#chroniques # 09-10 | Histoires (comme ça vient… en chemin)

1 | LA ROBE BLANCHETheatre Elle se contorsionne pour entrer dans la robe qu’on lui prête pour le spectacle de fin d’année. Une robe blanche à volants et galons noirs; des manches ballons; un corset armé de fanons de baleines, comme une cage sur une cage. Il lui semble qu’elle est une chamelle qui veut passer par le chas d’une Continuer la lecture#chroniques # 09-10 | Histoires (comme ça vient… en chemin)

#chroniques #00 en prélude au prologue | boxer la mort (notes en vrac)

3 / Dans l’autoportrait en boxeur, les mains du peintre sont occupées au (ou par le ) combat. Gracilité du buste en plan poitrine, lui, sur un fond jaune (or jaune des icônes) : les mains on dirait des moignons; violette-rouge la tête penche et, dans l’obscur du contre-jour grimace. Cette façon de poser les couleurs comme des ecchymoses sur Continuer la lecture#chroniques #00 en prélude au prologue | boxer la mort (notes en vrac)

#le livre #01| anatomie d’une chute

Ce petit bout d’un dos. Rognure, lambeau de cuir, feutrine et carton doré au fil. Qui se détache. 2018, le livre entre dans la maison avec la Coiffeuse et, deux Verlaine. De son dos ne reste qu’un fragment retenu à un fil qui se rompt, ce petit bout de dos qui porte le nom de l’auteur, et le titre, et Continuer la lecture#le livre #01| anatomie d’une chute

#construire #12 | exercice d’impuissance

Qui maintenant Quoi maintenant Quoi ici, là maintenant Quoi dans l’éprouvette : c’est ça l’idée ?  éprouvette ou épuisette? la question déjà m’épuise hier suis tombée en amour du mot : déjà Déjà seul compte le chemin On entend dire au passage : voilà les fantômes Ces vrais faux morts Qui est ton fantomeQuiY a toujours un dibbouk qui pèse Continuer la lecture#construire #12 | exercice d’impuissance

#mardis | Laura Kasischke, faire parler un mort au je | Eternel regret

Je n’avais jamais osé en parler avant. Avant quoi, exactement ? Avant ceci. Avant d’être là. On ne se présente pas ici de son plein gré.Je vous remercie de me convoquer, convoquer est le mot juste. Vos pensées m’appellent et me suffisent. Je vous remercie de me laisser raconter quelque part ce que je n’ai jamais pu laisser transparaître dans cette Continuer la lecture#mardis | Laura Kasischke, faire parler un mort au je | Eternel regret

#construire #10 | entre eux

MarieMarie, c’est le prénom de la femme qui aidait Marc un mercredi sur deux au marché ; Marie qui portait sa vie accrochée à son dos (et parfois sur la tête) qui vivait de petits boulots : de petits bouts pour avoir l’eau, elle aimait jouer avec les mots – tu en es sure, ce n’est pas encore un de des tours Continuer la lecture#construire #10 | entre eux

#construire #09 | (avec ratures)

« je n’aurais pas écrit de livres sous la contrainte, ni sous la torture »: qui peut se présumer a priori d’acte de résistance – nombreux et nombreuses étaient mortes pour avoir tenu tête(combien d’autodafés intérieurs) qui peut dire : je ne l’aurais pas fait je n’écrirai pas de livre politique, je ne saurais pas je n’écrirai pas de livre d’enquêteje ne pourrai Continuer la lecture#construire #09 | (avec ratures)

#construire #03 | La peur de mourir

Je porte avec discipline mon corps chaque jour à la clinique. Je savoure l’instant où je m’assiérai nue sur le tabouret en bois et attendrai que Rohit revienne et se tienne derrière moi avec l’huile dont il enduira mon crâne pour le masser, puis les épaules, puis tout le corps quand je m’allongerai sur le ventre au milieu de la Continuer la lecture#construire #03 | La peur de mourir

#construire #05 | fenêtre en contre-jour

Grand rectangle de verre tanné ; attrape lumière comme attrape-rêves. Porosité du verre ancien. Vitre fatiguée aux saisons de pluies, de bruines, d’étés brûlants. Écran matière. Dehors ramené au plan : ciel à travers. Mur brique aveugle. Cheminées. Œil traverse. Battements d’ailes, nuages, passés au tamis des matières. Rester là voir. Bribes. Coulures. Poussières. S’absorber aux lueurs. Guetter l’instant. Non. Plutôt Continuer la lecture#construire #05 | fenêtre en contre-jour

#rectoverso #13 | violons

RectoC’est un étui noir où gît un violon couchédans son écrin doublé de satin violet violon viole oubliéevoix voiléevoilette violette porte voiléederrière un voile de poussièrede souvenirs oubliésde secrets bien cachés violet sombre passéviolet pâle parmepassé passementéviolet bleu grisviolet mauvedes paupières qui battentcomme des portes violet sombregris noirviolet couleur demi-deuilcouleur des veuvesqui se remarientun bouquet de violettesà la mainun chapeau Continuer la lecture#rectoverso #13 | violons