# arts de la fiction # 02 | 52 mots

sans crier gare rails rouages assassins trains indicibles Plaque tournante, motrice, wagons, rails, gares, quais, autant de lieux qui, toujours, associent dans ma tête la déportation et son indispensable logistique. Sans doute cela explique-t-il en partie mon absolue incompréhension de la passion addictive de mon père pour les trains, fussent-ils miniatures.

#arts de la fiction #01 | 371 mots

Je suis à l’extrême limite de la gigantesque digue qui se construit sur la mer. D’immenses camions à six paires d’essieux spécialement conçus pour ce chantier déversent en continu des tonnes de remblais. Des acheteurs des futurs espaces commerciaux sont en visite guidée. Le cinq étoiles ici. Le casino là. Les investisseurs établissent leurs plans. Le géologue qui m’explique les Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | 371 mots→

Chroniques #9 #10 | 2554 caractères 408 mots

au linotypiste Après l’élection de François Mitterrand le PCF ne liquidait pas seulement ses opposants internes : à Nice,le parti liquidait aussi la vieille imprimerie de son journal hebdomadaire. La fin du plomb, l’ère de l’offset. Trois linotypes étaient promises à la casse, vendues au prix du kilo de métal et les matrices de lettres en cuivre ne pesaient pas Continuer la lectureChroniques #9 #10 | 2554 caractères 408 mots→

#Chroniques #08 | 1762 caractères 313 mots

1 Il est si bien dans sa tête qu’elle a besoin de la fumée d’au moins trente cigarettes par jour 2 C’était court comme d’habitude. Il a dit que la chienne avait mangé et qu’elle avait pris son médicament. Il a dit aussi que la semaine prochaine il serait absent plusieurs jours. Il ne sait pas combien de temps. Une Continuer la lecture#Chroniques #08 | 1762 caractères 313 mots→

Chroniques #07 | 294 mots

1 Je dis oui et vendredi non 2 Supposons que l’obligatoire remplacement de l’ADSL par la fibre me soit impossible ce qui est vrai Supposons que privé d’internet je ne dispose plus de téléphone fixe ce qui est vrai Supposons que je m’interdise d’acheter un accès aux satellites d’un multimilliardaire américain ce qui est vrai Supposons que l’installation d’une parabole Continuer la lectureChroniques #07 | 294 mots→

#chroniques #06 | environ 1600 caractères

1 Force d’un écroulement  Du monde disparaissant  Victime de ses mauvais élèves 2 Des pois sans parchemin | oui, j’adore les mange-tout | c’est parce que tu es gourmande comme un pois | avec un pois chiche dans la tête | allons par le chemin | chiche 3 Besoin d’indiquer une personne de confiance. Merci d’accepter. Au cas où, pas Continuer la lecture#chroniques #06 | environ 1600 caractères→

#chroniques #05 | impatience

1 Fierté de l’humain qui peut encore marcher De l’humain qui n’a pas trop détruit  De l’humain pas fier de son passage 2 Accumulations et non collectionsde bois roulés par la mer  d’oranges séchées  de galets  de crayons noirs de cigarettes de livres de carnets gribouillés de galettes bretonnes de pigments  de pinceaux de cartes postales  de pots de confiture Continuer la lecture#chroniques #05 | impatience→

#chroniques #04 | d’une semaine l’autre

1 Pas question de ne pas poser de questions Pas question de supporter les éléments de langage Pas question de croire en leurs storytellings Pas question de gober leurs images Pas question de ne pas rompre Choisissez sans vous faire avoir…Votez, votez…Luttez… 2 D’Eichenzell (land de la Hesse, Allemagne) à Brando (Haute Corse, France)| commande passée le 20 juillet | Continuer la lecture#chroniques #04 | d’une semaine l’autre→

#chroniques #03 | le taureau par les cornes

1 Écoute ce que tu ne veux pas entendre de ce monde 2 l’animal se noyait | nos huit bras le sauvent | apeuré, hors de l’eau, il nous charge | ses yeux nous menacent | l’un de ses sabots frappe sans cesse la terre | il s’enfuit enfin sur la route du village | ce jeune taureau ignore qu’il Continuer la lecture#chroniques #03 | le taureau par les cornes→

#chroniques #02 | paresseusement

1 Comment dire sans être sur d’avoir vécu  2 Rien n’avait changé.La grande table de travail face aux fenêtres coulissantes qui ouvraient sur le merisier, l’ergonomique fauteuil de bureau, la vieille table de bistrot devant la baie vitrée au sud, le lit d’une place contre le mur au nord, tous les meubles de cette pièce étaient revêtus d’une étoffe blanche. Continuer la lecture#chroniques #02 | paresseusement→