#arts de la fiction #06 | ville en soi

J’entre de nuit dans la ville, je recherche d’abord les rues les plus éclairées, celles où les vitrines veillent encore, je m’acclimate, puis j’avance parfois en fermant les yeux l’espace d’une seconde, le temps que le trottoir se charge de me conduire,  je m’habitue à la nuit, j’entre alors dans ma ville, retrouve ses troubles, ses singularités douces ou poisseuses, Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | ville en soi→

#arts de la fiction #06 | transversale

j’entre de nuit comme je peux dans cette ville qui n’est pas la mienne voici mes pas dans d’autres pas, les lames du tram dans la travée des larmes et rien d’autre que le désir d’apprendre par où tu es passé bien avant mais les bâtiments où sédimentent des bureaux vides la nuit sont muets le froissement du dernier métro Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | transversale→

# 06 arts de la fiction | à tout à l’heure

J’entre de nuit dans ma ville après l’insurrection, les morts sont partout jonchent les rues défoncées, des sauveteurs cherchent à aider des survivants, pas la moindre lumière sinon celles des immeubles en feu pas le moindre bruit autres que ces incendies et ces râles – des pierres des corps mutilés démembrés énucléés des mains arrachées une espèce d’apocalypse auprès de Continuer la lecture# 06 arts de la fiction | à tout à l’heure→

# arts de la fiction #06 | corruption

— j’entre de nuit dans ma ville mensonge. Tout y est faux. Le jour n’y change rien. Au contraire, chaleur et lumière accroissent son mentir, révèlent la fausseté de ses parures et de ses fleurs, les privatisations de sa longue plage de galets hostiles. — j’entre dans ma ville sans savoir comment elle finira. Détruite dans le séisme qui l’attend Continuer la lecture# arts de la fiction #06 | corruption→

#arts de la fiction #6 | finir par les sons nocturnes

J’entre de nuit dans ma ville sur pilotis. C’est une ville étagée posée sur marécage, comme une pièce montée attend sur une table de banquet. La nappe est un feuillage tordu de branches et des tiges montent de l’eau, vertes sur vert, et même le noir est vert, il n’y a pas d’espace qui ne soit pas rempli de veines Continuer la lecture#arts de la fiction #6 | finir par les sons nocturnes→

#arts de la fiction #6 | les amis que tu avais dans ta ville

Tu entres de nuit dans ta ville au fond de toi tu dis encore ta ville, pourtant c’est une géographie que tu ne fréquentes plus, d’un voyage à l’autre tu ne la reconnais plus, tout change, les repères s’effacent, cité nouvelle agonisante avec impasses en terre battue dans les quartiers éloignés des places prestigieuses, zones vacantes, sols défoncés plusieurs fois Continuer la lecture#arts de la fiction #6 | les amis que tu avais dans ta ville→

# 06 arts de la fiction # Indices pour un récit

France Culture – Les Pieds sur terre du 28/10/2026 – Reading in Gaza « C’est au théâtre que, à partir du manque, on donne tout à voir » Savannah bay, c’est toi -film de Michelle Porte, INA, 1984. DISPOSITIF Regarder alternativement des images projetées sur un mur à gauche et, au même moment, sur un mur à droite. Des voix s’entremêlent à Continuer la lecture# 06 arts de la fiction # Indices pour un récit→

#arts de la fiction #06 | ville fantôme

Elle est entrée de nuit dans la ville de son enfance. De nuit, elle a ignoré les ombres démesurément grandes aux abords du parc, son toboggan morne, abandonné, et plus loin, la gueule grande ouverte du lycée. Les grilles : les crocs de l’établissement dont on ne sait qui a recraché qui. La pluie a laissé des flaques sur le trottoir Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | ville fantôme→

#arts de la fiction #05 | Le panier de basket

La maison étrange, ils sont passés et repassés devant, des dizaines de fois. Normal, c’est la route pour aller à l’école. C’est la maison de Linus qui est arrivé il y a quelques années en France et habite la maison étrange depuis l’été. Maintenant, il est dans la même classe et on trouve qu’il s’est adapté drôlement vite. Linus est Continuer la lecture#arts de la fiction #05 | Le panier de basket→

#arts de la fiction #04 | Petite

Qu’elle est petite, menue, pourtant puissante sa course, dont on ne sait pas de quelle partie du corps ça lui vient, une telle force, de ses membres trop longs et fins, de ses muscles secs, de ses tendons solides pourtant laxe, c’est ce que dit le  coach, tu es trop lax, il faut que tu  te muscles pour compense. Que ça Continuer la lecture#arts de la fiction #04 | Petite→