# 40 jours # 37 suite | de (non) pèlerinages

À Ixelle au cimetière où il n’y a plus de tombe — Dans la blanchisserie où Reverdy l’avait vue repasser et où Degas l’aurait peinte, dans cette rue de Paris dont on n’a pas su l’adresse — Sur la terrasse de bois de la maison de bois de Quincy qu’on ne trouve que sur la photographie — À Odessa ou Continuer la lecture# 40 jours # 37 suite | de (non) pèlerinages

#40jours #34 | L’étrangeté de l’immédiat

Au fond de la propriété de nos voisins qui délaissaient leur jardin pour ne vivre que du côté rue, à l’opposée de chez nous, une vieille fosse de compostage était négligée depuis longtemps. Le jardin n’était plus entretenu, à l’abandon. À l’automne, les nombreux arbres du parc perdaient leur feuillage roux en abondance, le sol était régulièrement recouvert d’une épaisse Continuer la lecture#40jours #34 | L’étrangeté de l’immédiat

#40 jours #21 | lézard days

Premier jour: délimitation précise de l’aire d’observation-action. Compte tenu de la difficulté de l’observation participante envisagée, celle-ci se limite aux alentours proches de la maison s’étendant jusqu’aux bureaux annexes situés aux abords de la piscine sur la planche supérieure dominant l’habitat principal. Dans cette aire, l’importance de nombreux murs et murets de pierres sèches mérite une attention toute particulière. Deuxième Continuer la lecture#40 jours #21 | lézard days

#40jours #22 | PCF comme Place du Colonel Fabien

D’où je suis, derrière la fenêtre de la bibliothèque, à mon poste de travail, lorsque je relève la tête de mon clavier ou détourne les yeux de mon écran. Depuis le deuxième étage de la bibliothèque, j’observe la rue en contrebas. Au fil de saisons. Dans les changements de lumière et de température, selon un invariable point de vue qui Continuer la lecture#40jours #22 | PCF comme Place du Colonel Fabien

#40jours #02 | Voir sans être vu

La fenêtre de l’appartement est un écran. Tu as toujours été attiré par les écrans. Dans les appartements dans lesquels tu as vécu, tu as toujours recherché, privilégié la vue. Vue sur la mer, sur un petit jardin, une prairie, des collines, une baie, vue sur l’horizon, vue sur la ville. Et dans la ville c’est le vis-à-vis qui t’attirait Continuer la lecture#40jours #02 | Voir sans être vu

#L10 Ce qui ne se voit pas

Ce sentiment de honte, elle dit, c’est quelque chose dont on ne parle pas, c’est juste quelque chose qui pèse, le contraire d’un ventre de femme enceinte, qui est un poids dont on est fier, qu’on porte au-devant de soi, qui empêche la grâce et gène la marche, mais qui donne à celle qui le présente respectabilité, attire la mansuétude, Continuer la lecture#L10 Ce qui ne se voit pas

premier mai

C’est le premier mai, ciel radieux. Je suis fébrile, comme chaque fois que je m’apprête à rencontrer quelqu’un qui t’a côtoyé, comme si j’allais passer un grand oral. Je dois retrouver Slimane, un de tes anciens élèves, pour un café à l’East Bunker, près de la Gare de l’Est, immanquable. C’est à cinq minutes de la maison mais je ne Continuer la lecturepremier mai

La main

(Ou plutôt un bourdonnement en écho. Nos voix se superposaient. Les ombres de nos silhouettes jouaient avec l’aplat de soleil sur la colline. Nos cris perdus à la rivière qui sillonnait le territoire de nos jeux. Comme piqués de la fièvre dominicale, rejetés au plus loin des conversations adultes, nous nous avancions là où le bourdonnement était le plus fort. Continuer la lectureLa main

Glabelle

Dans le tube des escaliers mécaniques, elle est portée, montante, le front soucieux. Elle ne regarde pas les toits de la ville à l’infini, le ciel bleuté au dessus de nous, la lumière qui nous accompagne. Elle ne voit rien de la foule minuscule en bas sur le parvis qui s’éloigne d’elle, se rapproche de moi. Ses yeux travaillent, s’efforcent Continuer la lectureGlabelle

Ouvertures

      Trains en gare files de wagons rangées de fenêtres où se penchent les voyageurs suites d’images brouillées par la vitesse la vie défile les jours se traversent comme le paysage et la nuit veilleur où en est la nuit la nuit dense la nuit profonde quand le voyage doit durer jusqu’au bout de la nuit et que de faibles Continuer la lectureOuvertures