# 40jours #12. «Tire la bobinette , la chevillette cherra.»

Je la touche, chaque fois que je passe devant sans la taper bien sûr, en bas de la rue du Cadet, qui descend sur le marché, autant dire souvent. La maison est fatiguée, les volets aussi, mais ce que je caresse, c’est une main sur la porte, une main qui se détache à peine sur le marron pâli du bois, Continuer la lecture# 40jours #12. «Tire la bobinette , la chevillette cherra.»

#40jours #10 | depuis la main

J’ai peu de souvenirs de l’appartement de la rue du Corbeau. On ne donnerait plus ce nom à une rue aujourd’hui. Je devrais chercher sur Google toutes les rues du Corbeau. Le souvenir du souvenir, voilà ce qui me vient. Depuis le vague souvenir d’une photo sans doute. Le canapé en tissu noir chiné de quelques points blancs, une fauteuil Continuer la lecture#40jours #10 | depuis la main

vers un écrire/film #04 | vain gesticule

la vague avale le bras levé la main levée vers, le haut, de l’eau, la vaine main, la vague ne, soulève plus, qu’elle, la vague, l’eau, ne porte plus assez haut, les lèvres l’épaule la peau, avale toute l’eau crache, se raccr- se raccroche à quoi la main, à l’air, la main, cherche, appui, sur, l’eau, sur la peau de Continuer la lecturevers un écrire/film #04 | vain gesticule

vers un écrire-film #04 | Seul un oiseau

Les mots attendront. Toute entière, suspendue, interrogeant, comme un signe, une attente, un envol, un élan. Les mots sont insuffisants. L’un des cinq se tend vers l’arrière, au delà de la rectitude commune. Les mots ne disent pas assez. Deux autres désignent, pointent, indiquent, interrogent, vers l’avant, le devant, l’à venir. Les mots disent trop mal. Deux autres invitent vers Continuer la lecturevers un écrire-film #04 | Seul un oiseau

vers un écrire/film #04.2 | toi

Tu ne peux pas te mettre debout, pas encore. Ni te redresser. Allongée sur le dos; bras; jambe; main; pied; tendus vers le poisson nuage tu mimes un mouvement. Premier pas de danse sur le dos. Comme marcher sur l’air avec les mains. Te voilà. C’est toi. Tu ne le sais pas. Pas encore. Doigts resserrés au bâton de couleur : Continuer la lecturevers un écrire/film #04.2 | toi

vers un écrire/film #2/2 | seize heures vingt deux minutes

La main tape le code. Six lettres. Un chiffre. Le message d’erreur s’affiche. La tête se penche, le front heurte l’écran; l’œil se colle ( l’iris mordoré taché de noir brun et l’angiome en forme d’étoile sur le bord gauche près de l’arrête du nez ). Les doigts tapent sur l’écran de la machine, le message d’erreur s’affiche. Les doigts. Continuer la lecturevers un écrire/film #2/2 | seize heures vingt deux minutes

autobiographies #11 | manières (d’êtres habillés)

Les trois stylos de la poche poitrine, une tache d’encre marque la couture inférieure ; la veste en lainage anglais“Old style” sur la chemise jean délavée. La pointe rouge d’une décoration, comme un pins, au revers du col; le velours alezan brun roux clair du pantalon, les tennis —11 taille américaine— avec l’accroc qui s’effiloche à la pointe du pied droit, Continuer la lectureautobiographies #11 | manières (d’êtres habillés)

#P 9 | Épreuves à l’appui

Support de bois de 10 centimètres de large sur 14. Ce portrait miniature pourrait être l’œuvre de Louis Dugardin, artiste peintre de photographies qui durant la dernière décennie du 19e siècle rehaussait et colorisait à l’aide de peinture à l’huile les photographies qui lui étaient postées. Aucune signature ne l’atteste pour autant. L’absence au dos de la pièce de cachets Continuer la lecture#P 9 | Épreuves à l’appui

#L8 – Pariétal

H Horaires d’hiver, de printemps et d’été  les saisons sont biffées au cutter et  le mur de l’abribus s’effrite. Il scrute le mur, la truelle a gâché sans lisser : pointes dures, cailloux amalgamés, sillons; mur qui se hérisse, se creuse, se troue et dans leur cadre les horaires jaunis : les chiffres déchirés à la lame — 08H45 le lundi Continuer la lecture#L8 – Pariétal

Fantômes

Quand je le croise dans la rue, il dit, qu’il marche avec eux. Il froisse sous son bras les journaux qu’il emporte toujours avec lui. — Ils sont là, ce sont des fantômes à présent, je marche avec eux, dit l’homme qui porte des journaux dans la lumière abrupte de la ville blanche. Dans quelques semaines nous nous reverrons dans Continuer la lectureFantômes