« La « chose livre » est faite d’un dehors
et d’un dedans qui n’a rien d’une boîte vide. »
Michel Jullien, Le format d’un livre, Verdier 2026.
1 – La « chose ».
1a. Son format (11 x 16,5) n’est pas celui du standard des livres de poche qui, comme chacun sait, est de 11 x 18.
1b. Son épaisseur : 2,2 centimètres.
1c. La tranche, sur trois côtés, est colorée d’une teinte orangée que le temps a fanée.
1d. Angles : 8.
1e. Arêtes : 10.
1f. Les pages sont numérotées de 6 à 400 mais il ne faut pas se fier à ce chiffrage si l’on veut connaître le nombre exact de pages qu’il contient. Les numérotations des pages de livres obéissent à des règles dont je ne perçois pas toutes les subtilités. Celle-ci fait d’autant moins exception qu’elle semble prendre un malin plaisir à ajouter de la complexité à la complexité dans la mesure où : la préface qui débute à la page 7 non numérotée l’est à partir de la suivante, en chiffres romains, de VIII à XLIII, soit cinquante-huit pages en comptant les six qui la précèdent, à savoir deux blanches, puis une mentionnant le titre de l’œuvre, la suivante la liste des œuvres du même auteur publiées dans la même collection, la page de titre suivie de celle où est indiqué le copyright. Lorsque la numérotation cesse à la page 400, suivent encore deux pages recensant les ouvrages des auteurs du XIXe siècle et les classiques étrangers publiés chez l’éditeur, une page de publicité de l’éditeur lui-même pour sa série classique et enfin, la toute dernière mentionnant des renseignements techniques sur l’impression de l’ouvrage. En tout, la « chose » compte 458 pages.
2 – Le dehors de la « chose ».
2a. La couverture est divisée graphiquement en deux parties égales.
2aa. Le haut de page mentionne le nom de l’auteur (sans prénom). Il est souligné d’un premier trait de couleur orange d’une épaisseur de 0,7 centimètres, lui-même souligné d’un second trait de couleur rose d’une épaisseur de 0,2 centimètres. Suit, dans la même typographie que le nom de son auteur, le titre de l’œuvre, quatre mots centrés sur deux lignes, deux mots par ligne.
2ab. Le bas de page est occupé par un motif végétal représentant les branches d’un arbre en courbes stylisées et leurs feuilles que l’on imagine bercées par une brise, comme si elles flottaient dans les airs. Au centre de ce thème exotique, suspendu comme un rideau à son vantail, le portrait photographique en bichromie de l’auteur. Incrusté, sur le tronc de l’arbre, comme si on l’y avait gravé ainsi qu’il se pratique dans les parcs et jardins où l’on devine, sur des troncs, des cœurs enserrant les initiales de deux amoureux séparées par un signe « plus » : le logo de l’éditeur.
2ac. Le logo : un livre ouvert sur lequel repose une plume à la manière d’un marque page, l’ensemble cerclé dans une mandorle où on lit, en caractères blancs sur fond noir, le nom de l’éditeur et celui de la collection.
2ad. Imaginez cette composition graphique encadrée d’un liseré composé de deux fines bandes égales, comme le cadre d’un tableau, surmonté du motif végétal reprenant les linéaments du bas de page.
2ae. En caractères minuscules, tout en bas de la page, presque illisible, la mention : Texte intégral.
2b. Le dos dans sa partie supérieure, reprend le logo de l’éditeur à l’identique de celui imprimé sur la couverture. En dessous, un triangle noir dont la pointe est orientée vers le bas en direction d’un cadre de couleur rosâtre (il se peut qu’avec le temps, les couleurs de couverture soient quelque peu défraîchies) dans lequel sont indiqués le titre de l’ouvrage et le nom de son auteur (toujours sans prénom), enfin un numéro – 677 – qui doit correspondre à celui du livre dans la nomenclature de la collection et, en dessous, deux étoiles dont je crois me souvenir qu’elles renvoient à un code d’indication du prix, mais ce n’est pas sûr.
2c. La quatrième de couverture reproduit à l’identique le motif végétal de la première avec néanmoins une inversion notable, le portrait de l’auteur ayant pris la place du titre, lui-même désormais inséré dans le cadre où figurait en couverture ledit portrait. Deux indications dans une typographie minuscule coulent le long de l’arête de droite (la « chose » tenue verticalement) avec cette particularité qu’elles sont imprimées de manière à converger l’une vers l’autre, contraignant le lecteur à orienter (horizontalement cette fois) la « chose » de gauche à droite ou inversement de droite à gauche selon la position de la mention dont il souhaite prendre connaissance. Elles indiquent pour la première, en caractères noirs : Dépôt légal imp. : 6543.5 – éd. : 4482 3e trimestre 1975 ; et pour la seconde, en caractères rouges comme pour établir une hiérarchie entre ces deux informations : Atelier Pierre Faucheux (du nom du graphiste à qui, à partir de 1963, fut confiée la direction graphique de la maison d’édition).