Vers un écrire/film #08 | Ébullition

1. Si j’étais cinéaste, je filmerais l’ébullition. Celle des casseroles, de l’eau qui frétille en attendant les pâtes. Bien sûr, il faudrait se méfier des vapeurs. Les lentilles ne sont pas friandes de la buée — pas plus d’ailleurs que les micros ne sont friands du brouhaha de la hotte. L’allumer risquerait de compromettre la prise de son ; ne pas Continuer la lectureVers un écrire/film #08 | Ébullition

vers un écrire / film #03 | étreindre

Quoi tenter d’étreindre ce matin en ces heures de gel encore. Ciel pâle alors qu’en arrière du versant il y a davantage de couleur. Puis elle vient la couleur et remplit la vallée. Dans la timidité de l’hiver. Une gamme de jaune ocré mêlé de blanc et de beige rosé. Brusque irruption du soleil à dépasser le versant. Et cette Continuer la lecturevers un écrire / film #03 | étreindre

autobiographies #06 | c’était novembre

C’était d’abord rejoindre le port de la Joliette depuis la gare Saint Charles, la nuit, c’était novembre et la nuit tombait vite, c’était se souvenir d’instinct du chemin à suivre, elle avait pris une bonne avance pour rejoindre le port, déjà le Danielle Casanova dressait sa silhouette imposante, on aurait dit un immeuble scintillant posé sur l’eau lourde et noire, Continuer la lectureautobiographies #06 | c’était novembre

hors-série #2 | balein·e·s

Quel que soit son mécanisme (à poussoir, automatique, inversé), un parapluie (de para – parer ? et de pluie – la pluie) est moins chiffonné ouvert que fermé. Sec dans un placard, ou dans un porte-parapluie, ou encore accroché à une patère près de la porte dans un vestibule (espace domestique souvent dénommé “entrée”, quoiqu’il serve indifféremment à l’entrée et Continuer la lecturehors-série #2 | balein·e·s

#L8 bis | De l’eau tu as toujours été aimé

L’eau se fait annoncer par une cour de grands nuages qui retournent leurs capes en un geste unanime, comme pour faire un tapis à ses pieds nus et tu vois cela, et tu n’en es pas surpris tu en vois le début, le milieu et la fin et tu n’es surpris d’aucuns. Comme ils s’étaient pressés à sa demande, les Continuer la lecture#L8 bis | De l’eau tu as toujours été aimé

#P8 | Elle est signée de ton nom

Tu es la cadette du microcosme, longtemps. C’est ce qui fait ta singularité. Tu as le sentiment qu’une ligne est tracée. Qu’il est possible de s’en éloigner pour quelques pas, puis d’y revenir. De toute façon tu le sais bien, on t’appellera. Les regards toujours se tournent vers toi. Minuscule, tu fais tes premières nuits dans un lit bateau. Dans Continuer la lecture#P8 | Elle est signée de ton nom

#L6 L’attente

J-1 Il réajuste les jumelles. C’est bien là. Il n’y a pas de doute. Une ferme aux volets verts, c’est bien cela, même si la peinture défraîchie s’effrite et laisse apparaître du gris sous le vert. La piscine désaffectée, la fontaine, le hangar, tout est à sa place, même ce pneu plein de sable avecses vieilles pelles en plastique et Continuer la lecture#L6 L’attente

#L5 | Remous et renversement

l’humanité poussée dans ses retranchements, à bout d’elle-mêmeles mots de terre et d’eau, les histoires mêlées dans lesquelles il est facile de s’y glisserremous des êtres, des pensées, des élémentstout est renversement Une forme qui en devient une autre Sur la toile tendue pour une occasion qui se répétera sans doute, un train arrive en gare. Choc de l’image en Continuer la lecture#L5 | Remous et renversement

Jeûne

On raconte que Jésus jeûna quarante jours dans le désert. Admettons. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eût faim. Voltaire n’aurait pas dit moins. L’Evangile fait état d’une lutte contre des bêtes sauvages, mais ne dit rien de possibles mirages. Satan, lui proposa-t-il de l’eau ? Quelqu’un sait-il si Jésus but dans le désert ; la question reste Continuer la lectureJeûne

Eau-parleur

Une voix qui résonne dans la salle de bains carrelée de fausses écailles de poisson : « prends garde à l’eau, l’émail glisse ». Une voix qui tue-toi -Moi, et sidère par son mode impératif (dans la baignoire, l’eau se change en glace) : « reste allongée, la cuve est trop lisse pour te tenir debout ». Une voix qui postillonne les mirages (vu, Continuer la lectureEau-parleur