
Elle ne lui a jamais dit qu’elle voulait voir Vesoul, ou Vierzon. Elle n’a jamais dit qu’elle voulait des flonflons ou un air d’accordéon. Elle voulait entrer dans une ville qui ne sente pas la poudre et le canon, une ville où le peuple aurait enterré, avec son dictateur, le règne de la domination. Elle ne lui a jamais dit qu’elle voulait respirer l’odeur du port d’Honfleur. Elle voulait sentir le parfum des vieilles pierres mariées au brut de béton. Elle voulait parler la langue des pigeonnes et embrasser le sourire des femmes toutes voiles dehors envolées. Elle voulait entrer dans une ville débarrassée de ses sens uniques. Elle voulait une ville sans impasse, avec des tours de magie à tous les coins de rue rieuse. Elle ne lui a jamais dit qu’elle voulait déambuler dans les obscures faubourgs d’Hambourg. Elle voulait une ville où les pas sur les pavés mouillés seraient une danse en devenir, où le bruit des casseroles annoncerait la fanfare de la liberté. Elle voulait que sa mère, sa sœur soient de la fête de toutes les fiertés. Elle voulait sortir de la ville la nuit, sans cri, sans peur, en vie. Elle voulait habiter une ville où elle pourrait dire, sans concession, sans compromission, sans répression, NON.
rapide et fracassant !
entre pavés mouillés et fête de toutes les fiertés
« sortir de la ville la nuit, sans cri, sans peur, en vie », on voudrait tellement…
merci Eve
Je retiens le brut de béton, la poudre et du canon et le langage des pigeonnes! Se discerne une farouche et fascinante envie de révolte… Et un « lui » esquissé en négatif. Première lecture de tes textes… Merci Eve pour ce voyage qui m’ouvre un nouvel horizon d’écriture.
Elle voulait. elle l’ouvre en l’écrivant : une danse en devenir ! Avec elle rêvons . Merci