Prologue. Femme d’eau.

Au dessus du bassin un simple tuyau sort du mur et l’eau tombe goutte à goutte impatiente irrégulière se stabilise un instant en filet il se tord vrille mais descend imperturbable. L’eau est tout à fait transparente et pourtant mille reflets et ombres s’éparpillent sur la margelle. Tout à coup plus abondante elle est comme folle se précipitant et touchant le fond du bassin. La surface plutôt calme jusqu’alors asperge autour on ne distingue plus la masse de l’eau et sa source. Puis un clapotis doux continu et régulier un murmure et des paroles audibles par la femme assise là qui avec sa main bloque l’eau à son embouchure elle s’élargit en voile mince aussitôt défait se faufile entre les doigts revigorante passe où et comme elle veut refuse d’être commandée précipitée cinglée folle. L’eau est la femme au bord de la margelle.

14 commentaires à propos de “Prologue. Femme d’eau.”

    • C’est sympa, Françoise. Je viens de lire ton texte, je les ai presque tous lus cette fois, mis à part les tous derniers. Déjà la photo de la mer est vivante, et ton texte bref et ramassé est tonique. Tu vas aller mieux et pourras-tu nager cet été ? Je t’embrasse.

  1. Ça a l’air si évident. Ça va tout seul de te lire. L’art est là. Comme à Armille, la Ville Invisible, mais avec gravité. Avec simplicité. Je lis ce livre, Valet noir, où l’auteur s’interroge beaucoup sur l’écologie du récit, la littérature du vivant… Tes lignes valent une longue démonstration.

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