A propos de Huguette Albernhe

Plusieurs années dans l'enseignement et la recherche. Passion pour l'histoire de l'écriture, la littérature . Ai rejoint l'atelier de FB en juin 2018, je reste sur la barque même si je disparais de temps en temps

#arts de la fiction #06 | ville en soi

J’entre de nuit dans la ville, je recherche d’abord les rues les plus éclairées, celles où les vitrines veillent encore, je m’acclimate, puis j’avance parfois en fermant les yeux l’espace d’une seconde, le temps que le trottoir se charge de me conduire,  je m’habitue à la nuit, j’entre alors dans ma ville, retrouve ses troubles, ses singularités douces ou poisseuses, Continuer la lecture#arts de la fiction #06 | ville en soi→

#arts de la fiction #5 | devant le seuil

Chennai 12 janvier 2012. Autour de la gare centrale, des bruits sans fin, trains, voix, klaxons, des corps pressés les uns contre les autres. À quelques pas de ce tumulte je suis accueillie dans le slum de Sathyavani Muthu Nagar, un quartier situé le long du fleuve Cooum. Il est normalement interdit à un étranger d’y pénétrer. Une autorisation spéciale, Continuer la lecture#arts de la fiction #5 | devant le seuil→

arts de la fiction #04 | retour au crépuscule

— qu’il était un disparu depuis vingt ans, qu’il avait choisi de revenir sur ses pas, qu’il s’approchait de son ancienne maison, qu’il n’avait averti personne de son retour, qu’on ne savait où il avait passé toutes ces années, qu’il n’avait pas cru bon de laisser une lettre d’adieu, qu’il essuyait des gouttes de sueur coulant de son front, qu’il Continuer la lecturearts de la fiction #04 | retour au crépuscule→

#arts de la fiction #03 | la Vieille-Ville et le musicien

PERSONNAGES La foule, touristes, habitants. Les marchands de pâtes, épices, morue, tapenade, socca. Immobiles au milieu du mouvement. Le musicien, grand, la cinquantaine, yeux d’un bleu intense. Violoniste. Habite au dernier étage d’un immeuble de la Vieille Ville. La voix, voix off, grave, presque murmurée. C’est la Vieille-Ville qui parle. SÉQUENCE 1 L’embouchure En extérieur de jour. La Vieille-Ville. Début Continuer la lecture#arts de la fiction #03 | la Vieille-Ville et le musicien→

arts de la fiction #02 | deux mondes

Trente années les séparent, et pourtant, Canfranc et Chennai Central, deux gares fréquentées quasiment aux deux extrémités de ta vie se dressent dans le même espace de ta mémoire. Canfranc, d’abord. Sortir à peine de l’adolescence, partir seule pour la première fois. Rejoindre Jaca après avoir quitté Pau avec une correspondance en gare internationale de Canfranc, à 1200 m d’altitude Continuer la lecturearts de la fiction #02 | deux mondes→

#arts de la fiction #01 | le rocher

Je suis ancrée sur un rocher à 1600m d’altitude, un bloc près d’un mélèze, gisant sur l’herbe, j’ai posé lentement mon corps lourd, j’ai incorporé la dureté de la pierre froide, emplie d’aspérités, d’angles tranchants ou émoussés, je médite sur ce rocher de tous les temps, de toutes les lumières et odeurs ……………………………………………………………………….. Pas de fuite du temps, un temps Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | le rocher→

#histoire #12 | orientations

Aller dans un hôtel est presque toujours l’amorce d’une aventure. Si elle ne l’est pas, la trace s’en efface aussitôt. Celui que je revisite mentalement se dresse à un croisement de chemins impossible à situer avec précision sur une carte, une sorte de lieu flottant, à la fois défini et pourtant introuvable. Il semble réel, mon esprit l’a assemblé à Continuer la lecture#histoire #12 | orientations→

#histoire #11 | un troisième œil-une troisième main

Il porte un sac à dos, ses deux mains sont libres. Libres de s’exprimer, libres de se taire, de s’effacer voire de se dédoubler du moins pour l’une d’entre elles. Ce qui frappe d’abord, c’est leur dissemblance. Une main gauche forte, musclée, avec des phalanges proéminentes– il est gaucher il est vrai– et une main droite plus fine et molle. Continuer la lecture#histoire #11 | un troisième œil-une troisième main→

#histoire #10 | oui et non

Voilà comme il est : tremblant parfois, lorsqu’une émotion trop vive l’étreint, marmonnant des mots compris de lui seul, hésitant sur ce qu’il doit dire ou taire, regardant le ciel pour trouver des réponses. Non, voilà comme il est : se remémorant les vingt années depuis son départ, vingt ans de routes incertaines, revivant la sauvagerie de certains de ses actes, s’interrogeant Continuer la lecture#histoire #10 | oui et non→

#histoire #09 | la valise rouge

Quand on descend de l’avion à Roissy-Charles-de-Gaulle, après un long voyage d’environ quinze heures depuis Chennai, le gris saute aux yeux après qu’en terre indienne les couleurs intenses prenaient au corps tout entier. Un gris semblant venir de partout à la fois. Des armées de vêtements gris, noirs, des visages blafards, des gestes mesurés tout alentour. On gagne sans hâte Continuer la lecture#histoire #09 | la valise rouge→