#40 jours #27 | jusqu’où

A quel moment sais-tu ? Une certitude ou un doute ? Que font les mains à ce moment là ? Dans tout le corps vraiment ? Et dans les yeux ? Faut-il se regarder ? Craindre de se voir ? Jusqu’où es-tu allée ? Quand tu as renoncé à ton fiancé ? Au parfum des fleurs de jasmins ? Ton Continuer la lecture#40 jours #27 | jusqu’où

dialogue#5 Carver II Avec des pompons

C’était vers trois heures de l’après midi; j’allais pour acheter du pain. Les gosses étaient dans l’appartement. C’était mon jour de garde, et rien, même pas un sucre. La femme se trouva devant moi avec cette valise qui n’avait ni roulettes ni poignée et semblait un cheval rétif qu’elle tentait d’attirer à l’aide d’une ficelle. Ce n’était vraiment pas le Continuer la lecturedialogue#5 Carver II Avec des pompons

vers un écrire/film #02 | intérieur/nuit

Intérieur nuit | gros plan | une cigale sur un oreiller blanc | au premier plan un corps allongé | flou | tâche de cheveux châtains | coupés courts | air chaud gonflé du bruit strident | nuit d’été | contre-champ | plan rapproché d’une femme | elle dort | couchée sur le côté | yeux fermés | la cigale Continuer la lecturevers un écrire/film #02 | intérieur/nuit

autobiographies#14 | (2) en… suite

le premier  jour de l’enfant l’odeur de son sommeil à la commissure du cou et de l’épaule le premier matin de la nuit des amants L’AURORE de Murnau, l’aurore de Murnau l’aube de Rimbaud le cercueil qu’on redresse à la verticale pour passer entre les portes étroites et on ne sait pas bien où est la tête dans la boite Continuer la lectureautobiographies#14 | (2) en… suite

L7 | Retrouver le clochard

Une femme marche dans un couloir. Après une première année dans l’enseignement, s’ouvre à moi une période de presque deux mois de vacances. Le couloir. En février, j’ai entamé un nouveau texte. Une femme marche dans un couloir. C’est un bâtiment de l’administration. Ça contraste complètement avec les 20 à 24 jours de congés à l’année qui m’étaient octroyés auparavant. Continuer la lectureL7 | Retrouver le clochard

L’entorse

Tomber, se relever, pas crier (Enfant, elle n’a jamais su comment faire) Poser le pied par terre, pas pleurer (Elle prend du Spasfon quand le ventre se tord trop) Cet itinéraire, elle le suit pourtant deux fois par jour, aller-retour : se laisser porter par l’escalier mécanique, passer le portique inerte et froid, acheter trois baguettes à la boulangerie, pénétrer Continuer la lectureL’entorse

Prologue. Femme d’eau.

Au dessus du bassin un simple tuyau sort du mur et l’eau tombe goutte à goutte impatiente irrégulière se stabilise un instant en filet il se tord vrille mais descend imperturbable. L’eau est tout à fait transparente et pourtant mille reflets et ombres s’éparpillent sur la margelle. Tout à coup plus abondante elle est comme folle se précipitant et touchant Continuer la lecturePrologue. Femme d’eau.

Au beau milieu de la route

On lui aurait demandé pourquoi elle était sortie ce soir-là, elle n’aurait pas su trop quoi répondre, elle était sortie pour prendre l’air, pour marcher, parce que la vie est belle, elle était sortie et elle marchait sur la route, au beau milieu de la chaussée, devant les voitures, à côté des voitures, au milieu des voitures, elle marchait, elle Continuer la lectureAu beau milieu de la route

Non exhaustif

     Celles qui veillent dans la nuit, celles qui portent les malheurs du monde, celles qui réparent, celles qui nourrissent, celles qui soignent, celles qui écrivent, celles qui rêvent, celles qui dessinent, celles qui construisent, celles qui jardinent, celles qui sèment, celles qui aiment, celles qui imaginent, celles qui bâtissent, celles qui tissent, celles qui entretiennent les lieux et les liens, Continuer la lectureNon exhaustif

Mes sols 3 : Les zones de pénombre où j’étanchais ma soif

Cette photo illustre la proposition #1 Les Sols

Les zones de pénombre où j’étanchais ma soif 29062018 Le confort de ce feu attirait mes yeux, mes mains et mes lèvres, elle plongeait dans le plancher et je flottais au-dessus d’elle, au-dessus du tapis, elle était torturée sous mes assauts, yeux bleus et cheveux blonds, elle était belle dans la lumière rouge, les peaux irradiées de douceur. Mon appartement Continuer la lectureMes sols 3 : Les zones de pénombre où j’étanchais ma soif