’agrège en tours, plus ou moins chancelante, au pied du lit ou sur le tabouret qui fait table de nuit; qui s’arrange du fil des lectures, demeure et passe, là en Continuer la lecture#le livre comme fiction #04 | Bibliothèque nomade ou buissonnière, dans une chambre, en contre-jour, avec un peu de poussière

#livre comme fiction #03 | Maison de la Presse

Les tables des nouveautés, se trouvent juste après les cartes d’anniversaire, au milieu en entrant. Sur la droite une table rassemble les livres choisis avec leurs fiches de lecture; des fiches roses à petits carreaux, fixées aux livres par un trombone, écrites à la main d’une écriture cursive très soignée . Au fond, après les linéaires de journaux et de magazines, sur Continuer la lecture#livre comme fiction #03 | Maison de la Presse

#construire #12 | exercice d’impuissance

Qui maintenant Quoi maintenant Quoi ici, là maintenant Quoi dans l’éprouvette : c’est ça l’idée ?  éprouvette ou épuisette? la question déjà m’épuise hier suis tombée en amour du mot : déjà Déjà seul compte le chemin On entend dire au passage : voilà les fantômes Ces vrais faux morts Qui est ton fantomeQuiY a toujours un dibbouk qui pèse Continuer la lecture#construire #12 | exercice d’impuissance

#construire #06 | faire.

S’occuper. Activer les mains pour calmer le dedans de la tête, le discipliner. Être à ce qu’on fait. Depuis des doigts minutieux, même pour les grands travaux. Que l’esprit n’aille pas se croire tout permis et chambouler tout le creux du ventre et tout l’autour. Dompter les pensées comme traquer la poussière ou faire les vitres ou ranger les placards. Continuer la lecture#construire #06 | faire.

#construire #06 | l’instant d’écrire à la poussière le geste d’un souvenir

d’abord les chaussures, les lacets nœuds sur nœuds, s’y casser les ongles ; essayer de tirer la chaussure soudée au pied, le pied a gonflé de marcher ainsi dans la neige, de marcher ainsi dans la boue. Se raviser, partant du bas, déboutonner le manteau ; un Duffle-Coat, les boutons oblongs en plastique imitent le bois, rugosité, comme si l’écorce sous la Continuer la lecture#construire #06 | l’instant d’écrire à la poussière le geste d’un souvenir

#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

Éphélides de poussière en contre-jour. Porte fenêtre grand-ouverte mais jalousies. Souvenir de pas sur le gravier: œil se dessine une robe de fleurs pâles, c’est peut-être un tablier bleu qui passe. De grands platanes à claire-voie pèlent ; entre la chaise et le miroir ombres en jeu d’eau. Grillons, mouches, guêpes ; un chœur d’insectes fait front. Œil écoute et Continuer la lecture#construire #05 (2) | à claire voix- jalousies

#boost #07 | ce sera ce serait

Ce sera, ce serait le matin à la lueur dépliée de la lampe avec un bout d’arbre. Ce sera un oiseau pour tous les autres, juste le chant, sans les plumes. La neige serait rare. Ce sera le coude contre l’angle vif du bois de la table, et le cul de travers dessus la chaise dure aux trois coussins. Ce Continuer la lecture#boost #07 | ce sera ce serait

#anthologies #31 | remugles

Je parle d’où l’on m’a couchée un matin qu’il pleuvait, fardée, la mâchoire ceinte d’un cordon, vêtue de cette robe grise prise au magasin des indigents et chaussée : « parce qu’on ne part pas sans chaussures — bottines recousues à gros points qui m’entraient dans l’os – sous peine d’errer sans repos sur la terre », avait dit la bouche au-dessus de moi. Continuer la lecture#anthologies #31 | remugles

#anthologie #25 | liste olfactive

Les dimanches ce que je préférai quand nous arrivions rue de Steinkerque c’était l’odeur de cave dans le hall, plus marquée dans le petit recoin sous l’escalier où je me cachais pour faire peur à mon frère, et qui s’éventait à mesure que nous gravissions les cinq étages. Quand nous arrivions rue Legendre, et qu’il fallait se laver les mains Continuer la lecture#anthologie #25 | liste olfactive