# arts de la fiction #02 | une voie à écartement métrique

Le 21 août j’entre et je prends cette photographie perdue depuis. La veille j’étais passée devant la petite gare, haute sur pattes, presque incongrue dans ce paysage de montagne. Me reviennent les couleurs saturées de ce groupe de voyageurs qui attendait sur le quai ; ces jaunes et rouges qui tranchaient le vert sombre des arbres. Et le bourdonnement des Continuer la lecture# arts de la fiction #02 | une voie à écartement métrique→

#arts de la fiction #01 | par la fenêtre

Je suis debout devant l’établi, je regarde par la fenêtre qui encadre ma vue. À gauche une machine, des rouleaux de papier. Si je m’approche de la fenêtre l’angle s’agrandit, je passe en format paysage., grand angle Toujours la montagne au fond et devant, les arbres. Passée la fenêtre, je marche sur les arbres, au sommet des arbres comme on Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | par la fenêtre→

#chroniques #08 | en titubant

1 – le monde et jeJe suis si contrastée que je ne peux jamais me voir toute en entier 2 – à l’impersonnelMon téléphone est moderne, il m’écrit ce que les gens me disent quand je n’ai pas répondu, il écrit leurs paroles déposées oralement sur la messagerie. Parfois quelques erreurs, des mots qui se ressemblent, des sonorités proches, mais Continuer la lecture#chroniques #08 | en titubant→

#rectoverso #10 | L’œil du souvenir

Un coin à l’ombre. Un petit pré en longueur bordé par un chemin de sable. Chemin facile piétonnier, réservé aux promeneurs, tranquille, praticable par tous les âges, toutes les forces, tous les accessoires de promenade. De la poussette pour bébé et du vélo pour enfants au fauteuil roulant, du bâton de marcheurs confirmés à la canne torsadée pour grands-pères fatigués. Continuer la lecture#rectoverso #10 | L’œil du souvenir→

#rectoverso #02 | orage

La lumière s’évanouissait du ciel, la nappe du buffet semblait encore plus blanche sur le carré d’herbe qui perdait ses couleurs. Verres à la main, rouge aux lèvres, chaussures de cuir, robes choisies, chemises de prix, cols de vestes et décolletés d’où les effluves des eaux de toilette ne s’étaient pas encore évaporés, ils se groupaient dans ce seul espace libre au centre du jardin du musée Delacroix, l’occupant tout entier, certains plus stratégiquement positionnés à portée des petits fours, Continuer la lecture#rectoverso #02 | orage→

#boost #07 | ce sera ce serait

Ce sera, ce serait le matin à la lueur dépliée de la lampe avec un bout d’arbre. Ce sera un oiseau pour tous les autres, juste le chant, sans les plumes. La neige serait rare. Ce sera le coude contre l’angle vif du bois de la table, et le cul de travers dessus la chaise dure aux trois coussins. Ce Continuer la lecture#boost #07 | ce sera ce serait→

#Boost #04 | au petit pire

pousser la porte — ou enjamber la fenêtre — selon — sauter de la hauteur de son corps — penser mourir — même en tombant de ta hauteur tu peux mourir — mourir ce serait ça le pire — ce serait quoi le pire — impuissance elle dit — impuissance à sauver le monde c’est ça le pire — le monde Continuer la lecture#Boost #04 | au petit pire→

#écopoétique #03 | Un jardin

car il faut le dire, si c’était un jardin stérilisé, couvert de tonnes de graviers neutralisant la pousse  des herbes dites mauvaises et donc évitant tout travail d’entretien à l’ancienne propriétaire, il avait de grands arbres : deux hauts cyprès bleus de Californie, un néflier, deux pins quasi parasols, un olivier dans la force de l’âge. Très vite il a fallu Continuer la lecture#écopoétique #03 | Un jardin→

#anthologie #13 | De la cuisine.

La maison est tranquille, sur le balcon une femme étend du linge en regardant le passage sur la droite où passent tous les enfants ou presque le matin pour entrer à l’école et au collège, ceux de l’école pépient comme le merle encore plutôt dans le matin, ils parlent fort et rient souvent, ceux du collège sont plus sérieux et Continuer la lecture#anthologie #13 | De la cuisine.→

#anthologie #12 | E. W. N.

Moins qu’un prolongement de la plaine crayeuse, Épernay se présente comme allant de soi, comme étant de nulle part ailleurs que d’entre soi. Des maisons à un étage, larges, aux toits noirs, des maisons à un étage, plates, faites en brique, d’autres en pierre, des immeubles à un étage, même pas deux, ou si peu, des entrepôts des volets des Continuer la lecture#anthologie #12 | E. W. N.→