la fabrique | Écrire l’automne VII

Je me souviens d’avoir entendu f dire : quand on en est à écrire dix pages par jour. C’est se mettre à travailler d’une certaine façon. Comme de partir tôt le matin pour marcher, ou faire du vélo. J’ai devant moins six jours pour faire quelque chose de cet acabit. Je ne vais pas compter les pages. Mais je vais ouvrir la boîte du temps pour le manuscrit. C’est déjà bien en train. J’ai une botte secrète… Continuer la lecturela fabrique | Écrire l’automne VII

#P8 | Dialogue avec l’ombre

Tu ris en pleurant silencieusement. Tu attaques le brise-lames du temps. Pour toi le temps n’est pas figé c’est un mouvement avec lequel il faut jouer sans cesse, tu t’y déplaces à ton aise. Tout le monde n’est pas comme toi, le problème est là. Tu observes un nuage à bords argentés. Une vieille habitude, tu ne peux pas t’en Continuer la lecture#P8 | Dialogue avec l’ombre

#P7 | Promenade intérieure

Le temps comme arrêté, il n’existe pas encore de mouvement, il est encore tôt. Le vent fait claquer les portes. Les feuilles s’agitent, prisonnières. Le sac en osier rempli de papiers journaux aux dates brouillées. Les courants d’air qui sifflent dans les oreilles. Il y a de la vaisselle qui se casse. Bourdon envahissant. Dans le cadre embrumé la promenade Continuer la lecture#P7 | Promenade intérieure

#P6/ Le soleil glisse

À mon bureau, vers la mi-journée. Le soleil oblique, organisé par les volets entrouverts et les montants de la fenêtre, pose des formes géométrique sur le plateau de mon bureau et sur les pages de mon cahier. En allant trop vite, je les ai pensées jaunes, ces taches lumineuses, car le soleil (depuis quand ?) est jaune. Convention de dessins Continuer la lecture#P6/ Le soleil glisse

#P1 | Les yeux fermés

Alité tôt, le soleil à peine couché, pour laisser aux adultes le temps des retrouvailles, des discussions sérieuses et graves ou des moments complices entrecoupés d’éclats de rire, sans pouvoir trouver le sommeil, excité par le voyage et les voix qui se confondent au roulis lointain des voitures sur la route de campagne, leurs phares se projetant au plafond, pour Continuer la lecture#P1 | Les yeux fermés

d’eau

Chuintements aveugles et humides – tracé délicat du pouce sur le front : la marque d’eau – au bout du sentier (ombres rampantes, griffes de ronces et herbes hautes) un frêle chuchotis : la rivière minuscule. Sa cascade méticuleuse délaisse le rectangle sombre du lavoir, peau d’eau fraîche livrée aux tatouages de savon. Les doigts glacés cerclaient les cuisses nues… Continuer la lectured’eau

Anima Corpus (épilogue)

Vendue un soir d’été. Sous un saule, contre une poignée de liquide s’écoulant entre les doigts usés. Ça sonne vide après, ça résonne profond, ça ne plonge plus dans la vase des incalculables variations. Rêver de volutes de boues, de brindilles entraînées, de petite écume de rivière… c’était hier. Aujourd’hui, dans quelques minutes, l’infinie vacuité, la fin de l’écho. Le Continuer la lectureAnima Corpus (épilogue)

Dans la profondeur de l’eau

Une goutte d’eau tombe sur la surface sombre de la rivière. Elle heurte l’étendue liquide, la percute dans un bruit de succion, le baiser de ta bouche, l’aspire et la rejette dans le même fouillis sonore. La goutte vient rebondir dessus à la manière d’une bille avant de s’engouffrer à nouveau dans la profondeur de l’eau, brisant son miroir fragile Continuer la lectureDans la profondeur de l’eau

Un sphinx met de la vitesse là où le temps s’est arrêté

Yamen L’enfance satine joues brunes et rondes, supportant sans peine regard de Méduse tagué en bleu. En son for intérieur, un sphinx se prélasse sur les velux d’un pavillon ; il pourrait briser le verre au moindre mouvement. Au bout de la rue couverte, il y a le klaxon. Résonnent murmures en bambara accordés aux pas qui n’évitent pas les flaques, Continuer la lectureUn sphinx met de la vitesse là où le temps s’est arrêté