#40jours #33 | Tirer son épingle du jeu

J’ai mis du temps à comprendre que ce qui me faisait peur, enfant j’ai toujours été très craintif, pas très courageux, je préférais me défiler face à l’adversité, fuir le conflit, me cacher pour éviter les embrouilles, ce n’était pas le danger, la violence des plus forts, des méchants, bien sûr devant eux j’étais impuissant, la violence me tétanisait, je Continuer la lecture#40jours #33 | Tirer son épingle du jeu

#40 jours# 31| muet

Tu la reconnais ? Je ne sais pas. Il y a beaucoup de bruit dans l’image. Du grain. Ce n’est pas une image numérique. Ils n’ont pas pris une pellicule assez sensible. Il n’y a pas de pellicule ni de caméra c’est filmé avec les yeux. Qui filme ? Elle ou lui. Ça n’a pas tant d’importance. L’image bouge beaucoup. On dirait que Continuer la lecture#40 jours# 31| muet

#40jours #22 | devant l’Infinie Clémence

Nos saisons avaient des noms. Il y avait le Bœuf Suant, les Tortues Sèches, la Saison des prédictions… tant d’autres encore. Leur durée et leur fréquence étaient aléatoires. Certaines revenaient régulièrement, d’autres disparaissaient comme des étoiles filantes. Parfois au bout de quelques jours, la saison en cours était interrompue et on passait à la suivante. Qui décidait ? Les Autorités, Continuer la lecture#40jours #22 | devant l’Infinie Clémence

#40jours #17 | ici c’est déjà partout

Ce qui l’attend : fruits trop mûrs, bonnes affaires. Faut avoir l’œil, elle en a une bonne paire, constamment écarquillée, prête à capter. Entre midi et deux, pas décidé, jusqu’au marché, même quand il pleut. Va et revient les bras chargés de sacs remplis. Cheveux trempés, elle remplit le frigo, raconte à celleux qui passent des histoires. Son équipe gronde pour Continuer la lecture#40jours #17 | ici c’est déjà partout

#40jours #21 | Protocoles d’Ardiglione

Je me suis postée face au numéro 21* de la via d’Ardiglione pour examiner les conditions pratiques de l’exécution du protocole 21. Je reste immobile devant le 21. Je peux aussi m’appuyer sur le mur d’enceinte du petit parc qui fait face au numéro 21. Ou contre une grille close dudit parc face au numéro 23. Il y a très Continuer la lecture#40jours #21 | Protocoles d’Ardiglione

#40jours #20 | donner fut fort donner

donner fut fort donner quand le corps sortant de la ligne d’attaque maîtrisa sans bloquer le coude assaillant et coupant jusqu’à terre en demi-rotation les genoux fléchissant mais le dos toujours droit avec ma main guidant sa nuque et sa tête atterrissant contre mon épaule mon bras se replia alors vers son cou pour provoquer sa chute donner fut fort Continuer la lecture#40jours #20 | donner fut fort donner

#40jours #17 | Métier est l’anagramme de mérite

Derrière son guichet, dans le courant d’air de la porte battante du supermarché, l’étroitesse de sa caisse, elle garde le sourire malgré l’inconfort de son fauteuil, les plaisanteries misogynes des clients, la mauvaise humeur des habitués qui ne trouvent jamais rien en rayon, qui se plaignent de la constante hausse des prix, du mauvais temps, du masque qu’il faut sans Continuer la lecture#40jours #17 | Métier est l’anagramme de mérite

#40jours #15 | Je suis assis dans une pièce

Je me sens mal à l’aise. Je ne sais pas si je devrais le dire, si c’est bien raisonnable de l’avouer. J’entends des voix. Dans la rue, au bureau, à la maison, des voix proches ou lointaines, inconnues ou amicales, peu importe, ce ne sont pas des voix de personnes mortes, je ne les entends dans l’au-delà, non. J’entends des Continuer la lecture#40jours #15 | Je suis assis dans une pièce

#40jours #11 | Perdu éperdu

C’est un moment de basculement, de renversement inattendu, tu as l’impression qu’il s’éternise alors qu’il ne ne devrait durer qu’un instant, un instant suspendu où tu te retrouves perdu, dans la ville, dans ce jardin que tu traverses où tout semble soudain si différent du paysage que tu connais, que tu as l’habitude de parcourir, les allées qui traversent le Continuer la lecture#40jours #11 | Perdu éperdu

#40jours #09 | Fascination Shibuya

J’avance. Je ne vois rien. La musique des immeubles avec leurs publicités aux images obsédantes et répétitives, lumières clignotantes, signes enchevêtrant, et ce bruit inouï qui se mêle aux sons de la circulation, des métros aériens, de la gare toute proche, et des avions dans le ciel. Une jeune femme dans un long manteau vert kaki qui porte une besace Continuer la lecture#40jours #09 | Fascination Shibuya