— j’entre de nuit dans ma ville mensonge. Tout y est faux. Le jour n’y change rien. Au contraire, chaleur et lumière accroissent son mentir, révèlent la fausseté de ses parures et de ses fleurs, les privatisations de sa longue plage de galets hostiles.
— j’entre dans ma ville sans savoir comment elle finira. Détruite dans le séisme qui l’attend et qu’elle dénie.
— alors je marcherai à travers ma ville en pensée et de très loin seulement. La ville que j’ai fui n’a jamais été mienne.
— regarder ma ville du haut du pont est impossible. Le pont qui la traversait a disparu quand la terre a tremblé. Il n’en reste rien. Les fers à béton de ses piliers n’étaient pas aux normes : ils étaient inférieurs aux fers facturés. Tous les mensonges sont possibles dans une ville corrompue.
Votre texte me touche, Ugo ! J’aime sa dernière phrase qui fait écho à sa première. » j’entre de nuit dans ma ville mensonge »… « tous les mensonges sont possibles dans une ville corrompue »