#arts de la fiction #06 # brouillon

J’entre de nuit dans la ville 
 Il y a cette lumière louche en douche, à l’angle Je vois la ville dans ce halo, immobile
 Et tout le noir autourHello! c’est moi
Je me cogne — la saillie de sa hanche peut-être— à cette ville encore abstraite 
Son grand corpsDerrière une fenêtre quelqu’un danse
Je vois la ville comme un océan d’encre Continuer la lecture#arts de la fiction #06 # brouillon→

# arts de la fiction #05 | le hanneton, et Puck devant un plat de brocolis

Je me baisse en descendant les dernières marches de l’escalier qui mène aux chambres — la leur est au rez-de-chaussée– : cette poutre en travers; hier elle m’avait mise en garde J’occupe la chambre du fils à l’étage. La girafe floquée sur l’étagère. La bougie des nuits sans courant. La petite table bureau face à la fenêtre où j’écris à Continuer la lecture# arts de la fiction #05 | le hanneton, et Puck devant un plat de brocolis→

arts de la fiction #04 | «chevaucher, chevaucher, chevaucher…»

Quelle était la première debout, pour le cheval et tout ce qui suivrait ; le halo de sa torche comme un œil projeté au devant d’elle dans nos nuits d’hivers, et la fumée lui sortant de la bouche ; ou, aux premières heures des jours longs, quand la terre mouillée et toute dorée se lève, la voir faucher l’herbe à pas Continuer la lecturearts de la fiction #04 | «chevaucher, chevaucher, chevaucher…»→

#arts de la fiction #01 | assis contre un arbre

Je suis assis au pied d’un arbre. Mon dos repose sur la base du tronc. C’est un arbre large et confortable, l’écorce est composée d’écailles chaudes et douces. Devant moi, mes pieds font l’éventail à 10 h 10. Mes pieds sont inertes, ils ne sont animés d’aucune volonté de bouger. Ils ne sont pas complètement immobiles, ils passent à 12 h 15, à 8 h 5. Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | assis contre un arbre→

arts de la fiction #01 | je suis à Corbera

Je suis à Corbera c’est le soir. Dans l’appartement Il n’y a plus que quatre habitants mais je ne sais pas vraiment combien nous sommes. Voici le buffet en châtaignier qui mange le mur. Dans les serrures de ses petites portes pendent des clés dorées dont je fais tourner les anneaux entre mes doigts. Une odeur de cire et de Continuer la lecturearts de la fiction #01 | je suis à Corbera→

arts de la fiction #01 | terre-entrailles

Je suis dans une grotte ; il fait nuit. Une lumière phosphorescente irradie sur les concrétions, sans que j’en puisse déterminer la source. Des chandelles de roche montent du sol, des conques s’ouvrent ; toutes sortes d’organismes semblent suspendus, figés dans une matière cireuse, tenant à un fil de calcaire. Sur un fond ocre et beige, le rouge de l’hématite Continuer la lecturearts de la fiction #01 | terre-entrailles→

#chroniques #07 | Quand je pense à cette ville

1 | Dire oui au monde c’est dire oui à la vie parce que nous n’avons d’autre choix 2 | Ce qui n’est pas vrai Supposons que la batterie de mon iPhone soit plate et que dans ma voiture je n’ai pas de port USB C, ce qui est vrai.Supposons que la batterie de mon IPhone soit plate, que je Continuer la lecture#chroniques #07 | Quand je pense à cette ville→

#chroniques #04 | bascules

1– du mondeExigez sans vous lasser juste le meilleur des mots, écrivez, écrivez, allez 2 – promenade du soirÉté chaud, canicules de plus en plus longues et rapprochées, le soir vient tard, vers 9 – 10h la lumière baisse. Quelques nuages colorés dans le bas du ciel bleu, puis bleu pâle. Le bleu pâle ne garde plus que son pâle Continuer la lecture#chroniques #04 | bascules→

chroniques #01 | au carrefour de l’archipel

1 | DU MONDEun monde qui se glisse entre les lignes et nous observe l’observant, riant de nous 2 | LE RÉEL Tristesse d’un carrefour un dimanche de feu : pharmacie, fermée : boulangeries, fermées : tabac, fermé : coiffeurs, fermés : fleuriste, fermé : opticien, fermé : Vival ouvert : légumes et fruits en façade, asséchés, cuits par la chaleur : une mère y entre avec trois enfants, Continuer la lecturechroniques #01 | au carrefour de l’archipel→

# mardis | Manganelli | Nuits

I. L’enfantCette nuit, un enfant de dix ans étendu sur son lit. Le lit est collé contre le mur de la chambre. Le garçon ne dort pas. Il lui faut traverser la nuit. Il a les yeux ouverts sur l’obscurité, et celle-ci lui offre en retour des étoiles de plastique luminescentes, reliques d’un après-midi où son père avait cru résoudre Continuer la lecture# mardis | Manganelli | Nuits→