A propos de Françoise Renaud

Parcours entre géologie et littérature, entre Bretagne, Languedoc, et Limousin. Certains mots l'attirent : peau, pays, rébellion, atlantique (parce qu’il faut bien choisir). Romans récits nouvelles poésie publiés depuis 1997. Vit au flanc ouest du Massif Central. Et voilà. Son site, ses publications, photographies, journal : francoiserenaud.com. Sa chaîne YouTube : TerrainFragile.

#arts de la fiction #6 | les amis que tu avais dans ta ville

Tu entres de nuit dans ta ville au fond de toi tu dis encore ta ville, pourtant c’est une géographie que tu ne fréquentes plus, d’un voyage à l’autre tu ne la reconnais plus, tout change, les repères s’effacent, cité nouvelle agonisante avec impasses en terre battue dans les quartiers éloignés des places prestigieuses, zones vacantes, sols défoncés plusieurs fois Continuer la lecture#arts de la fiction #6 | les amis que tu avais dans ta ville→

#arts de la fiction #5 | il doit y avoir beaucoup de neige par ici en hiver

C’ÉTAIT HIER TANTÔT dans une campagne éloignée de la baie des fumées, à l’écart de la grande ville de l’île. J’avais donné rendez-vous à Björn dans une station-service. Je ne voulais pas voyager seule et Björn est un type sympathique, toujours prévoyant. Il avait dit qu’il achèterait des hot-dogs. Au dernier moment il s’est désisté et j’ai décidé malgré tout Continuer la lecture#arts de la fiction #5 | il doit y avoir beaucoup de neige par ici en hiver→

#arts de la fiction #4 | serre-moi fort, Kaito

— qu’elle n’était personne en particulier quand le temps s’est arrêté, qu’elle avait des cheveux longs et lisses comme toutes les filles de la côte nord-est, son visage était inconnu, c’était il y a 16 ans, les minutes qui avaient suivi la catastrophe étaient devenues irréelles, mais quelle idée avait eu les parents de quitter la montagne des aïeux pour aller Continuer la lecture#arts de la fiction #4 | serre-moi fort, Kaito→

#arts de la fiction #03 | séquence à trois personnages dans la neige

Et si c’était un film, ça commencerait par un travelling, 00.00 un long travelling depuis le ciel, de droite à gauche,un travelling qui en dirait long sur la peur et sur la neige on voit le paysage d’en-haut comme depuis le cockpit d’un avion, forêts de conifères à l’infini | la neige est tombée en grande quantité au cours des Continuer la lecture#arts de la fiction #03 | séquence à trois personnages dans la neige→

#arts de la fiction #02 | vers Manali

« C’est le tissu d’une page qui m’intéresse plutôt qu’une histoire » Julien Gracq entretien avec Philippe Colas, 9 juin 1970 2019, en gare de Montpellier, couloir froid et venteux, direction Toulousebeaucoup de retard annoncé, atmosphère lugubre, je serre mon manteau contre moiannées 1970, en gare des Moutiers-en-Retz, ligne 10 entre Sainte-Pazanne et Pornic c’est en période estivale, un troupeau pâture entre Continuer la lecture#arts de la fiction #02 | vers Manali→

#arts de la fiction #01 | comme la vie me vient

sont des temps sans promesses ni certitudes,sont des temps où ça pulse fort autour de soi — par exemple à regarder les étoiles, ou quand le père meurt, son corps inerte sur lit de glace pour les heures qu’il lui reste avant de s’en retourner vers la terre, avant de devenir poudre dans la terre, sont des temps où ça Continuer la lecture#arts de la fiction #01 | comme la vie me vient→

#livre #08 | l’eau bleutée de la clepsydre

suite de la #7 – SE PERDRE […] et puis c’est venu dans le rêve une fois la porte poussée sur un jardin ténébreux, du moins c’est l’impression qu’il m’a laissée. J’ignore ce qui nourrissait mon rêve en cet instant-là. Le ciel était brûlant, sans nuages. Séjourner au jardin d’ombre procurait un plaisir incommensurable. Sur la table là, sous un Continuer la lecture#livre #08 | l’eau bleutée de la clepsydre→

#le livre comme fiction #7 | se perdre

J’avais dû l’oublier quelque part ou alors il s’était perdu de lui-même, peut-être s’était-il retrouvé sous une pluie battante sur une table de jardin ou dans un caniveau, ou alors avait-il glissé hors du sac sur une banquette d’autobus, j’avais beau répertorier tous les lieux que j’avais fréquentés, je ne parvenais pas à comprendre où il avait bien pu filer Continuer la lecture#le livre comme fiction #7 | se perdre→

#le livre comme fiction #06 | des souris dans les poches

Tu es née à l’écriture. Un jour c’est arrivé. Tu es née à l’écriture qu’ils disent, qu’ils croient. Rien ne l’annonçait pourtant. Des livres autour, presque pas. À peine quelques-uns comme tu l’as déjà écrit quelque part. Rien de consistant. Rien qui ne modifiait en toi les marges du côté des mots. Tu aimais les images, les petits cartons à Continuer la lecture#le livre comme fiction #06 | des souris dans les poches→

#le livre comme fiction #05 | une nouvelle chance

C’est une question de délaissement, d’éloignement, d’abandon. Ce livre écrit par quelqu’un, que beaucoup ont lu, qui a pu être offert, sans honte laissé là, glissé oublié dans la boîte à livres. Sans doute qu’on ne voulait plus le voir, qu’on en avait assez de lui pour le faire disparaître dans l’un des empilements branlants. On a tout de même Continuer la lecture#le livre comme fiction #05 | une nouvelle chance→