A propos de Serge Bonnery

Autodidacte, amateur de littérature et de poésie. Pratique l'écriture du fragment. Trois récits publiés aux éditions de l’Amourier et Le Temps qu’il Fait. Textes ici et là dans des ouvrages collectifs et des revues. Parfois des livres d’artistes dans la compagnie de peintres et de photographes. Mon blog Phrag/mes : https://sergebonnery.com

arts de la fiction #04 | Scène au parc

– qu’il étaittout maigre, tout fragile, ou du moins paraissait-il tel aux yeux des autres promeneurs, dans sa redingote élimée, arpentant les allées du parc, montant, descendant les escaliers appuyé sur mon bras, tournant en rond mais sans vraiment en avoir conscience ou plutôt s’en moquant, regardant autour de lui, scrutant le détail, refusant de s’asseoir, vous devriez pourtant, repoussant Continuer la lecturearts de la fiction #04 | Scène au parc→

arts de la fiction #02 | Moment de gare

Le quai est désert. Le lourd portail en bois du hangar où jadis on entassait les marchandises est délabré. Les gonds sont rouillés. Les ouvertures de l’ancienne salle d’attente sont murées. Il y a des gouttières dans la marquise. Il pleut.Il attend. Pas un train. Il n’y a plus de train dans cette gare. C’est une gare désaffectée. Une gare Continuer la lecturearts de la fiction #02 | Moment de gare→

arts de la fiction #01 | Trois histoires d’ombres

Je suis sur le quai d’une gare. C’est le matin. Un rayon de soleil, rasant le sol, erre entre deux allées bordées de cyprès comme en voit dans les cimetières. J’attends un train dont l’horaire d’arrivée ne s’inscrit pas encore en lettres ombrées de sel rouge sur l’indicateur électronique. Je me dis, comme pour me rassurer : tu as le Continuer la lecturearts de la fiction #01 | Trois histoires d’ombres→

#chroniques #02 | s’en tenir là

1 – Comment pleuvoir sans pluieComment vouloir sans pliComment savoir sans écritComment dire sans cri Comment rêver sans nuit 3 – Un journal, simplement Un journal, simplement, sous la forme la plus fruste du genre. Date, lieu, description de la chose vue accompagnée le cas échéant d’une photographie pour ne pas s’en tenir au seul regard des mots. Une impression, Continuer la lecture#chroniques #02 | s’en tenir là→

#chroniques #01 | des mondes

1 – Un monde qui… se sauverait, les jambes à son cou, au bout de l’univers 2 – Fragments d’un carrefour Le monticule de sacs poubelles qui tarde à être enlevé. La chaleur qui déjà sévit à cette heure matinale et provoque la fonte du bitume. En plein soleil, les bancs en plastique de couleur orange désertés. La file d’attente Continuer la lecture#chroniques #01 | des mondes→

#livre #8 | Fragments de ciel sur la langue

« Jamais il ne faudrait oublier de raconter le ciel ». Jean-Claude Pirotte Nous cinglons sur des routes amères. Nous avons perdu la direction du ciel. -o- Parfois, le ciel parle. Mais je n’entends pas toujours ce qu’il dit. Des mots m’échappent. Ils sont emportés par le vent. Quelqu’un a déjà dit quelque chose comme ça, dans le temps, pas seulement à Continuer la lecture#livre #8 | Fragments de ciel sur la langue→

#livre #07 | Brève histoire d’une quête

Perdu. Egaré, peut-être au cours d’un déménagement. Peut-être pas. En tout cas perdu puisque ne se trouvant plus sur aucun des rayonnages de la bibliothèque, ni au premier rang ni derrière, ni dessus la pile abandonnée au sol, ni dessous. Nulle part. Prêté et pas rendu ? L’hypothèse est à prendre en compte. Comme celle de l’avoir oublié dans une Continuer la lecture#livre #07 | Brève histoire d’une quête→

#livre #05 | un inventaire, en passant

J’ignore où se trouve une boîte à livres dans la ville. Je l’arpente pourtant régulièrement dans tous les sens et je ne crois pas avoir jamais remarqué l’emplacement d’un de ces — comment lui trouver un synonyme pour ne pas répéter ? — points de collecte ? d’échange ? Je ne suis pas un familier des boîtes à livres. C’est Continuer la lecture#livre #05 | un inventaire, en passant→

#livre #04 | en lisant

Rien ne se fait en un jour, hormis la pâte à pain que le boulanger pétrit avant d’enfourner ses baguettes en prévision de l’aube. Et encore, si sont pris en compte le temps de la germination, celui de la croissance de l’épi jusqu’à sa maturité puis enfin celui de la moisson, alors rien ne se fait en un jour. Les Continuer la lecture#livre #04 | en lisant→

#livre #03 | intérieur, silence

Il y a, aujourd’hui disparue, remplacée désormais par une enseigne d’évanescences, celle où je fis mes premiers pas de lecteur, timidement, n’osant toucher aux livres posés sur des tables qui ne demandent pourtant d’ordinaire qu’à être retournés (de là vient peut-être que je n’aie jamais accordé d’importance aux quatrièmes de couverture, préférant, plus tard, lorsque j’oserai enfin, plonger dans le Continuer la lecture#livre #03 | intérieur, silence→