A propos de Huguette Albernhe

Plusieurs années dans l'enseignement et la recherche. Passion pour l'histoire de l'écriture, la littérature . Ai rejoint l'atelier de FB en juin 2018, je reste sur la barque. Je vis actuellement à Nice mais reste très attachée à ma région d'origine, l'Étang de Thau, Sète, Montpellier et les Cévennes.

Carnet individuel | Huguette Albernhe

Citation

Rurik Dimitrienko

#21 | faire bouger les choses

Poinsettia

Voir prospérer un ficus benjamina toute l’année dans l’entrée de l’immeuble derrière la porte vitrée sur un sol aménagé en petit jardin intérieur et voir surgir chaque année tout contre lui trois semaines avant Noël un poinsettia rouge flamboyant déposé par la bonne âme responsable de la colonne, ne disant jamais bonjour. Descendre hier soir très tard déplacer la plante et l’exposer en position incongrue au-dessus des boîtes aux lettres. Découvrir ce matin l’affichage d’une lettre outragée écrite à l’encre rouge et le pot remis à sa juste place

#20 | la scène est muette

Le visiteur du musée règle son billet d’entrée visage fermé, parcourt les salles de l’expo regarde avec attention les premières œuvres puis il presse le pas attend la fin du parcours le moment où tout excité il pénètre dans la boutique du musée là où il va dépenser sans compter là où il choisira le catalogue de l’expo les magnets les reproductions les affiches tout ce qu’il pourra ensuite étaler pour signifier je suis un homme de goût qui peut tout s’offrir. Il demande conseil sur des ouvrages complémentaires moins grand public pour se distinguer encore. En s’approchant de la caisse, il ressent un plaisir indicible à déposer tous ses achats à présenter sa carte gold à la jeune femme aux yeux grands ouverts de stupéfaction.

#19 | transactions

livreur DPD vous descendez non mettez le colis dans l’ascenseur 4e merci et bonne journée la voisine amie départ pour Strasbourg il me reste du fromage le veux-tu oui bien sûr pas de gaspillage à la prochaine tu reviens bientôt tu goûteras les miens bon voyage sonnerie téléphone les Médecins du Monde vous avez donné l’année dernière on vous en remercie et cette année on peut compter sur vous oui bien sûr et prenez soin de vous vous aussi ah il doit passer ce matin c’est lui il vient me rendre un bouquin et prendre un café rituel du lundi matin

#18 | recopier, c’est facile

« Là-bas comme un point fixe, on attend. Peut-être la nuit. Quelque chose de défini, de définitif sans doute. Là-bas s’allume un projecteur ou le phare au loin — l’ombre devant. T’entendre dire tout bas les longues phrases crissantes comme du sable plein la bouche, sous les dents, des meules — pierres rondes très adoucies par l’usure grise. Fausse odeur de l’usure, couleur des choses fanées, surtout des tons clairs de chair affaissée, repliée, aux ombres souterraines mais très nettes, à la verticale, chair attirée en cascade vers la terre. »

Minuit hésiter puis se fixer comme si le livre s’imposait. Ce sera lui écrit par elle. Je me souviens l’avoir trouvé d’occasion et avoir été emportée par sa puissance. C’est la première édition de 1972 dans la collection Change chez Seghers/Laffont couverture jaunie particulièrement marquée sur tout le pourtour comme si le papier avait été léché par une flamme une douceur au toucher les caractères en noir ou rouge la ravivent la tranche comporte de nombreuses taches brunâtres l’intérieur est comme neuf. Feuilletage de 192 pages toujours retour sur la page 85 décider de rejoindre « Là-bas comme un point fixe »

Natalino Andolfatto, Pensiero nocturne

   

   #17 | embellissements

Joue à devenir un aventurier dans ce quartier du bord de mer en rêve de métamorphose. Fais-tiens les nouveaux usages de toutes les générations et milieux présents ­­— donner recevoir rendre. Tu pourras | vivre des aventures loufoques impertinentes poétiques | jouir du parc public 24 h sur 24 en déambulant discutant à bâtons rompus adoptant le silence allongé sur l’herbe ou sur la toile multicolore des transats ou perché dans une cabane dans les arbres, choisissant l’écoute de musique de textes te restaurant à bas prix et haute qualité | constater l’absence de véhicules hors vélos | regarder les œuvres d’art installées dans le parc et sur le boulevard | apprécier l’interdiction des gros bateaux de tourisme et t’initier à la voile | proposer entraides, petits travaux | exprimer tes soucis calmer vite ta mauvaise humeur |  glaner dans boîtes à idées boîtes à livres disques | fréquenter le bar à tapas à volonté | te déplacer dans le reste de la ville par petits taxis gratuits | participer à une gouvernance en collège renouvelée tous les six mois | enfin dormir en paix

#16 | se couvrir par tous les temps

http://www.ceegee.fr/blog/index.php?post/Guerra-de-la-Paz-art-sculpture-textile

Cinq vestes, noire bleue blanche bleu-marine-imprimée de petites fleurs multicolores comme après un coup de vent noire-imprimée pastilles blanches aux formes irrégulières comme après une chute de neige robe longue bariolée façon hippy une nostalgie jupes aux genoux dessus dessous imperméable bleu outremer brillant pour rivaliser avec les gouttes de pluie manteau érotique fond blanc multiples lettres personnages en triangle s’embrassant avidement motif répété découvert seulement au retour à la maison avec port des lunettes, Desigual transgressif à ses heures, doudoune longue pantalons longs larges étroits de toutes les couleurs en tissu fluide ou en jeans trois chemises blanche bleue rayée rose et blanc pas de vêtements hypermoulants pour bien respirer dans mon emballage corporel lingerie majoritairement noire plus sexy et amincissante chaussures un bazar qui rend le jeu du marchand de chaussures aisé pour les jeunes visiteurs

#15 | cut up

le portail ne s’ouvre pas oui c’est le plombier recommencez avec le digik toujours pas non je descends quelle affaire un café pas tout de suite tu n’as pas l’air bien ce matin tu tousses prends ton thé le chat va s’échapper c’est quoi le truc pour dormir choisis des plantes oui je suis là un morceau de tuyau est à changer on repart on revient plus tard pas de problème pour tout ce qui est sur le palier ils veulent toujours pas négocier pourtant de plus en plus on le réclame drôle de guerre dur de s’y retrouver où ai-je mis mon carnet bleu t’as vu l’heure on va préparer le repas non reste tranquille je m’en occupe ouf un peu de calme ah j’en peux plus on recoupe l’eau demain après-midi des travaux partout dans la rue des camions qui empêchent l’entrée ou la sortie des garages c’est prêt on peut déjeuner ils vont bientôt revenir fais plus de café pour eux ah les voilà voyez le tuyau à remplacer en effet on a risqué le pire vous prenez votre café maintenant pourquoi pas bon on continue merde alors il y a une coupure d’eau c’est sûrement à cause des travaux dans la rue un incident que faire on reviendra demain matin

#14 | rien qu’une seconde

Tendre soleil sur la terrasse deux tourterelles fidèles au lieu serrées l’une contre l’autre rapprochant leurs becs si délicatement si lentement pour glisser ensuite l’un sur l’autre, éclosion d’un baiser d’oiseau, les plumes du corps s’animent de l’émotion et du léger souffle de vent arrivant de la mer

#013 | arrêter le monde

Debout tout en bas devant le coffre ouvert de la voiture blanche la perplexité d’un homme aux cheveux blancs dos voûté chaussures blanches pantalon noir veste noire écharpe rouge bras le long du corps tête penchée regard ciblant le carton rouge tapissé de blanc vide hayon relevé mordant le front fatigué

#012 | les dessous

Henri Michaux

Longtemps travail d’écriture suivant un parcours ressemblant à un anneau de Moebius. Ni endroit ni envers qu’un seul bord qu’un seul côté. Autant dire tourner en rond torsionné avec l’illusion d’avancer. Ce n’était pas ça écrire. Changer de méthode. Se projeter en funambule rigoureux préparant le fil, vérifiant le taux d’humidité la qualité du sol, observant sans cesse. Alors se moduler en écriture funambule, en construisant des « dessous » en pratiquant des gammes sans bruit en posant une à une les fondations de mots, d’images de rêves, de références, de sons, d’ébauche d’architecture de prémisses d’un univers. Jubilation de voir surgir parfois des fissures du sol des phrases tressées rythmées sonores et une lueur qui inonde le tout

#011 | c’est dimanche

D’abord dessiner des frises décoratives sur le Cahier d’Écriture bleu d’une main gauche alors peu appréciée en milieu scolaire. Lettres tracées en plume sergent major héritage insoupçonné du scribe mésopotamien. Appétit de lecture frénésie de déchiffrage de tout ce qui était écrit sur les boîtes de conserve les papiers qui traînaient dans la maison les affiches dans les rues, jeu de lecture à haute voix ouvrant sur un monde sans limites. Assaut de la Bibliothèque Verte convoitise devant la Rouge et Or puis ascension de la montagne des livres choisis compagnons de toute une vie et aiguillons de l’écriture

#010 | pendant que

kazuo Shiraga, 1964

Je publie ici l’ensemble de mes fragments

Pendant que je suis assise à mon bureau des gens souffrent à l’hôpital

Pendant que je lis mon journal les femmes et les hommes se révoltent en Iran

Pendant que le voilier s’engage en haute mer je réfléchis à la montée des eaux

Pendant que la grue en face décharge des gros sacs je ferais bien de déposer mes boulets intérieurs

Pendant que je marchais sur le chemin douanier en bord de mer sous un ciel tout bleu j’avais oublié le poids des ans

Pendant que j’écris je suis une autre ou plutôt vraiment moi-même

Pendant que je pense à lui les frontières du temps de l’espace de la mort n’existent plus

Pendant qu’il fait la cuisine il se refait un équilibre

Pendant que je vieillis et le constate tous les jours je me dis que j’ai encore la chance d’être là

Pendant que je m’imagine en stylite installé au sommet d’une colonne il ne faudrait pas que survienne un tremblement de terre

Pendant que je contemple l’Assomption de la Vierge du Titien dans l’église des Frari à Venise je rêve de sa légèreté, de l’éclat de ses couleurs et de sa sensualité

Pendant que je fais le marché j’imagine que je pourrais changer de vie et planter des grenadiers

Pendant que je suis là sur ma terrasse au milieu des succulentes je voudrais être en même temps au bord de l’étang

Pendant que la mygale bleu-saphir attend dans la chambre je sais qu’elle est seulement dans le texte que j’ai écrit

Pendant que les loirs grignotent le toit les souris dévorent le fromage oublié sur la table

Pendant que je cherche des idées, des mots, des sons je ne sais pourquoi mais mes grands- parents et mes parents sont debout là près de moi et me sourient

Pendant que tu te bats contre l’anémie galopante que tu subis je prends peur et me désespère

Pendant que tu te prépares à ton concert tu songes à tes frères disparus

Pendant que je pense à la fin de vie et à l’éventuelle disparition de l’autonomie j’affirme que je ne jouerai pas les prolongations

Pendant que mes enfants et petits-enfants témoignent d’un goût de la vie et d’un esprit libre je reprends confiance

Pendant que je rêve du Pic Saint Loup tu sais à quoi je pense

Pendant que le soir tombe tu te demandes quel sera le rêve que tu feras dans quelle contrée singulière il te conduira

Pendant que je m’apprête à entrer dans la piscine désertée je revois la scène étrange de Nostalghia de Tarkoski, la bougie qui après plusieurs reprises ne s’éteint pas

Pendant que j’ouvre sérieusement les oreilles je sais que je découvrirais d’autres sons

Pendant que j’écoute ces pseudo-intellectuels je repense avec nostalgie à Barthes, Foucault, Derrida, Deleuze

Pendant que le temps passe ce n’est pas lui qui s’en va mais moi

Pendant qu’ils déblatèrent sur les ondes les embarcations chavirent dans la mer cannibale

Pendant que tout est bleu ici la noirceur grandit

Pendant qu’on partage un joyeux repas entre amis on sait que c’est pour mettre entre parenthèses les horreurs et reprendre des forces pour résister

Pendant que je me torture l’esprit à réaliser ces variations je pense que le cerveau est un muscle et que cela ne lui fait pas de mal

Pendant que je me livre à toutes ces opérations exploratoires et projectives je sais que le cerveau peut me jouer des tours, du genre illusions, reconstructions, affabulations

Pendant que j’écris, cherche encore, arriverai-je aux 40 propositions, une tribu d’une centaine de personnes est sûrement en train de faire la même chose que moi et je me dis que toute cette énergie en branle va finir par faire un feu d’artifice

Je vais en rester là, à 32 sur cette lumineuse évocation et laisser le champ libre au sommeil qui m’appelle. Le rêve continuera peut-être l’aventure.

#09 | ne pas s’attarder

ne pas s’attarder ni sur le regard sombre ni sur le geste de l’homme indiquant le large derrière la brume ne pas s’attarder en refusant de s’arrêter et de tenter l’ouverture de la porte dérobée s’ouvrant sur un souterrain inondé ne pas s’attarder pour tenter de résoudre l’énigme des notes de musique qui magiquement s’inscrivaient une à une sur les parois humides bien qu’ému par les larmes de la femme sous le porche ne pas s’attarder pour la réconforter surpris par la présence de l’enfant masqué seul la nuit sur le pont ne pas s’attarder pour tenter de le secourir sur quoi donc alors s’attarder HA

#08 | les noms c’est du propre

Franck Pilatte Jean-Dominique Cassini Giuseppe Garibaldi François-Charles-Ernest Octobon Jeanne Marlin Ingeborg Bachmann Françoise Renaud Jim Harrison Pascale Sablonnières Mila Julia Robert Blue-eyes livreurs anonymes d’Amazon

#07 | Visages traits

le facteur aux yeux caméléonesques captant en extérieur les couleurs ciel et mer selon leur état d’âme du bleu azur au bleu marine et saisissant aussitôt en intérieur une profondeur gris argent | le vieux médecin au visage lunaire percé de larges oreilles berceaux hospitaliers de plaintes sûr qu’elles ont grandi au fil du temps | le livreur d’Amazon et sa chorégraphie une remise en main propre du colis sourire mots échangés suivie d’une leste giration sur lui-même sans mots comme s’il renfilait son habit de robot sans humanité

#06 | Personne d’autre que moi n’aurait remarqué que

Personne d’autre que moi n’aurait remarqué que cet homme silencieux habillé de noir indiquait l’horizon le large derrière la brume du Lido, que la porte dérobée s’ouvrait au niveau de l’eau sur un souterrain inondé, que des notes de musique s’inscrivaient sur les parois humides qu’une jeune femme pleurait sous le porche qu’un enfant masqué traversait le pont. J’errais seule dans ces lieux je rêvais.

#05/ Ciel du matin

Dans la loge des heures qui passent le ciel communique avec la mer, les nuances de son propos sont visibles dans les variations de couleurs. Ce matin, à l’aube il était lourd uniforme peu à peu il s’est drapé de nuages gris transparents s’agrandissant sans cesse, avec une lumière d’un blanc étrange sur la colline et un éclaircissement à traîne au-dessus de la mer. À l’instant entre ses plis gris noir, des filets bleu pâle s’insinuent hésitants tels des poissons volants voulant rejoindre la mer. Découpé par les arbres, les immeubles, frise hantée par la métamorphose il résiste à coups de mots inaudibles et se marie avec la mer

#04/ Phrase au réveil

Avanti. Un seul mot au réveil secouant un corps engourdi surchauffé. Clignotement de lambeaux d’images du rêve qui s’étire et se noie — rattraper celle de la pluie qui coule encore et rafraîchit le corps transpirant, celle du corps qui court dans les venelles d’une ville ancienne et veut attraper l’échelle rejoignant l’arc-en-ciel, celle d’une chute sur le sol glissant et la voix criant avanti. Ouvrir la fenêtre, dessiller le regard, entendre le bruit de la rue et la corne de brume du bâteau qui s’en va.

Henri Michaux, sans titre

#03/ Il aurait fallu.

Ils marchaient dans la forêt ils s’étaient éloignés l’un de l’autre. Plus parler plus se déplier plus extirper le sens caché — il aurait fallu — plus tirer le fil plus arpenter leurs toiles d’araignée leurs ombres — il aurait fallu — pas çà pas répéter ça le tordu le on verra — il aurait fallu — ne pas glisser sur les mots — ils en avaient le temps — ne pas rester là figés — ils ne l’ont pas fait — comprendre leurs gestes, leurs sourires leurs grimaces le frémissement des lèvres — ils n’ont pas su ­— abîmés à jamais de leur perte

#02/ Si loin, si loin.

Je me souviens le ciel vibrait de mille couleurs la forêt s’éveillait les branches des chênes retenaient nos cheveux griffaient nos mains les coulemelles embaumaient nos bras se nouaient sur nos épaules nos bouches se dévoraient­ — je n’entends plus le son de sa voix je ne revois plus l’exacte couleur de ses yeux — le voile s’épaissit, espace vidé exsangue, jusqu’à son départ définitif sans mots. Ébranlement vide silence cicatrices à vie. J’ouvre les yeux. Plaies à vif sur l’Ocean Viking.

#01/ Imprévu.

Visite imprévue d’un ami. Surprise de découvrir un curieux personnage à tête de plante verte luxuriante, son vrai visage étant caché par le feuillage abondant de la plante tropicale offerte, un draecena monstera aux grandes feuilles lobées perforées et aux tiges parcourues de racines aériennes. Après son départ, opération nettoyage des traces de terre sur les feuilles à l’aide d’un coton imbibée de bière. Quelques instants après l’avoir posée sur l’angle gauche de mon bureau son feuillage tremblait et bruissait en se penchant vers moi

#Carnets individuels | Huguette Albernhe

01/ Imprévu. Visite imprévue d’un ami. Surprise de découvrir un curieux personnage à tête de plante verte luxuriante, son vrai visage étant caché par le feuillage abondant de la plante tropicale offerte, un draecena monstera aux grandes feuilles lobées perforées et aux tiges parcourues de racines aériennes. Après son départ, opération nettoyage des traces de terre sur les feuilles à Continuer la lecture#Carnets individuels | Huguette Albernhe

## le Grand Carnet | carnets voyageurs

Une grande corbeille d’osier en forme de marmite avec couvercle ayant eu la capacité de recueillir lors de chaque déménagement des séries de carnets hétéroclites éparpillés à l’origine dans des endroits singuliers. Aujourd’hui la corbeille stabilisée pour un temps non défini est pleine et s’interroge sur ce qu’il adviendra lors du prochain chamboulement. Ouverture un brin indiscrète décidée à cette Continuer la lecture## le Grand Carnet | carnets voyageurs

##photofictions #09 | en solitude

Elle descend le chemin sinueux presse le pas dès qu’il est en vue, elle va vivre quelques heures dans un état d’harmonie intérieure qu’elle ne retrouve jamais ailleurs. Une poussée subite une envie irrépressible d’être seule de se dénouer, elle n’en parle à personne comme un secret à garder jalousement, si elle le racontait cela deviendrait anecdotique une lubie elle Continuer la lecture##photofictions #09 | en solitude

#photofictions #07 | voyage en arrière

Comme si on grimpait dans un train qui remonterait le temps et dont chacune des stations serait une photo ou une collection. Comme si on s’arrêtait au hasard et qu’un curseur imaginaire désignait une d’entre elles. Quel abîme s’ouvrirait dans ce voyage en arrière ? Devant l’entrée du métro Boulogne Billancourt tu as photographié en position inclinée, un petit corps de Continuer la lecture#photofictions #07 | voyage en arrière

#photofictions #06 I cinq instantanés en noir et blanc

Croise la scène en passant en voiture légèrement ralentie par le trafic l’œil photographique répondant très vite devant la fenêtre ouverte observée par hasard la jeune femme aux longs cheveux noirs rabattus vers l’avant deux bras appuyés sur une marche mains pendantes dormant ou subissant un malaise ou pire agonisant ou reflétant l’effet d’un mirage dans cette ville agitée surchauffée Continuer la lecture#photofictions #06 I cinq instantanés en noir et blanc

#photofictions #05 | Le gisant de Paul Dardé

La caméra sur l’épaule accueille des adolescents déboulant vociférants de l’intérieur d’un bus scolaire tout bleu. Ils ne savent pas encore ce qu’ils vont voir mais ils n’ignorent pas qu’un film va être tourné avec eux. L’œil de la caméra veut d’abord capter la vie la bousculade, trembler même avec l’appareil entre les mains, sachant à l’avance ce qu’ils vont Continuer la lecture#photofictions #05 | Le gisant de Paul Dardé

#photofictions #04 | ceux qui descendent la rue celle qui monte la rue

Un garçonnet de huit ans environ descendant la rue à allure décidée corps maigrichon bien droit tête très légèrement penchée en avant visage sérieux concentré, les traits sont fins et doux les lèvres fines à peine pincées, un regard intérieur profond, cheveux blond foncé fins à la coupe classique oreilles bien dégagées une petite frange caresse son visage il tient Continuer la lecture#photofictions #04 | ceux qui descendent la rue celle qui monte la rue

#photofictions #03 | un bazar domestique

Y aller enfourner son œil photographique Je me réveille, j’ai mal dormi, mon regard se tourne vers un empilement, un tas, un bric-à-brac de tissus dépareillés. Je décide de le photographier sans conviction, perspective d’une photo banale, sans intérêt, à mettre ordinairement au rebut photographique, pourtant je cadre vite et j’appuie sur le bouton. Rien d’arrangé, agencement dicté par le Continuer la lecture#photofictions #03 | un bazar domestique